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	<title>Texte à l&rsquo;appui | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<description>Religions Débats Hsitoire</description>
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	<title>Texte à l&rsquo;appui | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<item>
		<title>L&#8217;Empire ottoman : conquêtes et traités</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Bouquet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jan 2025 09:56:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam et altérité]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[conquête]]></category>
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		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
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		<category><![CDATA[traité de paix]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ci-apr&#xE8;s quelques extraits, r&#xE9;f&#xE9;renc&#xE9;s et s&#xE9;lectionn&#xE9;s par l&#x2019;auteur afin de mettre en exergue les diff&#xE9;rents aspects de l&#x2019;Empire ottoman, durant les diverses p&#xE9;riodes de son r&#xE8;gne et de son expansion. Ils refl&#xE8;tent aussi bien l&#x2019;aspect conqu&#xE9;rant de l&#x2019;Empire, &#xE0; travers les moments cruciaux de ses conqu&#xEA;tes de l&#x2019;Occident, et soulignent sa politique de gestion et [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ci-après quelques extraits, référencés et sélectionnés par l’auteur afin de mettre en exergue les différents aspects de l’Empire ottoman, durant les diverses périodes de son règne et de son expansion. Ils reflètent aussi bien l’aspect conquérant de l’Empire, à travers les moments cruciaux de ses conquêtes de l’Occident, et soulignent sa politique de gestion et de diplomatie.</p>
<p><em>Secrétaire du divan de l’ancien grand vizir Mahmud Pacha, Tursun Bey a été témoin de la plupart des événements du règne de Mehmed II qu’il expose dans un ouvrage rédigé v. 1488. Voici un extrait de la description qu’il donne du début du siège de la ville.</em></p>
<p>Tursun Bey, <em>Tarih-i Ebu-l-feth</em>, dans Vincent Déroche et Nicolas Vatin<em>, Constantinople 1453. Des Byzantins aux Ottomans</em>. Textes et documents, réunis, traduits et présentés sous la direction de, Toulouse, éd. Anacharsis, 2016, p. 209 :</p>
<p>« [&#8230;] le <em>padi</em><em>şah</em> victorieux enfourcha le cheval de la victoire. [&#8230;]. Il s’approcha de la forteresse, fit jouer les tambours qui ornent la victoire et ordonna : « Par la grâce de Dieu (qu’Il soit exalté), pillage ! » Dieu est le plus grand ! Ils poussèrent en avant les ambassadeurs du terme fatal et messagers du trépas, autrement dit les canons qu’ils avaient préparés auparavant. Avant que les mécréants étourdis se fussent remis du choc des boulets, le signal du combat fut donné de tous les côtés et les <em>gazi</em> montèrent à l’assaut par escouades aux cris de « Allah, Allah ! », pareils à des lions rugissants. Une pluie de flèches commença à tomber du nuage des arcs. »</p>
<p><em>Alphonse V d’Aragon et de Naples entendait disputer à Gênes et Venise leur suprématie sur la scène orientale. Dans la lettre suivante où il annonce la nouvelle du désastre oriental, il accable les Occidentaux. Il porte une lourde part de responsabilité dans l’entreprise de propagande qui se déchaîne contre Gênes à partir de l’été 1453.</em></p>
<div id="attachment_84591" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-84591" class="size-medium wp-image-84591" src="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2025/01/Empire-ottoman-en-1593-300x261.jpg" alt="Empire ottoman en 1002/1593" width="300" height="261" /><p id="caption-attachment-84591" class="wp-caption-text">Empire ottoman (en 1002/1593)</p></div>
<p>Alphonse V d’Aragon, lettre au pape Nicolas V, 6 juillet 1453, cité in V. Déroche et N. Vatin<em>, Constantinople 1453, Des Byzantins aux Ottomans</em>, op.cit., p. 577-578 :</p>
<p>« Très saint père, etc. Ces tout derniers jours, il nous a été rapporté que les Turcs ont pris d’assaut la ville de Constantinople. [&#8230;] S’il en est comme il est rapporté par la rumeur, à moins assurément que le Dieu suprême ne se préoccupe promptement des affaires de ses fidèles, il n’est point douteux que toute la partie orientale sera soumise sous peu à la très cruelle tyrannie du Grand Turc, dévastée par lui de fond en comble et jetée dans la destruction ultime, ce qu’à Dieu ne plaise ! »</p>
<p>G. Veinstein, « Les fondements juridiques de la diplomatie ottomane », <em>Orient Moderne</em>, 88 (2008), p. 516 :</p>
<p>« La durée de validité des traités avec les Habsbourg, adversaires principaux des Ottomans jusqu&rsquo;au XVIIIe siècle, reflète la situation propre de l&rsquo;Empire ottoman et révolution des rapports de force. On relève dix traites au cours du XVIe siècle. Le premier rut conclu en 1547 pour cinq ans. Les autres seront conclus pour huit ans, mais n&rsquo;iront généralement pas à leur terme. Le traite de Zsitvatorok en 1606, marque un tournant, sur ce point comme sur d&rsquo;autres, dans les rapports entre les deux États : il est conclu pour vingt ans.25 Les traites suivants auront la même durée, jusqu&rsquo;au traite de Karlowitz conclu en 1699 pour 25 ans, et celui de Passarowitz, conclu en 1718 pour 24 ans. Le traite de Belgrade, en1739, aura encore une durée de validité limitée, bien que portée à 27 ans. En revanche, entre temps, en 1747, un nouveau traité ottomano-habsbourgeois verra le jour, qui, pour la première fois, sera conçu comme un traité perpétuel. Le dernier lien avec le principe islamique du <em>ṣul</em><em>ḥ</em> est alors rompu, sous l&rsquo;effet de l&rsquo;occidentalisation forcée de la diplomatie ottomane. »</p>
<p>O. Bouquet,<em> Vie et mort du grand vizir. Halil Hamid Pacha (1736-1785). Biographie de l’Empire ottoman, </em>Paris<em>, </em>Les Belles lettres, 2022, p. 13-14:</p>
<p>« C’est le symbole de l’insigne fonction : « qui porte le sceau » devient grand vizir ; qui est « révoqué de son sceau » ne l’est plus. Des deux cent dix-huit grands vizirs que compte l’histoire ottomane, le seul qui l’eût jamais conservé fut le dernier de la liste, Ahmed Tevfik Pacha (m. 1936). À la suite de l’abolition du sultanat votée par la Grande Assemblée nationale de Turquie le 1er novembre 1922, la fonction de grand vizir fut supprimée. Le « maître du sceau » (<em>sahib-i mühr)</em> n’existait plus. Le « maître de l’État » (<em>sahib-i devlet</em>) non plus : Mehmed VI, le dernier des trente-six sultans ottomans, prenait le chemin de l’exil. »</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le patriarche jacobite Denys de Tell Mahrê et les potentats de Syrie du Nord au début du IXe siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 10:15:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam et altérité]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Abbassides]]></category>
		<category><![CDATA[Chrétiens d'Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Dhimma]]></category>
		<category><![CDATA[Relations interconfessionnelles]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source: Michel le Syrien, Chronique universelle (Passages de la chronique perdue de Denys), &#xE9;d. J.-B. Chabot, p. 490-1, 500 et 507, trad. J.-B. Chabot, partiellement r&#xE9;vis&#xE9;e par S. Pierre. 810&#xA0;: Des bandits locaux d&#xE9;truisent le monast&#xE8;re de Denys avec la complicit&#xE9; des moines ennemis de Denys Rab&#xEE;&#x2019;a le Nasrite, de &#xAB;&#xA0;Pont de l&#x2019;Euphrate&#xA0;&#xBB;, leva l&#x2019;&#xE9;tendard [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source: Michel le Syrien, <em>Chronique universelle</em> (Passages de la chronique perdue de Denys), éd. J.-B. Chabot, p. 490-1, 500 et 507, trad. J.-B. Chabot, partiellement révisée par S. Pierre. </strong></p>
<p>810 : Des bandits locaux détruisent le monastère de Denys avec la complicité des moines ennemis de Denys</p>
<p>Rabî’a le Nasrite, de « Pont de l’Euphrate », leva l’étendard (de la révolte) et des compagnons se joignirent à lui. Il vint au monastère de Qen-Neshrîn. Comme il ne se trouva personne pour lui donner quelque chose pour sa rançon, il permit à ses compagnons de le piller et de l’incendier. […] Ensuite, les Gûbbiens de son voisinage se rassemblèrent, enlevèrent les bois et les portes et achevèrent de détruire complètement le monastère. Ce couvent fut le premier brûlé dans l’empire des Arabes.</p>
<p>816 : Le préfet de la Syrie du nord se fait lui-même bandit contre le gouvernement abbasside de Raqqa, Denys le défend</p>
<p>Alors Uthmân se rendit près de Tâhir pour le presser de faire la guerre aux rebelles ou de lui donner une armée avec laquelle il irait à leur rencontre. Mais Ṭahîr […] faisait connaître ses intentions [aux rebelles] Nasr et à Abbâs […] Uthmân écrivit (au calife) al-Mâʾmûn […] disant qu’il était devenu le complice des rebelles […]. Quand Uthmân sut que ses lettres avaient été saisies (par Tâhir), […] il rassembla lui-même des rebelles et se mit à voler et à piller. Comme Uthmân avait de l’affection pour moi et m’honorait, je le blâmai amicalement et je lui dis : « Comment toi, qui es âgé et intelligent, te mets-tu à piller et à dévaster ? ». Il me fit alors connaître toutes ces affaires !</p>
<p>820-821 : le préfet de la Syrie du nord ordonne la reconstruction du monastère de Denys</p>
<p>Or, Uthmân b. Thumâma qui avait assujetti la Syrie intérieure, Homs et la Phénicie, monta sur l’Euphrate, au couvent de Qen-Neshrîn. Il vit l’incendie du temple merveilleux qu&rsquo;il admira, bien qu’il fût en ruines. Nous allâmes le saluer et nous lui fîmes une demande pour le rebâtir. Il nous accueillit avec joie et nous donna un diplôme sigillaire (<em>sigillion</em>) pour sa reconstruction et des lettres pour les (sous-) gouverneurs (<em>shallîtê</em>), afin qu’ils nous aidassent en tout ce que nous ferions dans nos églises et nos monastères.</p>
<p>Idem : Il obtient un que le gouvernement abbasside de Raqqa discrimine l’anti-patriarcat des adversaires de Denys</p>
<p>Aussi, nous lui fîmes savoir que le monastère d’Eusébona, dans la région d&rsquo;Antioche, était la résidence du patriarche [… mais] que (ses moines) suivaient Abîram. Il écrivit à l’émir de l’Occident [du califat] d’en chasser les partisans d’Abîram et de nous le livrer. Et ainsi il fut remis entre nos mains […]. Abd Allâh b. Tâhir le punit plusieurs fois et le blâma de sa rébellion.</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p>Denys de Tell Maḥrê (r. 818-845) est le patriarche de l’Église syriaque occidentale (jacobite) ; il siège à Raqqa, à côté de la capitale occidentale du califat, fondée par Hârûn al-Rashîd (r. 786-809) à l’époque de son prédécesseur. Il est l’auteur d’une chronique universelle perdue, mais dont certains éléments ont été copiés par deux historiens des XIIe-XIIIe siècles. La quatrième guerre civile entre les deux fils de Hârûn (al-Amîn, r. 809-813 et al-Ma’mūn, r. 813-833) bouleverse ses premières années de mandat. En effet, le gouverneur théorique de cet « Occiden » (Syrie-Egypte-Maghreb), Tâhir, ne contrôle guère que Raqqa (r. 814-819). Des potentats locaux, issus de factions tribales arabes rebelles et de familles de notables plus ou moins officialisées se partagent la Haute-Mésopotamie et la Syrie du nord en une dizaine de petites principautés rivales. Uthmân b. Thumâma est l’un d’eux : il est l’héritier d’une puissante famille (les Banû al-Qa’qâ’) apparentée par mariage aux califes omeyyades et son père était un général de premier plan avant la guerre civile. Or, profitant de cette anarchie survenue après 809, un certain nombre d’évêques de Syrie du Nord, organisés autour du puissant monastère de Gûbbâ Barrâyâ dans la steppe de Manbij, ont créé leur propre patriarcat dirigé par Abîram. Denys ne peut guère compter sur l’appui de Tâhir, qui a pourtant favorisé son élection, pour les combattre, car le gouverneur de Raqqa ne contrôle pas la Syrie du nord. Or, il a des contacts cordiaux avec Uthmân ibn Thumâma, sans doute tissés lorsqu’il était un moine de l’abbaye de Qen-neshrîn, le « nid d’aigle », sur l’Euphrate. C’est la raison pour laquelle il tente de justifier le fait que le notable local se soit fait rebelle à son tour. Denys est lui-même une victime de la guerre civile, ayant notamment dû fuir ce monastère lorsqu’un groupe de rebelles, venus de Jisr Manbij, non-loin de là, l’a pillé et détruit en 810. Il dénonce le fait que les partisans de l’anti-patriarcat s’en sont fait les complices, consciemment ou non. Finalement, lorsqu’Uthmân parvient à étendre sa domination à une bonne partie de la Syrie du Nord vers 819-821, il octroie à son ami le patriarche un diplôme scellé, nommé en arabe et en syriaque d’un terme latin : le sigillium, qui l’autorise à reconstruire son monastère. Finalement, Denys se félicite qu’Abd Allâh, le fils et héritier de Tâhir (r. 819-829) au gouvernement de l’Occident, a rétabli de bonnes relations avec Uthmân (un peu contraintes par le rapport de force). Grâce à cet équilibre astucieux entre tous ses appuis politiques, il peut profiter de la restauration abbasside pour mettre en difficulté<span style="text-decoration: line-through;">s</span> l’anti-patriarcat qui avait prospéré dans les zones rebelles au nord d’Alep, sous la protection des seigneurs de la guerre.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le christianisme syriaque et les musulmans, le témoignage d’un moine nestorien du VIIe siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 10:01:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam et altérité]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Chrétiens d'Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Dhimma]]></category>
		<category><![CDATA[Omeyyades]]></category>
		<category><![CDATA[Syriaques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le christianisme syriaque et les musulmans sous le califat de Mu&#x2019;&#xE2;wiya (r. 661-680) : t&#xE9;moignage d&#x2019;un moine nestorien contemporain. Source : Jean Bar Penk&#xE2;y&#xEA;, Livre du principe des discours &#xE9;d. A. Mingana, p. 146-147, trad. A. Mingana, r&#xE9;vis&#xE9;e par S. Pierre. Un homme d&#x2019;entre [les Arabes syriens] nomm&#xE9; Mu&#x2BF;&#xE2;wiya r&#xE9;gna et soumit les deux Royaumes [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3>Le christianisme syriaque et les musulmans sous le califat de Mu&rsquo;âwiya (r. 661-680) : témoignage d’un moine nestorien contemporain.</h3>
<p><strong>Source : Jean Bar Penkâyê, <em>Livre d</em></strong><strong><em>u principe des discours</em></strong> <strong>éd. A. Mingana, p. 146-147, trad. A. Mingana, révisée par S. Pierre.</strong></p>
<p>Un homme d’entre [les Arabes syriens] nommé Muʿâwiya régna et soumit les deux Royaumes des Perses et des Romains. De son temps fut affermie la justice et il y eut une grande paix dans les pays de son empire : il laissa chacun se comporter comme il le voulait.</p>
<p>Ils étaient sujets […], de la part de celui qui fut leur guide, à un commandement en faveur du peuple des chrétiens et de l’ordre (<em>tagma</em>) des moines. Ils étaient aussi sujets à l’adoration d’un seul Dieu, selon les coutumes de l’ancienne loi [ = de l’Ancien Testament]. Aussi, au commencement, ils furent soumis à la tradition de Muhammad qui fut leur instructeur, de telle sorte qu’ils infligeaient la peine de mort à quiconque apparaissait désobéir à ses lois (<em>nomos</em>).</p>
<p>Leurs troupes allaient chaque année dans les pays éloignés et dans les îles, ils capturaient et convoyaient [des gens] de tous les peuples qui sont sous le ciel.</p>
<p>De chacun, ils n’exigeaient que l’impôt et lui offraient d’embrasser la croyance de son choix : il y avait alors aussi chez eux des chrétiens et pas qu’un peu, parmi eux [certains étaient] avec les hérétiques (les miaphysites), et [d’autres étaient] avec nous (les nestoriens).</p>
<p>Tandis que Muʿāwiya régnait, il y avait une paix dans le monde dont on n’avait jusque-là jamais entendu parler par nos pères et par les pères de nos pères. […] Les hérétiques maudits [les miaphysites] qui ont reçu cette assistance pour le temps présent, […] changèrent au profit de leur impiété toutes les églises des Romains en faisant revivre et rebâtir ce qui avait déjà été aboli”.</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p>Jean Bar Penkâyê est un moine syriaque oriental, c’est-à-dire qu’il est irakien et de la confession dyophysite (nestorienne), majoritaire dans l’ancien Empire sassanide. Son livre 15 retrace la période des débuts de l’islam et finit en l’an 687, ce qui permet de dater le moment d’écriture. Il évoque dans ce passage la longue période de paix, de justice et de tolérance du gouvernement du calife Muʿâwiya (r. 661-680). Cependant, il déplore en même temps ses conséquences sur les chrétiens : le relâchement des siens et la libre concurrence qui favorisent les Églises rivales. Bar Penkâyê fournit du même coup parmi les plus anciens renseignements sur le monothéisme abrahamique pratiqué par les Arabo-musulmans, et sur l’autorité fondatrice de Muḥammad, qu’il ne désigne jamais comme un « Prophète ». Il lui associe une « tradition » légale dont le verbe (<em>ashlem</em>) correspond exactement à celui qui se décline en arabe en « Islam » et en « musulman » (<em>aslama</em>). Pour autant, il tient à témoigner que certains Arabes sont encore chrétiens (jacobites ou nestoriens) 50 ans après la conquête. Il fait enfin allusion à l’impôt payé par les non-musulmans et au modèle économique des razzias en dehors des frontières du califat.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les fêtes chrétiennes à Jérusalem et au Caire selon l’historien melkite Yahyâ ibn Sa‘îd d’Antioche (XIe siècle)</title>
		<link>https://comprendrelislam.fr/islam-et-alterite/les-fetes-chretiennes-a-jerusalem-et-au-caire-selon-lhistorien-melkite-yahya-ibn-said-dantioche-xie-siecle/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=les-fetes-chretiennes-a-jerusalem-et-au-caire-selon-lhistorien-melkite-yahya-ibn-said-dantioche-xie-siecle</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Boudier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Oct 2021 08:40:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam et altérité]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[chrétiens]]></category>
		<category><![CDATA[Dhimma]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Fatimides]]></category>
		<category><![CDATA[Fêtes religieuses]]></category>
		<category><![CDATA[Jérusalem]]></category>
		<category><![CDATA[Le Caire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source : Yahy&#xE2; ibn Sa&#x2018;&#xEE;d al-Ant&#xE2;k&#xEE;, Histoire, &#xE9;d. arabe et trad. I. Kratchkovsky et A. Vasiliev, Histoire de Yahy&#xE2; Ibn Sa&#x2018;&#xEE;d d&#x2019;Antioche, Patrologia Orientalis t. 23 fasc. III, 1932 (n&#xB0;114), p. 487-488. &#xC0; J&#xE9;rusalem, c&#x2019;&#xE9;tait la coutume des chr&#xE9;tiens, coutume observ&#xE9;e tous les ans, le dimanche des Rameaux, de porter un grand olivier de l&#x2019;&#xE9;glise [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Source : Yahyâ ibn Sa‘îd al-Antâkî, <em>Histoire</em>, éd. arabe et trad. I. Kratchkovsky et A. Vasiliev, <em>Histoire de Yahyâ Ibn Sa‘îd d’Antioche</em>, <em>Patrologia Orientalis</em> t. 23 fasc. III, 1932 (n°114), p. 487-488.</p>
<p>À Jérusalem, c’était la coutume des chrétiens, coutume observée tous les ans, le dimanche des Rameaux, de porter un grand olivier de l’église appelée de Lazare jusqu’à celle de la Résurrection ; entre ces églises séparées par une grande distance, l’arbre était porté à travers les rues de la ville au milieu des lectures et des prières. La croix était portée publiquement. Le gouverneur (<em>wâlî</em>) de la ville montait à cheval avec toute sa suite accompagnant les chrétiens et faisant écarter la foule.</p>
<p>À Misr (Fustât) ainsi que dans le reste du pays existait également l’usage en cette fête d’orner les églises avec des rameaux d’olivier et des touffes de feuilles de palmier, et puis d’en distribuer en ce même jour au peuple, en vue de la bénédiction.</p>
<p>Cette année [398/1008] al-Hâkim défendit aux habitants de Jérusalem d’observer cet usage et interdit de le suivre dans aucune des provinces de son empire, il défendit de porter des rameaux de feuilles d’olivier ou des rameaux de palmier dans n’importe quelle église, rien de pareil ne devait se trouver entre les mains d’un musulman ou d’un chrétien ni des autres personnes ; la prohibition était extrêmement rigoureuse. (…)</p>
<p>Au Caire c’était l’habitude des chrétiens la nuit de la fête du Baptême qu’au début de la nuit le chef de police de la partie inférieure de la ville, suivi d’un grand cortège et monté à cheval, suivît un palanquin devant lequel on portait des cierges allumés, dont on se sert en procession, ainsi qu’un grand nombre de torches ; il parcourait les rues, en proclamant parmi le peuple que cette nuit-là les musulmans ne se mêlassent pas aux chrétiens pour ne pas déranger leur fête. En effet les chrétiens, à l’aube après cette nuit, se rendaient au bord du Nil, et beaucoup d’entre eux s’y baignaient.</p>
<p>C’était en particulier l’usage des melkites en cette nuit de sortir de l’église cathédrale, qui se trouvait à Qasr al-Shâm‘, connue sous le nom de l’église de Michel, en grande troupe, en exécutant des chants agréables et mélodieux, en portant ostensiblement des croix et un grand nombre de cierges allumés, pour se rendre en procession sur le bord du Nil, avec prières, en priant à haute voix pendant tout le trajet. L’évêque, leur chef, prononçait un sermon en arabe, faisant des vœux pour le sultan et ses proches selon son désir ; puis ils s’en retournaient dans le même ordre à leur église pour y achever leurs prières.</p>
<p>Al-Hâkim lui-même avait durant de nombreuses années assisté à cette fête. Tous les habitants de Misr, ainsi que tous les représentants de différentes communions religieuses à Misr goûtaient en cette fête tant de plaisir et de joie, qu’ils n’en éprouvaient en d’autres jours de l’année et en d’autres fêtes. Mais en l’an 400/1010, al-Hâkim défendit toutes ces pratiques à tous ; il ne permit à personne, quel qu’il fût, sans exception, de faire rien dans ce genre pendant cette nuit et ce jour. Il ordonna de s’abstenir de cette fête, ni d’en parler, que son jour fût comme tous les autres, qu’on ne s’y préparât plus et qu’on n’en fît plus mention.</p>
<p><strong>Commentaire</strong></p>
<p>Yahyâ ibn Sa‘îd est un chroniqueur melkite écrivant en arabe, exemple de l’arabisation littéraire de cette communauté chrétienne au Moyen Âge. Natif d’Égypte, il se réfugie à Antioche (alors sous domination byzantine) vers 1014 : il fait partie des exilés chrétiens qui fuient les mesures religieuses radicales – quoiqu’éphémères – du calife fatimide du Caire al-Hâkim, dont l’extrait évoque un aspect : l’interdiction de la célébration de deux fêtes chrétiennes dans l’empire fatimide en 1008-1010. Cette mesure est l’occasion pour le chroniqueur melkite de décrire les usages jusqu’alors associés à ces fêtes.</p>
<p>L’interdiction porte en premier lieu sur la célébration publique de la fête des Rameaux ou des Palmes (qui commémore l’accueil triomphal du Christ par les foules de Jérusalem munies de palmes et de branchages, quelques jours avant sa Passion). Cette fête prend un éclat particulier à Jérusalem : une procession part de l’église de Lazare (située hors de la ville, à l’est) et se dirige vers l’église de la Résurrection ou Saint-Sépulcre, principal lieu saint chrétien de Jérusalem construit autour des vestiges associés par la tradition à la Passion (Calvaire) et à la Résurrection (tombeau vide). La présence du gouverneur atteste la participation et le contrôle du représentant local du pouvoir musulman – en l’occurrence fatimide, puisque la Palestine fait partie du territoire gouverné depuis Le Caire par cette dynastie. Les Rameaux sont également célébrés dans la métropole égyptienne de Fustât (actuel Vieux-Caire), située juste au sud de la capitale califale al-Qâhira, mais c’est surtout la fête du Baptême de Jésus (dans le Jourdain, auquel le Nil sert ici de substitut) qui est décrite par le chroniqueur comme une occasion privilégiée de reconnaissance mutuelle entre le pouvoir califal et les autorités ecclésiastiques de la capitale, ainsi que comme une occasion de réjouissances populaires y compris pour les musulmans. Ce texte témoigne, avec d’autres, du fait que les prescriptions des juristes interdisant les croix et les manifestations publiques du christianisme n’étaient pas nécessairement reprises ni exécutées par les gouvernants.</p>
<p>L’interdiction de ces festivités chrétiennes s’inscrit dans une série de mesures restrictives exceptionnelles prises par al-Hâkim envers les chrétiens (ainsi qu’à l’encontre des juifs et des musulmans sunnites), qui s’accumulent à l’approche de l’an 400 de l’Hégire (1010) et culminent avec l’ordre de détruire le Saint-Sépulcre en 1009 – épisode dont l’écho parvint jusqu’en Occident.</p>
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		<title>La croisade du point de vue arabe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gabriel Martinez-Gros]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jun 2021 13:37:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam et altérité]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Croisades]]></category>
		<category><![CDATA[Djihad]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ibn al-Ath&#xEE;r, al-K&#xE2;mil f&#xEE;-l-t&#xE2;r&#xEE;kh,&#xA0;trad. F. Gabrieli, Chroniques arabes des Croisades, Paris, Sindbad, 1977, p. 26-27. Les choses commenc&#xE8;rent ainsi. Leur roi Baudouin, parent du Franc Roger qui avait conquis la Sicile, r&#xE9;unit un grand nombre de Francs et fit dire &#xE0; Roger : &#x2018;J&#x2019;ai rassembl&#xE9; une forte arm&#xE9;e, et je vais venir chez toi pour [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ibn al-Athîr, <em>al-Kâmil fî-l-târîkh,</em> trad. F. Gabrieli, <em>Chroniques arabes des Croisades,</em> Paris, Sindbad, 1977, p. 26-27.</strong></p>
<p>Les choses commencèrent ainsi. Leur roi Baudouin, parent du Franc Roger qui avait conquis la Sicile, réunit un grand nombre de Francs et fit dire à Roger : ‘J’ai rassemblé une forte armée, et je vais venir chez toi pour aller, en partant de tes bases, conquérir la côte d’Afrique et devenir ainsi ton voisin’. Roger rassembla ses compagnons et les consulta sur cette proposition. ‘Par l’Evangile, dirent-ils, voilà une bonne chose, et pour eux et pour nous ; ainsi ces pays deviendront chrétiens’. Là-dessus Roger leva la jambe, fit un gros pet, et leur dit : ‘Par ma foi, ceci vaut mieux que votre discours’. ‘Et pourquoi ?’. ‘Parce que s’ils viennent ici, ils auront besoin d’un grand arroi et de navires pour les transporter en Afrique, et même de troupes de renfort. De plus, s’ils viennent à conquérir le pays, il sera pour eux, mais ils prendront leur ravitaillement en Sicile et moi j’y perdrai l’argent que me rapporte chaque année la récolte. Si au contraire ils échouent, ils reviendront dans ce pays-ci et me feront bien des embarras’ (…) Il appela donc l’envoyé de Baudouin et lui dit : ‘Si vous avez décidé de faire la guerre aux musulmans, le mieux serait de conquérir Jérusalem. Vous la libéreriez de leurs mains et vous en auriez la gloire. Mais pour l’Afrique, je suis lié à ces gens par des serments et des traités’. Et ainsi les Francs se préparèrent à marcher contre la Syrie.</p>
<p>Selon une autre opinion, lorsque les Fatimides d’Egypte virent que l’empire des Seldjoukides s’était implanté en Syrie et s’en était rendu maître jusqu’à Gaza, si bien qu’aucune province ne s’interposait plus entre eux et l’Egypte (…), pris de peur, ils demandèrent aux Francs de marcher sur la Syrie et d’établir ainsi un tampon entre eux et les musulmans,</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La fiscalité des dhimmis selon Abû Yûsuf</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cyrille Aillet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jun 2021 15:16:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam et altérité]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Abbassides]]></category>
		<category><![CDATA[Dhimma]]></category>
		<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[Jizya]]></category>
		<category><![CDATA[Kharâj]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Livre de l'imp&#xF4;t t&#xE9;moigne tout d'abord de la diversit&#xE9; religieuse de l'Iraq</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La fiscalité des dhimmis selon le cadi Abû Yûsuf (mort en 798)</strong></p>
<p>Source : Abû Yûsuf, <em>Kitâb al-kharâj</em>, trad. E. Fagnan, <em>Le livre de l’impôt foncier</em>, Paris, 1921, p. 104, 166-7 et 187-191.</p>
<p>Tout lieu d’habitation des non Arabes qui est conquis par l’imâm et laissé par lui entre les mains des vaincus, est terre de <em>kharâj</em>, et il est terre de dîme s’il est réparti par lui entre les vainqueurs. Ne sait-on pas que les terres des non Arabes conquises par Umar Ibn al-Khattâb et laissées par lui entre les mains des vaincus sont terres de <em>kharâj</em> ? Tout sol non arabe où les habitants ont conclu des traités et sont devenus tributaires (<em>dhimmî</em>), est terre de <em>kharâj</em>.</p>
<p>[&#8230;] L’impôt de capitation (<em>jizya</em>) frappe tous les tributaires habitant le Sawâd aussi bien que ceux de Hîra et d’ailleurs, qu’ils soient juifs, chrétiens, mages, sabéens ou samaritains. Font seuls exception les chrétiens des Banû Taghlib et les habitants de Najrân. Elle n’est due que par les hommes, à l’exception des femmes et des enfants, à raison de 48 dirhams pour le riche, de 24 pour celui de condition moyenne et de 12 pour le nécessiteux, le laboureur ou celui qui exerce un travail manuel. Elle est perçue annuellement et peut être versée en nature, par exemple en bêtes de somme ou en effets, qui sont acceptés pour leur valeur, mais qui ne peuvent être ni bêtes mortes, ni porcs, ni vin.</p>
<p>[&#8230;] On ne l’exige pas de l’indigent qui reçoit des aumônes, ni de l’aveugle sans métier ni profession, ni du malade chronique qui reçoit des aumônes [&#8230;]. Il n’en est pas de même pour les moines qui vivent dans les couvents et sont dans l’aisance [&#8230;] et pour les moines cénobitiques aisés. S’ils ont passé leur avoir à un délégué chargé d’entretenir les couvents et les moines et autres résidents qui s’y trouvent, elle est exigée d’eux. C’est alors le supérieur du couvent qui en est responsable. Mais si le supérieur qui a la charge de cette administration jure au nom d’Allâh et dans les formes requises par sa propre religion qu’il ne détient rien de ces biens, on le laisse tranquille et l’on ne fait rien payer à ses subordonnés.</p>
<p>[&#8230;] Pour procéder au recouvrement de la capitation, il ne faut ni frapper les redevables ni les exposer au soleil ni recourir à des procédés analogues, non plus que leur infliger des peines physiques répugnantes ; il faut user de douceur, les emprisonner pour obtenir d’eux le paiement de ce qu’ils doivent et ne pas les relâcher avant qu’ils se soient acquittés intégralement.</p>
<p>[…] Le contribuable ne peut être frappé à l’occasion de ces versements en argent ni [être condamné] à une longue station debout : il m’est revenu en effet qu’on maintient les contribuables exposés au soleil, qu’on les frappe cruellement, qu’on leur suspend des jarres [pleines au cou ?] et qu’on les couvre de liens qui leur interdisent la prière. Ce sont des faits graves aux yeux d’Allâh et déshonorants pour l’islam.</p>
<p><strong>Commentaire</strong></p>
<p>Le <em>Livre de l&rsquo;impôt</em> témoigne tout d&rsquo;abord de la diversité religieuse de l&rsquo;Iraq qui, au début de l&rsquo;Empire abbasside, comprend encore, aux côtés des juifs et des chrétiens des populations zoroastriennes (les « mages », <em>majûs</em> en arabe), samaritaines (une minorité issue du judaïsme) et sabéennes (un courant judéo-chrétien). Il constitue aussi l&rsquo;une des premières tentatives de rationalisation et d&rsquo;unification de la fiscalité imposée aux populations qui avaient négocié les conditions de leur capitulation lors des conquêtes islamiques. Sous les Abbassides, le principe de distinction entre l&rsquo;impôt de capitation (<em>jizya</em>) et l&rsquo;impôt foncier (<em>kharâj</em>) s&rsquo;est imposé. La <em>jizya</em> est payée par chaque individu à l&rsquo;exception de certaines catégories de la population, dont la définition a fait l&rsquo;objet de débats entre juristes. Tandis que les convertis sont assujettis à la dîme (<em>ushr</em>), les non-musulmans paient, en nature ou en numéraire, une taxe sur la terre qui est recueillie chaque année par les agents de l&rsquo;Etat. Les communautés s&rsquo;organisent pour rassembler l&rsquo;impôt, ce qui n&rsquo;évite pas des conflits avec le pouvoir, que le cadi Abû Yûsuf entend cependant réguler et limiter. Loin d&rsquo;être homogène, cette fiscalité est encore caractérisée par une série d&rsquo;exemptions. Les dhimmis de la riche province du Sawâd, au sud de l&rsquo;Iraq, contribuent largement aux recettes de l&rsquo;Etat. En revanche, sont libres d&rsquo;impôt les Arabes chrétiens qui ont participé aux conquêtes (comme les Banû Taghlib) ou les habitants de l&rsquo;oasis de Najrân, qui se sont ralliés précocement à l&rsquo;Etat de Médine.</p>
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