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	<title>Alaouites | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<title>Alaouites | Comprendre l&#039;Islam</title>
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		<title>Histoire et religion des alaouites de Syrie.  Épisode 5</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 12:38:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La communaut&#xE9; alaouite de Syrie a &#xE9;t&#xE9; projet&#xE9;e sous les feux de l&#x2019;actualit&#xE9; &#xE0; l&#x2019;occasion des dramatiques &#xE9;v&#xE9;nements qui secouent le pays depuis 2011&#xA0;: stigmatis&#xE9;e par certains, en tant que communaut&#xE9; au pouvoir (car c&#x2019;est d&#x2019;elle que sont issus le pr&#xE9;sident de la R&#xE9;publique, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels),&#xA0;elle s&#x2019;est retrouv&#xE9;e victimis&#xE9;e par [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La <a href="https://comprendrelislam.fr/islam-pluriel/histoire-et-religion-des-alaouites-de-syrie-episode-1/">communauté alaouite de Syrie</a> a été projetée sous les feux de l&rsquo;actualité à l&rsquo;occasion des dramatiques événements qui secouent le pays depuis 2011 : stigmatisée par certains, en tant que communauté au pouvoir (car c&rsquo;est d&rsquo;elle que sont issus le président de la République, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels), elle s’est retrouvée victimisée par d’autres, parce que ses membres appartiennent à la communauté du pouvoir, dont ils seraient non pas tant les complices que les otages. La vérité doit se situer quelque part entre les deux. L&rsquo;expression trop souvent entendue ou lue dans les médias de « régime alaouite » témoigne d’un amalgame trompeur entre un groupe humain et un pouvoir qui en serait en quelque sorte l’émanation. Elle masque une réalité plus complexe, celle d’une communauté riche d’une longue histoire et qui, comme toute autre, est traversée par des clivages plus ou moins visibles et durables, par des hiérarchies mouvantes et par toutes sortes de rapports d&rsquo;influence, de clientèle ou de rivalité.</p>
<h5><strong>Les quatre groupes constitutifs des Alaouites</strong></h5>
<p>La mémoire de la migration de l’émir al-Makzoun al-Sindjari (m. 1240) est encore intacte. C’est elle qui est à l’origine de la composition actuelle de la communauté alaouite en quatre groupes (Mataouira, Kalbiyé, Haddadine et Khayatine). Les trois premiers disent descendre des familles sindjarites venues s’établir dans la région avec al-Makzoun. Cela ne signifie pas pour autant que tous les clans rattachés à ces trois groupes ont un lien de parenté avec eux. Ainsi, si les Haddadine tiennent leur nom de Mohammad al-Haddad, vraisemblablement l’arrière-petit-neveu d’al-Makzoun, les Mahaliba et les Mahariza, par exemple, qui sont rattachés aux Haddadin, étaient déjà établis dans la montagne au moment de la venue d’al-Makzoun. Les Khayatine, quant à eux, sont les descendants de familles qui se seraient installées dans la région dès le début du xi<sup>e</sup> siècle, avec à leur tête Issa al-Adib al-Banyasi et Ali al-Khayyat.</p>
<p>Cette organisation clanique est toujours vivante. Ainsi, les Assad, originaires de Qardaha, sont une famille modeste du groupe Kalbiyé, mais Mohamed Nassif, proche collaborateur des Assad décédé en 2015, appartenait au prestigieux clan Kheirbek, lui aussi Kalbiyé, garantissant aux Assad un parrainage puissant et utile. L’un des éléments moteurs de la politique clientéliste de Hafez al-Assad fut la recherche d’alliances parmi les différents clans alaouites. Son mariage avec Anissa Makhlouf, du groupe Haddadine, répondait à cette logique. Son frère, Rifaat, a marié ses trois filles à un Kheirbek, à un Makhlouf et au fils de Chafik Fayad, à l’époque commandant de la troisième division blindée et confident du président, tandis que son fils Moudar a épousé une Haydar, apparentée notamment à Ali Haydar, puissant chef des forces spéciales du temps de Hafez. Si ces alliances « endogènes » ne constituent pas une règle absolue (Bachar a épousé une sunnite de Homs), elles s’inscrivent néanmoins dans une stratégie de contrôle communautaire.</p>
<h5><strong>Une communauté divisée</strong></h5>
<p>L’indépendance de la Syrie, en 1946, ne contribua pas à sortir les alaouites de leur position marginale. Quasiment absents de la vie politique, dominée par les élites citadines sunnites et chrétiennes, ils investirent en revanche l’armée et le parti Baas. Dès 1955, 65% des sous-officiers étaient alaouites et le Comité militaire était dominé par les alaouites. Quant au Baas, son pouvoir d’attraction était grand : sa doctrine nationaliste (arabe), laïque et socialiste était à même de mobiliser les minorités.</p>
<p>Le 8 mars 1963, un coup d’État militaire porta au pouvoir un quarteron d’officiers baasistes parmi lesquels trois alaouites, Mohamed Omran, Salah Jadid, qui dirigea le pays de 1966 à 1970 avant d’être écarté par Hafez al-Assad, qui dirigea le pays jusqu’à sa mort en 2000. Son fils, Bachar, lui succéda alors, puis fut réélu en 2007, en 2014 et en 2021 sans véritable concurrence.</p>
<p>Mais les Assad n’ont pas que des amis parmi les alaouites : les familles Jadid (groupe Mataouira) et Omrane (Haddadine), en particulier, n’ont pas oublié le sort que Hafez al-Assad réserva à ses compagnons de la première heure, Salah Jadid, qu’il laissa croupir en prison jusqu’à sa mort en 1993, et Mohamed Omran, qu’il fit assassiner à Beyrouth en 1972. Aussi n’est-il pas surprenant de retrouver un Jadid, Mahmoud, comme porte-parole d’une dissidence du Baas créée en 1970 en Algérie par Ibrahim Makhous, proche de Salah Jadid qui fut son ministre des Affaires étrangères, et dont le neveu Monzer fut reconnu par la France, en 2012, comme le représentant de l’opposition syrienne à Paris. Le parti d’Ibrahim Makhous est membre de l’Assemblée nationale démocratique, qui regroupe six petites formations de gauche, dont le Parti d’action communiste, créé en 1981 et réprimé par le régime, avant de ressusciter en 2004. Jusqu’en 2012, il était dirigé par Abdelaziz al-Khayyer, lequel fut arrêté le 20 septembre 2012 à l’aéroport de Damas alors qu’il revenait d’un voyage en Chine. Ce dernier appartient à une famille de cheikhs alaouites originaire de Qardaha, comme les Assad. Huit jours plus tard, des manifestations hostiles au régime se seraient déroulées dans cette ville et auraient dégénéré en affrontements armés entre milices locales. Il ne fait guère de doute que l’arrestation d’Abdelaziz al-Khayyer a ravivé des tensions latentes et fait remonter à la surface des rancœurs plus anciennes.</p>
<p>Il existe donc une vraie culture politique chez les alaouites, qui sont nombreux à avoir adhéré, dans les années 1970 et 1980, à des organisations politiques de gauche interdites et à avoir payé leur engagement au prix fort. Non seulement membres de partis interdits, ils furent aussi considérés comme des traîtres à la cause communautaire, ostracisés, voire éliminés. Pourtant, la plupart de ces opposants, laïcs, refusent l’étiquette d’alaouites. Pour eux, l’État de droit, reposant sur une citoyenneté pleine et entière, suppose le dépassement des appartenances et logiques communautaires.</p>
<h5><strong>Une minorité dominée</strong></h5>
<p>L’intégration des alaouites dans le tissu social syrien est récente. Jusque dans les années 1960, la ville était pour eux <em>terra incognita</em> et les « petites bonnes » n’étaient pas philippines, sri-lankaises ou éthiopiennes, mais alaouites. En l’espace d’un demi-siècle, la situation a changé : la réforme agraire mise en œuvre en 1965 leur a permis d’accéder à la propriété. Ils ont aussi intégré la fonction publique. Leurs conditions de vie se sont améliorées, au prix d’une certaine forme de discrimination positive. Mais dire que les Assad père et fils ont servi les intérêts de leur communauté paraît exagéré. Ils n’ont pas tant servi les intérêts des alaouites que ceux de leur clan et de ses affidés, tandis que les fonctionnaires alaouites moyens ne sont pas mieux lotis que leurs collègues d’autres confessions : comme eux, ils touchent des salaires de misère et doivent compter sur les bakchichs ou sur un second emploi pour subvenir aux besoins des leurs.</p>
<p>La communauté alaouite a aussi souffert de la politique de « modernisation » menée par Hafez al-Assad, lequel était préoccupé de son intégration dans la société syrienne, au point de mener une politique frisant l’« assimilationnisme ». La <em>fatwa</em> prononcée en 1973 par Moussa Sadr (1928-1978), principale autorité chiite libanaise à l’époque, pour reconnaître l’islamité des alaouites allait dans ce sens. Hafez al-Assad fit aussi du cheikh Abderrahmane al-Khayyer le porte-parole de cette politique assimilationniste : celui-ci, dans une série de petits ouvrages vendus dans toutes les aires d’autoroutes de Syrie, s’efforça de gommer les différences entre alaouites et chiites duodécimains. Dans le même temps, les grandes familles de cheikhs alaouites furent marginalisées et les cheikhs éclairés des générations précédentes furent remplacés par de petits cheikhs sans envergure ni éducation dont la principale fonction était de surveiller leurs « ouailles » pour le compte des services de renseignement. Quant aux chefs de villages (<em>muqaddam</em>), ils sont devenus des employés de l’État ne songeant qu’à s’engraisser sur le dos de leurs administrés en érigeant la corruption comme seul moteur de fonctionnement. Si l’on ajoute à cela qu’à quelques rares exceptions près, toutes les familles alaouites comptent au moins un membre ayant fait carrière dans l’armée ou dans les services de sécurité, il est de fait que le maillage de la communauté est serré, et la surveillance maximale.</p>
<p>À l’allégeance aux cheikhs et aux <em>muqaddams</em> s’est substituée une allégeance à la famille « élue », les Assad. L’analogie entre la triade constituée du père (Hafez), du fils (Bachar) et du « martyr » (Bassel) et celle, traditionnelle, constituée d’Ali, Mahomet et Salman, mérite d’être soulignée. À Qardaha, dont est originaire la famille Assad, Hafez fit construire autour de la tombe de Bassel un imposant mausolée de marbre blanc qui n’est pas sans rappeler ces <em>ziyaras </em>où sont enterrés les cheikhs alaouites et qui est sans doute destiné à en tenir lieu. Il a parallèlement favorisé la construction de mosquées : Qardaha en compte cinq (outre le mausolée dédié à Bassel) pour seulement 6000 habitants. Mais les alaouites continuent de préférer la fréquentation des mausolées dédiés à leurs cheikhs, nombreux dans la montagne et qui, pour les plus importants, font l’objet de pèlerinages annuels.</p>
<h5><strong>Quelle Syrie demain ?</strong></h5>
<p>Depuis 2011, la communauté alaouite a aussi payé un lourd tribut au conflit en cours. Pour faire face aux nombreuses défections de soldats sunnites, les jeunes alaouites ont en effet été massivement mobilisés et il n’est pas un village qui n’ait à déplorer un ou plusieurs hommes tués au combat. Au sein même de la communauté alaouite, et jusque dans les premiers cercles du pouvoir, les options choisies, la répression à tout-va, l’alliance objective avec les djihadistes, le parrainage iranien, n’ont pas toujours fait l’unanimité. Et à l’heure des comptes, il n’est pas impossible que l’actuelle unité de façade ne se fissure.</p>
<p>Le pays est détruit, la moitié de sa population est réfugiée ou déplacée, l’économie est en ruines et la société est plus que jamais fracturée. Le conflit a provoqué des bouleversements démographiques considérables. Des villes et des quartiers sunnites ont été rasés et des millions de personnes ont été déplacés. Ailleurs, les habitants se sont presque partout regroupés selon leur appartenance communautaire, de sorte que la mixité, là où elle existait, tend à disparaître.</p>
<p>La victoire en trompe-l’œil du régime n’en marque pas moins l’échec de la construction nationale, laquelle n’a jamais pu dépasser les clivages confessionnels, sinon en façade et par la coercition. Ces clivages, que les événements des six dernières années ont ravivés, n’ont jamais parus aussi profonds. Après tant de violence et de massacres, alaouites et sunnites sont-ils réconciliables ? L’avenir de la Syrie passe d’abord par un changement profond des mentalités, lequel ne pourra se faire qu’au prix d’une véritable éducation citoyenne permettant de dépasser le confessionnalisme. C’est là l’affaire non pas d’une, mais de plusieurs générations.</p>
<h5><strong>Pour aller plus loin</strong></h5>
<p>Paoli, Bruno, « Et maintenant, on va où ? Les alaouites à la croisée des destins », dans Burgat, François et Paoli, Bruno (dir.), <em>Pas de printemps pour la Syrie. Acteurs et enjeux du conflit syrien (2011-2013)</em>, Paris, La Découverte, 2013, p. 124-143.</p>
<p>Paoli, Bruno, « Le particularisme alaouite et l’avenir de la Syrie », <em>Moyen-Orient</em>, n°36 (octobre-décembre 2017), p. 80-85.</p>
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		<title>Une vision orientaliste des Alaouites</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 12:26:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Source : extrait de Jean-Joseph-Fran&#xE7;ois Poujoulat, &#xAB; Visite &#xE0; Lattaqui&#xE9; &#xBB;, Revue des deux mondes, quatri&#xE8;me s&#xE9;rie, volume 2, n&#xB0;2 (1835), p. 238-242. [&#x2026;] J&#x2019;arrive maintenant &#xE0; ce qui me semble le plus curieux, le plus digne d&#x2019;attention dans le pays de Laodic&#xE9;e ; je veux parler de la peuplade qui habite les montagnes voisines [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source : extrait de Jean-Joseph-François Poujoulat, « Visite à Lattaquié », <em>Revue des deux mondes</em>, quatrième série, volume 2, n°2 (1835), p. 238-242.</strong></p>
<p>[…] J&rsquo;arrive maintenant à ce qui me semble le plus curieux, le plus digne d&rsquo;attention dans le pays de Laodicée ; je veux parler de la peuplade qui habite les montagnes voisines de cette ville, et qui est connue sous le nom d&rsquo;Ensyriens, de Nosaïris ou d&rsquo;Ansariens. Les savans ne connaissent que très imparfaitement la peuplade ansarienne renfermée dans ses montagnes comme dans des forts inaccessibles ou dans des sanctuaires interdits aux profanés. La religion, les mœurs, les coutumes des Ansariens sont encore enveloppées de mystérieuses ombres. Ce que je vais rapporter, c&rsquo;est le fruit des conjectures les plus probables, le résultat de longues observations faites par les chrétiens du pays ; c&rsquo;est surtout ce que les gens les plus éclairés de la côte ont pu comprendre par la lecture de quelques livres ansariens qu&rsquo;un heureux hasard a fait tomber entre leurs mains.</p>
<p>Les Ansariens sont partagés en différentes sectes, parmi lesquelles on compte la secte des adorateurs du soleil, celle des adorateurs de la lune, celle des adorateurs de la femme ; le nombre des villages qu&rsquo;ils habitent s&rsquo;élève à plus de sept cents ; ils forment une population d&rsquo;environ cent mille âmes. Les Ansariens regardent Jésus-Christ et Mahomet comme deux grands prophètes amis de Dieu ; ils ont des fêtes musulmanes et des fêtes chrétiennes ; la Noël, la Pâque, l&rsquo;Épiphanie, la Pentecôte et la Circoncision, sont célébrées, par deux sectes ansariennes, les <em>Chemelié</em> et les <em>Clésié </em>; les autres sectes ne célèbrent que la solennité de Noël.</p>
<p>[…] Les Ansariens Kadmousié, ceux qui rendent à la femme un culte particulier, ont une étrange et odieuse cérémonie qui prouve jusqu&rsquo;à quelles aberrations l&rsquo;esprit de l&rsquo;homme peut descendre. Durant la nuit du premier jour de l&rsquo;an, les hommes de chaque village s&rsquo;enferment dans une maison et murmurent dévotement une prière à la lueur de quelques flambeaux ; quand la prière est achevée, on éteint les flambeaux, et la porte s&rsquo;ouvre pour laisser entrer confusément les femmes et les jeunes filles du village. Au milieu des ténèbres, chaque homme se saisit de la première femme que le hasard lui donne, et dans cet affreux désordre, peut-être arrive-t-il que le frère rencontre la sœur, et le fils la mère. Cette fête si révoltante se nomme <em>boc-bèche</em> (fête d&#8217;empoignement).</p>
<p>[…] Les doctrines des Ansariens sont un mélange informe de toutes les doctrines d&rsquo;Orient ; chacune des pages qui composent leur évangile est empruntée à des évangiles divers, et toutes ces pages sont souillées ou défigurées. Parmi les peuples orientaux, il en est qui ne sont plus aujourd&rsquo;hui que des ruines, et la croyance à leur résurrection politique ne serait qu&rsquo;un rêve. Il en est d&rsquo;autres qui n&rsquo;ont point encore vécu de la vie des nations, et qui se sont arrêtés dans la grossière ignorance d&rsquo;une enfance de plusieurs siècles : de ce nombre sont les Ansariens; qui nous dira leur future destinée? Leur existence ne sera-t-elle jamais meilleure ? L&rsquo;avenir ne leur réserve-t-il aucune lumière ? Y a-t-il des peuples condamnés à ne point connaître la vérité, semblables à ces nations hyperboréennes, dont nous parlent les poètes, qui ne verront jamais le soleil ?</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p>Poujoulat (1808-1880), historien, journaliste et homme politique français, fut employé en 1828 par Joseph-François Michaud à la rédaction de la Bibliothèque des Croisades. En 1830, il l’accompagna lors de son voyage en Grèce et en Palestine mais rentra seul par la Syrie. C’est de cette visite qu’il tira l’article dont est tiré l’extrait choisi. Il y colporte les informations mensongères ou déformées que lui ont transmis, comme à d’autres voyageurs occidentaux, des Syriens de confession chrétienne ou musulmane le plus souvent mal informés ou malintentionnés.</p>
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		<title>La fatwa d&#8217;Ibn Taymiyya sur les Alaouites</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 12:18:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Source : extrait de Stanislas Guyard, &#xAB; La fetwa d&#x2019;Ibn Taimiyyah sur les Nosair&#xEE;s&#xA0;&#xBB;, Journal Asiatique, 1871, 6e s&#xE9;rie, t. XVIII, p. 158-198. Les docteurs de l&#x2019;Islam sont tous d&#x2019;accord sur ces points&#xA0;: 1&#xB0; Qu&#x2019;il est illicite de contracter le mariage avec de telles gens, et qu&#x2019;un homme ne peut ni cohabiter [avoir une relation [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source : extrait de Stanislas Guyard, « La <em>fetwa</em> d&rsquo;Ibn Taimiyyah sur les Nosairîs », <em>Journal Asiatique</em>, 1871, 6e série, t. XVIII, p. 158-198.</strong></p>
<p>Les docteurs de l’Islam sont tous d’accord sur ces points :</p>
<p>1° Qu’il est illicite de contracter le mariage avec de telles gens, et qu’un homme ne peut ni cohabiter [avoir une relation sexuelle] avec son esclave, si elle est nosairi, ni prendre femme parmi eux ;</p>
<p>2° Que les animaux tués par eux sont impurs ; […]</p>
<p>5° Il n’est pas licite d’enterrer les Nosairis dans les cimetières musulmans, ni de réciter les prières sur leurs corps. Dieu a défendu à son Prophète de prier sur le corps des hypocrites tels qu’Abd allah ben Obay et ses pareils, qui feignaient de pratiquer la prière, l’aumône, le jeûne et la guerre sainte en compagnie des musulmans, n’émettaient jamais d’opinions contraires à la religion musulmane, mais ne les professaient pas moins en secret. Dieu très-haut a dit : « Ne prie jamais sur aucun d’eux quand ils mourront ; ne te tiens jamais sur leur tombe » (Coran, IX, 86). Combien à plus forte raison ne doit-on pas agir de même à l’égard de ceux qui, outre le zendiqisme et l’hypocrisie, laissent encore paraître l’incrédulité et l’hétérodoxie !</p>
<p>6° Quant à les employer sur les frontières des musulmans, dans leurs forteresses et à l’armée, c’est une énormité semblable à celle qu’on commettrait en se servant des loups pour garder les moutons. Car ces gens sont les plus traîtres des hommes à l’égard des musulmans et de leurs chefs, les plus acharnés à la subversion de la religion et de l’État, les plus empressés à livrer les forteresses à nos ennemis. Il est donc du devoir de nos préfets de les rayer des contrôles de l’armée et de ne pas plus s’en servir pour combattre que pour toute autre fonction […].</p>
<p>8° Leur sang et leurs biens sont déclarés licites. Les docteurs [de la Loi] se partagent sur la question de savoir si l’on doit les admettre à résipiscence quand ils manifestent le repentir. Ceux qui agréent leur conversion exigent en échange l’abandon de leurs biens aussitôt qu’ils ont adopté la loi de l’Islam. Ceux qui la rejettent, ainsi que la possibilité pour eux d’hériter de leurs proches, déclarent que la confiscation de leurs biens est une restitution au trésor public. Car, disent-ils, ces Nosairis, lorsqu’on les admet [à résipiscence], feignent l’ignorance auprès des ennemis de leur secte et cachent ce qui les concerne ; d’ailleurs il y en a parmi eux qui ne connaissent pas bien leur religion. La marche à suivre en ceci est de les surveiller avec vigilance, de leur interdire les réunions et le port des armes, et quand ils prennent part au combat et observent les pratiques musulmanes telles que les cinq prières et la lecture du Koran, de laisser parmi eux quelqu’un pour leur enseigner la religion musulmane et de s’interposer entre eux et leurs instructeurs. […]</p>
<p>10° Il n’y a donc nul doute que la guerre sainte et les mesures rigoureuses contre ces [Nosairis] ne soient au nombre des actions les plus agréables à Dieu et des devoirs les plus sacrés. […]</p>
<p>11° Il n’est licite à personne de cacher ce qu’il sait de leurs affaires ; au contraire, on doit dévoiler et divulguer leurs secrets, afin que les musulmans soient instruits de la vérité. Personne ne doit les aider à rester à l’armée ou dans une fonction quelconque. Personne ne doit s’opposer à ce qu’on les persécute, d’après les prescriptions suivantes de Dieu et de son Prophète, qui comptent parmi les articles les plus importants sur le devoir d’exciter au bien, de détourner du mal et de combattre dans la voie de Dieu [suivent quelques versets du Coran appelant à combattre les infidèles et les hypocrites, notamment les versets 19-22 et 74 de la sourate IX].</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p><a href="https://comprendrelislam.fr/islam-et-violence/le-jihad-dans-loeuvre-dibn-taymiyya-mort-en-1328/">Taqî al-Dîn Ahmad ibn Taymiyya</a> (1263-1328), théologien et jurisconsulte hanbalite, est connu pour son intransigeance et sa vision rigoriste de l’islam. À ce titre, ses écrits ont une influence considérable sur les mouvements fondamentalistes de l’islam contemporain. En particulier, la fatwa qu’il prononça au sujet des nousayris fait encore référence aujourd’hui au sein des mouvements islamistes radicaux et djihadistes afin de justifier la guerre sainte contre les alaouites, considérés comme des hérétiques.</p>
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		<title>Histoire et religion des alaouites de Syrie.  Épisode 4</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 12:11:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La communaut&#xE9; alaouite de Syrie a &#xE9;t&#xE9; projet&#xE9;e sous les feux de l&#x2019;actualit&#xE9; &#xE0; l&#x2019;occasion des dramatiques &#xE9;v&#xE9;nements qui secouent le pays depuis 2011&#xA0;: stigmatis&#xE9;e par certains, en tant que communaut&#xE9; au pouvoir (car c&#x2019;est d&#x2019;elle que sont issus le pr&#xE9;sident de la R&#xE9;publique, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels),&#xA0;elle s&#x2019;est retrouv&#xE9;e victimis&#xE9;e par [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://comprendrelislam.fr/islam-pluriel/histoire-et-religion-des-alaouites-de-syrie-episode-1/">La communauté alaouite de Syrie</a> a été projetée sous les feux de l&rsquo;actualité à l&rsquo;occasion des dramatiques événements qui secouent le pays depuis 2011 : stigmatisée par certains, en tant que communauté au pouvoir (car c&rsquo;est d&rsquo;elle que sont issus le président de la République, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels), elle s’est retrouvée victimisée par d’autres, parce que ses membres appartiennent à la communauté du pouvoir, dont ils seraient non pas tant les complices que les otages. La vérité doit se situer quelque part entre les deux. L&rsquo;expression trop souvent entendue ou lue dans les médias de « régime alaouite » témoigne d’un amalgame trompeur entre un groupe humain et un pouvoir qui en serait en quelque sorte l’émanation. Elle masque une réalité plus complexe, celle d’une communauté riche d’une longue histoire et qui, comme toute autre, est traversée par des clivages plus ou moins visibles et durables, par des hiérarchies mouvantes et par toutes sortes de rapports d&rsquo;influence, de clientèle ou de rivalité.</p>
<h5><strong>Les alaouites dans la littérature orientaliste</strong></h5>
<p>Les groupes humains marginaux et les doctrines religieuses hétérodoxes ou mystérieuses ont de tout temps piqué la curiosité des uns et suscité le mépris des autres. Les alaouites n’ont pas échappé à cette règle, comme en témoigne la littérature qui leur fut consacrée en Occident, de Maundrell (1705) à Renan (1864), en passant par Pococke (1741), Niebuhr (1780), Volney (1785), Burckhardt (1822), Lamartine (1835) et bien d’autres. On y trouve un écho des légendes colportées à leur sujet dans la région, lesquelles ont contribué à en façonner une représentation imaginaire faite de stéréotypes à forte connotation péjorative et de croyances naïves sans fondements. Certains prétendent ainsi qu’ils vénèrent les chiens (<em>kalb</em>), d&rsquo;où émanerait le nom du groupe alaouite des Kalbiyyé ; et d&rsquo;autres, la mâchoire d’un âne qui aurait mangé leurs textes sacrés ! Nombre de ces auteurs évoquent aussi le culte qu&rsquo;ils voueraient aux parties naturelles de la femme et la « fête de la Matrice », cérémonie nocturne périodique à l’occasion de laquelle ils pratiqueraient la communauté des femmes et éventuellement l’inceste.</p>
<h5><strong>Des stéréotypes encore vivaces</strong></h5>
<p>Il serait naïf de croire que ces légendes appartiennent au passé. Bien plus nombreux qu’on ne le pense sont les Syriens qui, aujourd&rsquo;hui encore, croient à ces affabulations contribuant à façonner une image de l&rsquo;Autre qui, aussi fausse soit-elle, peut facilement engendrer des réactions violentes, surtout si elle est exacerbée par des événements politiques. Ce fut le cas dans les années soixante-dix et quatre-vingt : le massacre de Hama (1982) qui s’était soulevée à l’instigation des Frères musulmans, aussi abominable fût-il, ne doit en effet pas faire oublier la vague de terreur anti-alaouite qui l’avait précédé et qui culmina, en 1979, avec le massacre de quatre-vingt-deux cadets de l’Académie militaire d’Alep, tous alaouites.</p>
<p>Dans les années 1980 comme aujourd’hui, le discours officiel des Frères musulmans syriens se veut rassurant. La charte promulguée par la direction de l’organisation parle de démocratie, de laïcité, de liberté de culte et de respect des minorités religieuses ; et une distinction claire est établie entre la communauté alaouite et le régime des Assad, dont ils reconnaissent qu’il n’en est en rien l’émanation. Mais il en va tout autrement de la base du parti, comme de mouvements islamistes plus radicaux, qui décrivent la religion alaouite comme un mélange de judaïsme, de bouddhisme et de zoroastrisme et affirment, entre autres, que les alaouites vendent leurs filles, vénèrent la vulve des femmes et, à l’occasion de la nuit de la <em>Kabicha</em>, « se rassemblent dans des maisons et des clubs, à un moment donné éteignent la lumière et chacun se jette sur la première femme qui lui tombe sous la main pour abuser d’elle », comme le prétend une publication clandestine de l&rsquo;époque citée par Olivier Carré et Gérard Michaud en 1983.</p>
<p>Pour une majorité de musulmans sunnites radicaux, la fatwa que prononça contre eux <a href="https://comprendrelislam.fr/islam-et-violence/le-jihad-dans-loeuvre-dibn-taymiyya-mort-en-1328/">Ibn Taymiyya</a> (1268-1328) fait encore autorité. Il y encourageait les musulmans à la guerre sainte contre les nousayris et autres « sectateurs du sens caché », considérés comme plus infidèles et impurs que les chrétiens et les juifs. Tout contact avec eux est interdit et il est permis, si ce n&rsquo;est recommandé, de les tuer et de s&rsquo;approprier leurs biens. Leur conversion à l&rsquo;islam peut être acceptée à condition qu&rsquo;ils cèdent tout ce qu&rsquo;ils possèdent ; et cela ne doit pas dispenser les « croyants » de continuer à se méfier d&rsquo;eux et à les surveiller, car leur conversion n&rsquo;est peut-être que pure dissimulation.</p>
<h5><strong>Complexe minoritaire et peur existentielle</strong></h5>
<p>Les événements de ces dernières années ont renforcé la défiance entre sunnites et alaouites, une réalité qu’on ne saurait nier, quand bien même serait-on le plus ardent promoteur d’une Syrie laïque et démocratique. Récemment, le 4 mai 2015, le <em>talk-show</em> très suivi de l’un des présentateurs vedette de la chaîne <em>Aljazeera</em>, Faysal al-Qassem, avait pour thème : « Faut-il exterminer tous les alaouites de Syrie, femmes et enfants compris ? ». Déchaîné, encouragé par le sondage effectué pour l’occasion parmi les auditeurs, qui indiquait que 95% d’entre eux y étaient favorables, le présentateur s’y livra à une diatribe d’une violence inouïe, ni plus ni moins qu’un appel au génocide. Dans un État de droit, ce que n&rsquo;est pas le Qatar, il aurait été immédiatement licencié et assigné en justice pour incitation à la haine raciale ou apologie de crimes contre l’humanité.</p>
<p>L’identité alaouite est aujourd’hui fondée sur le complexe minoritaire, la peur d’une domination sunnite, « donc islamiste », et sur une histoire qui la justifie et l’explique. Tout ceci doit aider à comprendre, à défaut de l’accepter, le réflexe communautaire d’une très grande majorité d’alaouites qui se sont rangés quasi aveuglément derrière un régime pour lequel ils n’ont pas forcément beaucoup de sympathie, mais qu’ils considèrent finalement comme un moindre mal comparé à l’éventualité d’un régime islamiste qui pourrait les ramener à des temps de misère et de persécutions. Aussi légitimes que puissent être leurs craintes, leur repli communautaire n&rsquo;a fait que renforcer la majorité des sunnites dans l’idée que ce n’est pas seulement le régime qu’il faut combattre, mais tous les alaouites.</p>
<h5><strong>Pour aller plus loin</strong></h5>
<p>Stanislas Guyard, « La <em>fetwa</em> d&rsquo;Ibn Taimiyyah sur les Nosairîs », <em>Journal Asiatique</em>, 1871, 6e série, t. XVIII, p. 158-198.</p>
<p>Olivier Carré et Gérard Michaud [Michel Seurat], <em>Les Frères musulmans (1928-1982)</em>, Paris, Gallimard, 1983, rééd. dans Seurat, Michel, <em>L&rsquo;État de barbarie</em>, Paris, PUF, 2012.</p>
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		<item>
		<title>Une lettre des Alaouites à Léon Blum en 1936</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 11:08:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Alaouites]]></category>
		<category><![CDATA[Chiisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mandat français en Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source : lettre adress&#xE9;e &#xE0; L&#xE9;on Blum par des notables alaouites en mai 1936 Cher M. L&#xE9;on Blum, Pr&#xE9;sident du Conseil de la France, &#xC0; la lumi&#xE8;re des n&#xE9;gociations en cours entre la France et la Syrie, nous &#x2014; les dirigeants alaouites de Syrie &#x2014; attirons respectueusement votre attention et celle de votre parti (les [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source : lettre adressée à Léon Blum par des notables alaouites en mai 1936</strong></p>
<p>Cher M. Léon Blum, Président du Conseil de la France,</p>
<p>À la lumière des négociations en cours entre la France et la Syrie, nous — les dirigeants alaouites de Syrie — attirons respectueusement votre attention et celle de votre parti (les Socialistes) sur les points suivants :</p>
<p>1. La nation Alaouite qui a maintenu son indépendance pendant des années avec beaucoup de zèle et au prix de beaucoup de victimes, est une nation qui diffère des nations musulmanes sunnites par ses croyances religieuses, par ses coutumes et par son histoire. La nation Alaouite n’a jamais été soumise aux lois de ceux qui gouvernent les villes à l’intérieur du territoire.</p>
<p>2. La nation Alaouite refuse d’être annexée à la Syrie musulmane, parce que la religion islamique y est déclarée comme la religion officielle du pays, et que la religion islamique considère la nation Alaouite comme hérétique. Par conséquent nous vous demandons de considérer le destin tragique et terrible qui attend les Alaouites s’ils sont annexés de force à la Syrie, quand elle sera libérée de la surveillance du mandat et qu’elle aura le pouvoir d’établir des lois qui découlent de sa religion.</p>
<p>3. Accorder l’indépendance à la Syrie et abandonner le mandat serait un bon exemple des principes socialistes en Syrie, mais l’indépendance complète signifie que quelques familles musulmanes auront le contrôle de la nation Alaouite en Cilicie, en Alexandrette et dans le massif d’Ansariyeh. Même le fait d’avoir un parlement et un gouvernement constitutionnel ne garantira pas les libertés individuelles. Ce contrôle parlementaire, manquant de valeurs réelles, n’est qu’une façade et en vérité il sera contrôlé par le fanatisme religieux qui ciblera les minorités. Les dirigeants de France veulent-ils que les musulmans contrôlent la nation alaouite et qu’ils la plongent dans les affres de la misère ?</p>
<p>4. Le fanatisme et l’étroitesse d’esprit, dont les racines sont profondément ancrées au cœur des Arabes musulmans à l’encontre de tous ceux qui ne sont pas musulmans, est la mentalité qui nourrit perpétuellement la religion islamique, aussi n’y a-t-il aucun espoir que la situation change. Si le mandat est abandonné, le danger de mort et la destruction menaceront les minorités en Syrie, même si l’abandon [du mandat] décrète la liberté de pensée et la liberté confessionnelle. Pourquoi, même aujourd’hui nous pouvons voir comment les habitants musulmans de Damas obligent les Juifs vivant sous leur égide à signer un document dans lequel il leur est interdit d’envoyer de la nourriture à leurs frères juifs qui subissent un désastre en Palestine, la situation des Juifs de Palestine étant la preuve la plus flagrante et la plus concrète de l’importance du problème religieux parmi les Arabes musulmans contre quiconque n’appartient pas à l’Islam. Ces bons Juifs ont apporté la civilisation et la paix aux Arabes musulmans et ont propagé la richesse et la prospérité en terre de Palestine, ils n’ont fait de mal à personne et ils n’ont rien pris de force. Pourtant, les musulmans leur ont déclaré une guerre sainte et n’ont pas hésité à massacrer leurs femmes et leurs enfants en dépit du fait que l’Angleterre est en Palestine et que la France est en Syrie. Un avenir noir attend donc les Juifs et les autres minorités si le mandat est abandonné et que la Syrie musulmane s’unit à la Palestine musulmane. Cette unification est le but ultime des Arabes musulmans.</p>
<p>5. Nous apprécions la bonté d’âme dont vous faites preuve en défendant la population syrienne et nous comprenons votre désir de la rendre indépendante, mais la Syrie est à l’heure actuelle loin du noble but que vous avez fixé pour elle, car elle est encore emprisonnée dans un esprit de féodalisme religieux. Nous ne pensons pas que le gouvernement français et le parti socialiste français seront d’accord pour l’indépendance des Syriens, car sa mise en œuvre causerait l’asservissement de la nation Alaouite et exposerait la minorité Alaouite au danger de mort et de destruction.</p>
<p>Nous ne pouvons pas imaginer que vous accéderez à la demande des Syriens (nationalistes) d’annexer la nation alaouite à la Syrie, parce que vos principes sacrés — s’ils soutiennent l’idée de liberté — ne pourront tolérer une situation dans laquelle une nation (les musulmans) entraverait la liberté d’une autre (les alaouites) en l’annexant de force.</p>
<p>6. Vous jugez peut-être bon de garantir les droits des Alaouites et des autres minorités par les termes du traité (le traité franco-syrien qui définit les relations entre les États), mais nous soulignons que les contrats n’ont aucune valeur dans la mentalité islamique syrienne. Nous avons vu cela par le passé, avec le pacte que l’Angleterre a signé avec l’Irak et qui interdisait aux Irakiens de massacrer les Assyriens et les Yazidis.</p>
<p>La nation Alaouite que nous, soussignés, représentons, implore le gouvernement français et le parti socialiste français et leur demande d’assurer la liberté et l’indépendance de notre nation à l’intérieur de ses petites frontières. La nation alaouite confie son bien-être aux mains des dirigeants socialistes français, elle est sûre qu’elle trouvera un soutien fort et indéfectible en tant que nation amie et loyale, ayant rendu de grands services à la France, et qui est aujourd’hui menacée de mort et de destruction.</p>
<p>(signé par) Aziz Agha al-Hawash, Mahmoud Agha Jadid, Mahmoud Bek Jadid, Souleiman Assad, Souleiman al-Mourshid, Mahmoud Souleiman al-Ahmad.</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p>Dans cette lettre, signée entre autres par Sulayman al-Ahmad, Sulayman Mourchid et Sulayman al-Assad, arrière-grand-père de Bachar al-Assad, l’actuel président de la Syrie, un groupe de notables alaouites demande à Léon Blum, alors président du Conseil, de préserver l’indépendance de l’État alaouite et de ne pas céder à la pression des nationalistes syriens en le rattachant au futur État syrien, avec pour principal argument le danger qui pèserait sur les alaouites s’ils étaient placés sous la domination de la majorité sunnite qui les a toujours considérés comme des hérétiques.</p>
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		<title>Histoire et religion des alaouites de Syrie.  Épisode 3</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 10:53:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Approfondir]]></category>
		<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[Alaouites]]></category>
		<category><![CDATA[Chiisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mandat français en Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Ottomans]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Baath]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La communaut&#xE9; alaouite de Syrie a &#xE9;t&#xE9; projet&#xE9;e sous les feux de l&#x2019;actualit&#xE9; &#xE0; l&#x2019;occasion des dramatiques &#xE9;v&#xE9;nements qui secouent le pays depuis 2011&#xA0;: stigmatis&#xE9;e par certains, en tant que communaut&#xE9; au pouvoir (car c&#x2019;est d&#x2019;elle que sont issus le pr&#xE9;sident de la R&#xE9;publique, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels),&#xA0;elle s&#x2019;est retrouv&#xE9;e victimis&#xE9;e par [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://comprendrelislam.fr/islam-pluriel/histoire-et-religion-des-alaouites-de-syrie-episode-1/">La communauté alaouite de Syrie</a> a été projetée sous les feux de l&rsquo;actualité à l&rsquo;occasion des dramatiques événements qui secouent le pays depuis 2011 : stigmatisée par certains, en tant que communauté au pouvoir (car c&rsquo;est d&rsquo;elle que sont issus le président de la République, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels), elle s’est retrouvée victimisée par d’autres, parce que ses membres appartiennent à la communauté du pouvoir, dont ils seraient non pas tant les complices que les otages. La vérité doit se situer quelque part entre les deux. L&rsquo;expression trop souvent entendue ou lue dans les médias de « régime alaouite » témoigne d’un amalgame trompeur entre un groupe humain et un pouvoir qui en serait en quelque sorte l’émanation. Elle masque une réalité plus complexe, celle d’une communauté qui, comme toute autre, est riche d’une <a href="https://comprendrelislam.fr/islam-pluriel/histoire-et-religion-des-alaouites-de-syrie-episode-2/">longue histoire</a> et traversée par des clivages plus ou moins visibles et durables, par des hiérarchies mouvantes et par toutes sortes de rapports d&rsquo;influence, de clientèle ou de rivalité.</p>
<h5><strong>De l’Empire ottoman au Mandat français : un début d’émancipation</strong></h5>
<p>Aux XVIIe et XVIIIe siècles, quelques notables alaouites, au gré d’une conjoncture politique et économique favorable, commencèrent à jouer un rôle dans la vie de la région, mais il n’en reste pas moins que dans leur immense majorité, les alaouites restaient des paysans soumis à un régime quasi-féodal. Au XIXe siècle, l’affaiblissement de l’Empire ottoman et l’occupation égyptienne (1831-1841) contribuèrent à plonger la région dans l’anarchie, en une succession de révoltes sévèrement réprimées. Ce n’est qu’à la fin du siècle et au début du suivant que l’Empire ottoman, sous le règne du sultan Abdülhamid II (1876-1909), dans le but de contrecarrer l’influence grandissante de la France et, dans une moindre mesure, de la Grande-Bretagne et de la Russie, consentit de réels efforts pour intégrer les alaouites au tissu social, économique et politique de la région, permettant l’émergence de personnalités de premier plan comme Husayn Mayhoub Harfouch (1892-1959) et Sulayman al-Ahmad (1869-1942), qui s’illustrèrent par la création de nombreuses écoles et la promotion d’une éducation moderne.</p>
<p>Si le début du Mandat français (1920-1946) fut marqué par la révolte du cheikh Saleh al-Ali (1884-1950), finalement vaincu en 1922, c’est néanmoins à celui-ci que les alaouites doivent leur première véritable occasion de s’émanciper. En effet, la politique française visait à favoriser les minorités, chrétienne bien sûr, mais aussi druze et alaouite, pour contrecarrer et affaiblir la majorité sunnite et, ce faisant, les nationalistes arabes. Les Français s’essayèrent d’abord à la création d’une fédération d’États indépendants : un État alaouite fut créé en 1920 en même temps que l’État du Grand-Liban (Liban actuel), l’État de Damas et l’État d’Alep. Deux ans plus tard, en 1922, fut créé l’État druze, tandis qu’était décrétée l’autonomie du Sandjak d’Alexandrette, actuel Hatay turc. Cependant, ils durent finalement, sous la pression des nationalistes, accepter, en 1936, l’idée de l’unité de la Syrie. Parmi les alaouites, le débat fit rage à l’époque entre les partisans du rattachement à la Syrie et ceux qui prônaient la création d’un État indépendant, sans qu’il soit possible d’évaluer avec précision l’équilibre des forces en présence. Nombreux furent à l’époque les alaouites qui intégrèrent l’Armée française du Levant. En 1945, ils en constituaient près du tiers.</p>
<div id="attachment_83565" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-83565" class="wp-image-83565 size-medium" src="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/05/Image-billet-3-300x200.jpg" alt="Le drapeau alaouite de 1920" width="300" height="200" /><p id="caption-attachment-83565" class="wp-caption-text">Le drapeau de l’Etat alaouite, créé en 1920 par les Français</p></div>
<h5><strong>Les alaouites dans la Syrie indépendante : une intégration inachevée</strong></h5>
<p>Après l&rsquo;indépendance (1946), le début d&rsquo;intégration des alaouites (et des druzes) fut classé sans suite. Sous prétexte d&rsquo;abolir le système de représentation confessionnelle au Parlement, ce qui fut formellement fait en 1953, l&rsquo;État ne fit qu&rsquo;entériner la domination de la confession majoritaire et l&#8217;emprise sur la vie politique d&rsquo;une cinquantaine de grandes familles, essentiellement sunnites, dans un système où la concurrence se limitait à l&rsquo;ancestrale rivalité entre les Damascènes du Bloc national et les Alépins du Parti du peuple. Rien ne fut fait pour laïciser la vie sociale et politique. C’est d&rsquo;ailleurs seulement sous la pression des chrétiens que le projet de stipuler dans la constitution que l&rsquo;islam était religion d&rsquo;État fut abandonné au profit d&rsquo;un article, toujours en vigueur aujourd&rsquo;hui, précisant que l&rsquo;islam est la religion du chef de l&rsquo;État, ce qui, de fait, exclue l&rsquo;accession d&rsquo;un chrétien à cette fonction&#8230; Rien ne fut fait non plus pour redistribuer les terres. Au contraire, les grands propriétaires terriens continuèrent de mater avec la plus grande violence des révoltes paysannes sporadiques. Enfin, les mouvements de revendication druze et alaouite connurent le même sort, les deux communautés étant jugées coupables de collaboration avec les autorités mandataires.</p>
<p>Le destin de Sulayman Mourchid en fournit une bonne illustration. Né en 1907 dans une famille très modeste du village de Jawbat Bourghal, il eut, dès l&rsquo;âge de seize ans, des visions messianiques qui lui valurent très vite une grande popularité dans la montagne, à tel point que se constitua autour de lui un groupe indépendant au sein de la communauté alaouite, sous le nom tout sauf anodin de Ghasâsina (Ghassanides), groupe qui existe toujours et est aujourd&rsquo;hui connu sous le nom de <em>mourchidiyya</em>. Bénéficiant de la bienveillance des autorités mandataires, il devint vite l&rsquo;un des hommes les plus puissants de la région. Membre du Conseil représentatif de l&rsquo;État alaouite en 1936, il devint l&rsquo;année suivante député du Parlement syrien. On lui reprocha plus tard d&rsquo;avoir créé un véritable État dans l&rsquo;État, mais il s&rsquo;avère qu&rsquo;il ne menaçait pas tant l&rsquo;unité du jeune État syrien que les privilèges des grands propriétaires terriens de la région. Peu de temps après l&rsquo;indépendance, il fut arrêté avec une centaine de ses partisans et pendu sur la place publique en décembre 1946.</p>
<h5><strong>Les chemins du pouvoir</strong></h5>
<p>La suite est bien connue : ces deux leviers que sont l&rsquo;armée et les partis politiques de gauche permirent aux minoritaires de conquérir le pouvoir, puis aux alaouites de le monopoliser. Contrairement aux minoritaires pour qui l&rsquo;armée constituait un vrai « ascenseur social », les riches sunnites arabes, en général de grands propriétaires terriens, commirent l’erreur historique de négliger la hiérarchie militaire. Dès 1955, 65% des sous-officiers étaient alaouites et le Comité militaire chargé du recrutement dans les Académies militaires était dominé par les alaouites. Quant au parti Baath, son pouvoir d’attraction était grand : sa doctrine nationaliste arabe, laïque et socialiste était à même de mobiliser les minoritaires. Le 8 mars 1963, un coup d’État porta au pouvoir un groupe d’officiers baathistes ismaéliens, druzes et alaouites. Ces derniers éliminèrent progressivement les ismaéliens et les druzes. Salah Jadid dirigea ensuite le pays de 1966 à 1970, puis fut renversé par Hafez al-Assad, qui devint en 1971 le premier président alaouite de la République arabe syrienne. Il le resta jusqu’à sa mort en 2000, cédant alors la place à son fils, Bachar, qui gouverne depuis aux destinées du pays.</p>
<h5><strong>Pour en savoir plus</strong></h5>
<p>Paoli, Bruno, « Les alaouites du Proche-Orient dans l’histoire du Proche-Orient moderne : une intégration inachevée », <em>Confluences Méditerranée</em>, n°105 (été 2018), p. 65-77.</p>
<p>Winter, Stephan, <em>A History of the ‘Alawis. From Medieval Aleppo to the Turkish Republic</em>, Princeton/Oxford, Princeton University Press, 2016.</p>
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		<item>
		<title>Un texte inédit sur la diffusion de la doctrine alaouite en Syrie</title>
		<link>https://comprendrelislam.fr/non-classe/un-texte-inedit-sur-la-diffusion-de-la-doctrine-alaouite-en-syrie/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=un-texte-inedit-sur-la-diffusion-de-la-doctrine-alaouite-en-syrie</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 10:39:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article sans catégorie]]></category>
		<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Alaouites]]></category>
		<category><![CDATA[Bouyides]]></category>
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		<category><![CDATA[Initiation religieuse]]></category>
		<category><![CDATA[Minorités musulmanes]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie médiévale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://comprendrelislam.fr/?p=83557</guid>

					<description><![CDATA[<p>Source : extraits du Kit&#xE2;b khayr al-san&#xEE;&#x2019;a f&#xEE; mukhtasar t&#xE2;r&#xEE;kh ghul&#xE2;t al-ch&#xEE;&#x2019;a du cheikh &#x1E24;usayn Mayh&#xFB;b Harf&#xFB;sh, manuscrit in&#xE9;dit dont une copie est conserv&#xE9;e dans la biblioth&#xE8;que de l&#x2019;Institut fran&#xE7;ais du Proche-Orient &#xE0; Damas, trad. B. Paoli. Connaissance des disciples (awl&#xE2;d) du Sayyid Ab&#xFB; Abd All&#xE2;h al-&#x1E24;usayn ibn Hamdan al-Khas&#xEE;b&#xEE; Le premier : R&#xE2;s B&#xE2;ch [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source : extraits du <em>Kitâb khayr al-sanî’a fî mukhtasar târîkh ghulât al-chî’a </em>du cheikh Ḥusayn Mayhûb Harfûsh, manuscrit inédit dont une copie est conservée dans la bibliothèque de l’Institut français du Proche-Orient à Damas, trad. B. Paoli.<br />
</strong></p>
<p>Connaissance des disciples (<em>awlâd</em>) du Sayyid Abû Abd Allâh al-Ḥusayn ibn Hamdan al-Khasîbî</p>
<p>Le premier : Râs Bâch al-Daylâmî. D’origine irakienne, il fut initié à Bagdad après avoir assisté à un miracle d’al-Khasîbî. Un jour, ce dernier monta un chameau et, au moment où celui-ci voulait pénétrer une ruelle dont la porte était étroite, celle-ci s’agrandit afin de laisser passer l’animal. Seul Râs Bâch fut témoin de ce miracle, car il lui avait été demandé de faire le tour des rues et des commerces de Bagdad avec lui. Lorsqu’il vit ce miracle de ses propres yeux, il le fit descendre de chameau, lui baisa la main et se mit à son service. Par la suite, al-Khasîbî lui transmit son enseignement et composa une épitre à son nom, la <em>Risala râstbâchiyya</em>. Par la suite, [Râs Bâch] mémorisa le Coran et effectua le pèlerinage à la Mecque et à Jérusalem.</p>
<p>Le deuxième : Abû al-Hasan al-Bishrî. D’origine syrienne, il initia [aux principes de la doctrine] le prince Ala al-Dîn, gouverneur de Takrit, ainsi qu’une dizaine de villages [des environs] d’Alep. Que Dieu le sanctifie.</p>
<p>Le troisième : Yunûs al-Badî’î. D’origine syrienne, il composa des commentaires ésotérique et exotérique du Coran. Il emporta deux livres en Égypte : le <em>Kitâb al-Kâfi bi-l-jawab al-shafi</em>, et le <em>Kitâb al-mithal wa-l-sûra</em>. Tous deux sont attribués au Sayyid Abû Shu’ayb [Ibn Nusayr]. Personne ne connaissait l’existence de ces deux ouvrages en Égypte, de sorte que les croyants ne pouvaient les emprunter sans laisser en gage l’équivalent de leurs poids en or. Il initia huit personnes dans la mosquée [Ibn] Tulûn et entreprit, à sa charge, le pèlerinage avec eux. Il décéda à Alep à l’âge de soixante ans. Que Dieu le sanctifie.</p>
<p>Le septième : Abû al-Layth al-Kattânî al-Halabî al-Shâmî. Il était établi à Sarmin où il filait le lin pour le vendre. Il mémorisa le Coran sous la direction de son père […] et initia huit [personnes]. Il partit avec eux à la Mecque où ils séjournèrent un an puis ils se mirent en route vers la montagne à l’ouest de Hamah où ils s’installèrent et où tous lui succédèrent, publiquement et secrètement. Que Dieu Le Très-Haut les sanctifie.</p>
<p>Le treizième : Abû Hamza al-Kattân, syrien nomade chiite. C’était un homme courageux, qui aimait à polémiquer avec les adeptes d’autres sectes. Il mémorisa le Coran et ses sept lectures, étudia la grammaire et effectua le pèlerinage. En outre, il initia six personnes à l’âge de cinquante-cinq ans. Il décéda à Homs. Que Dieu sanctifie son âme.</p>
<p>Le vingt-troisième : Yazîd ibn Shu’ba al-Harrânî. Il est l’auteur du <em>Kitâb haqa’iq asrâr al-dîn </em>(<em>Le livre des significations des mystères de la religion</em>) et d’autres encore. Il était suivi par plusieurs disciples car c’était une personne savante, bienveillante et bienfaisante. Lors de son voyage vers la Mecque, des pèlerins se joignirent à lui et l’accompagnèrent jusqu’à son île. Alors qu’ils étaient en pleine mer, ils se trouvèrent face à un poisson-lune de la taille d’un chameau. Alors que tous les passagers à bord étaient morts de peur, Abû Muhammad [Yazîd ibn Shu’ba] prit une feuille sur laquelle il écrivit trois lettres et qu’il déposa dans un creuset à cire avant de la jeter dans la direction du poisson qui fuit sur-le-champ. […] Dès leur arrivée sur l’île, Yazîd initia aux mystères de la Loi divine ses compagnons, ainsi qu’un groupe d’hommes originaires des montagnes du Yémen. Puis il se rendit en Syrie (<em>al-Shâm</em>) et mourut à Hama. Plusieurs livres qui lui sont attribués sont préservés dans les montagnes.</p>
<p>Le vingt-cinquième : Abû al-Qâsim al-Abbâs al-Shâmî. Il était apprécié parmi les Gens du Livre. Il incita dix moines à se convertir à l’islam, ainsi quatre savants juifs. Il entreprit un pèlerinage en leur compagnie à la Mecque. Ils visitèrent Jérusalem et Hébron et, en chemin, il les initia aux mystères de la divinité. Il décéda en Palestine à l’âge de soixante-dix-sept ans. Que Dieu le sanctifie.</p>
<p>Le trente-septième : Charbabak al-A’jamî. Il apprit le <a href="https://comprendrelislam.fr/islam-pluriel/une-synthese-de-la-doctrine-alaouite/"><em>Dastûr</em></a> mais l’oublia par la suite. Il eut peine à le supporter, de même que ses amis qui le réprimandèrent, de sorte qu’il se mit à boire d’une « boisson pure » jusqu’à en mourir. Il décéda à Hamadan à l’âge de trente ans.</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p>Al-Khasîbî, leader de la communauté nousayrie au milieu du Xe siècle eut, dit-on, cinquante-et-un disciples. Le <em>Kitâb khayr al-sanî’a</em> consacre à chacun une courte notice. Celles qui ont été sélectionnées ci-dessous contiennent un certain nombre d’informations importantes. Tout d’abord, elles témoignent de la diffusion de la doctrine, non seulement en Syrie, mais aussi en Irak (Bagdad, Takrit), en Palestine, en Égypte et en Iran (Hamadan). Elles illustrent ensuite le prosélytisme actif de ses adeptes, qui convertirent et initièrent des chrétiens et des juifs, mais aussi des hommes de pouvoir, comme l’émir bouyide Râs Bâch al-Daylâmî ou ce Ala al-Dîn, gouverneur de Takrit. Enfin, elles attestent de ce que, très tôt déjà, les nousayris avaient commencé à s’établir dans l’ouest de la Syrie actuelle et dans les montagnes qui, depuis le Moyen Âge, constituent leur sanctuaire contre l’oppression des gouvernants sunnites.</p>
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		<title>La répression de la révolte alaouite de 1316</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 09:52:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Alaouites]]></category>
		<category><![CDATA[Chiisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mamlouks]]></category>
		<category><![CDATA[Minorités musulmanes]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie médiévale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source : Ibn Batt&#xFB;ta (mort en 1368), Voyages et p&#xE9;riples, dans Charles-Dominique Paule, Voyageurs arabes, La Pl&#xE9;iade, 1995, p.&#xA0;439-440. La plupart des habitants de cette r&#xE9;gion, dit-il, appartiennent &#xE0; la secte des nu&#x1E63;ayr&#x12B;s, qui croient qu&#x2019;Al&#xEE; ibn Ab&#xEE; T&#xE2;lib est un dieu ; ils ne prient, ni ne sont circoncis, ni ne je&#xFB;nent. Le roi [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source : I</strong><strong>bn Battûta (mort en 1368), <em>Voyages et </em>périples, dans Charles-Dominique Paule, <em>Voyageurs arabes</em>, La Pléiade, 1995, p. 439-440.</strong></p>
<p>La plupart des habitants de cette région, dit-il, appartiennent à la secte des <em>nuṣayrīs</em>, qui croient qu&rsquo;Alî ibn Abî Tâlib est un dieu ; ils ne prient, ni ne sont circoncis, ni ne jeûnent. Le roi al-Zâhir [Baybars] les avait obligés à construire des mosquées dans leurs villages. Ils ont donc édifié une mosquée dans chaque village, mais loin des habitations ; cependant ils n&rsquo;y pénètrent pas, ni ne les fréquentent. Souvent leurs troupeaux et leurs bêtes de somme y logent. Parfois, lorsqu&rsquo;un étranger vient chez eux, il fait halte dans la mosquée et appelle à la prière. Ces gens lui disent : »Ne brais pas comme un âne, on va t&rsquo;apporter ton fourrage ! » Les nuṣayris sont nombreux. On m&rsquo;a raconté qu&rsquo;un inconnu arriva dans le pays des nuṣayris et dit être le Mahdî ; les gens accoururent et cet homme leur promit qu&rsquo;ils deviendraient maîtres du pays ; il partagea donc entre eux la Syrie et désigna la part qui revenait à chacun, puis leur ordonna de se rendre [chacun] dans son royaume. Il leur remettait des feuilles d&rsquo;olivier et leur disait : « Exhibez-les, car elles sont des sortes d&rsquo;ordres qui vous confèrent la propriété de ce pays. » Lorsque l&rsquo;un de ces nuṣayris allait dans la région qui lui avait été attribuée, l&rsquo;émir le faisait comparaître. Le Nusayri lui disait : « L&rsquo;imâm mahdî m&rsquo;a donné ce pays. &#8211; Où est ton ordre ? » Alors le Nusayri exhibait les feuilles d&rsquo;olivier. On le battait et on l&#8217;emprisonnait. Ensuite, cet individu leur ordonna de se préparer à combattre les musulmans, en commençant par attaquer la ville de Jabala. Il leur prescrivit de prendre, en guise de sabres, des baguettes de myrte et leur promit qu&rsquo;elles se muraient en sabres lorsqu&rsquo;ils combattraient. Ils arrivèrent par surprise dans la ville de Jabala tandis que les habitants célébraient la prière du vendredi. Alors ils entrèrent dans les maisons et violèrent les femmes. Les fidèles se ruèrent hors de la mosquée, prirent leurs armes et les massacrèrent comme ils le voulurent. La nouvelle parvint à Lattaquié et l&rsquo;émir Bahâdûr Abd Allâh arriva avec ses troupes. On lâcha des pigeons-voyageurs vers Tripoli et l&rsquo;émir des émirs survint aussi avec son armée. On poursuivit les nuṣayris et on en tua environ vingt mille. Les survivants se retranchèrent dans les montagnes et envoyèrent un message au prince des émirs pour l&rsquo;informer qu&rsquo;ils s&rsquo;engageaient à verser un dinar par tête si le prince voulait bien les épargner. Mais la nouvelle de ces incidents avait été communiquée par pigeons voyageurs à al-Malik al-Nâsir [sultan mamlouk de 1285 à 1341] qui répondit de les passer par le fil de l&rsquo;épée. Le prince des émirs tâcha de faire revenir le roi sur sa décision, en lui faisant valoir que les nuṣayris étaient ouvriers laboureurs au compte des musulmans et que, donc, si on les supprimait, les musulmans en seraient affaiblis. Alors le roi ordonna de les épargner.</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p>Le voyageur Ibn Battûta (1304-1377), que l&rsquo;on surnomme parfois le « Marco Polo arabe » en raison de l&rsquo;étendue exceptionnelle de son périple à travers le monde musulman médiéval et ses confins, visite la Syrie vers 1326 avant de se rendre en pèlerinage à La Mecque. A cette époque, la région est contrôlée par les Mamlouks d&rsquo;Egypte et leur sert de glacis défensif face à la menace des Ilkhanides, la dynastie mongole qui contrôle l&rsquo;Irak et le monde iranien. La révolte des paysans alaouites est donc perçue comme un danger intérieur par les gouverneurs au service des Mamlouks, qui partagent par ailleurs avec Ibn Battûta un fort sentiment anti-chiite. Ibn Battûṭa  est le seul voyageur arabe médiéval à faire mention des Nousayris, sans que l’on puisse savoir avec certitude s’il a réellement parcouru la montagne. En effet, les informations qu’il rapporte restent très générales et le seul événement précis qu’il évoque, la révolte de 1316, est par ailleurs bien documenté par les historiens arabes. Quoi qu’il en soit, Ibn Battûta décrit la région après qu&rsquo;elle eut été partiellement pacifiée par les sultans mamlouks. Ce passage contient un certain nombre d&rsquo;informations importantes. Les Nousayris apparaissent comme une population rurale, paysanne, soumise à un régime féodal. Les villes sont sunnites tandis que les campagnes sont alaouites. Mais la terre ne leur appartient pas, et s&rsquo;ils la travaillent, c&rsquo;est pour le compte de propriétaires terriens sunnites. Cet état de choses peut expliquer des révoltes sporadiques, qu&rsquo;elles soient ou non attisées par un prédicateur ou un prétendu prophète. Surtout, il atteste sans ambiguïté de la présence en nombre, majoritaire, des Nousayris dans la région au milieu du XIVe siècle, et même avant puisque l&rsquo;émir Baybars, qui régna de 1259 à 1278, y mena une campagne de pacification et y fit construire, dit-on, des mosquées. C’est donc bien entre la fin du Xe siècle et le milieu du XIIIe que s’est opéré l’essentiel du regroupement dans les montagnes côtières, dont le milieu naturel constituait une bonne protection contre la répression du pouvoir central.</p>
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		<title>Une synthèse de la doctrine alaouite</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 15:36:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source : premi&#xE8;re page du carnet dans lequel un jeune initi&#xE9; a recopi&#xE9; sous la dict&#xE9;e du cheikh le Kit&#xE2;b al-dast&#xFB;r, ouvrage dont la m&#xE9;morisation constitue la premi&#xE8;re &#xE9;tape de l&#x2019;initiation &#xE0; la doctrine alaouite. Commentaire &#xC9;galement appel&#xE9; Kit&#xE2;b al-majm&#xFB;, il est form&#xE9; de seize courts chapitres, appel&#xE9;s sourates, qui font la synth&#xE8;se de la [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source : première page du carnet dans lequel un jeune initié a recopié sous la dictée du cheikh le <em>Kitâb al-dastûr</em>, ouvrage dont la mémorisation constitue la première étape de l’initiation à la doctrine alaouite.</strong></p>
<div id="attachment_83524" style="width: 1034px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-83524" class="wp-image-83524 size-large" src="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/05/Kitab-al-Dastur-1024x694.jpg" alt="Le Kitab al-Dastûr constitue la base de l'apprentissage de la doctrine alaouite" width="1024" height="694" srcset="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/05/Kitab-al-Dastur-980x664.jpg 980w, https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/05/Kitab-al-Dastur-480x325.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /><p id="caption-attachment-83524" class="wp-caption-text">Première page du Kitab al-Dastûr (collection personnelle B. Paoli)</p></div>
<h5><strong>Commentaire<br />
</strong></h5>
<p>Également appelé <em>Kitâb al-majmû</em>, il est formé de seize courts chapitres, appelés sourates, qui font la synthèse de la doctrine alaouite. Cet ouvrage est transmis au fidèle lors de son initiation. Nous ne possédons aucun renseignement sur sa composition et sur son auteur. La tradition dit que les textes qu’il contient sont la parole et les commandements d’Ali que le Prophète Mahomet aurait remis aux douze <em>naqib</em>, cités dans la seizième sourate, et à vingt-quatre <em>najib</em> la nuit d&rsquo;al-Aqaba dans le Ouadi Mina, près de la Mecque. En réalité, le fait qu’y soient mentionnés al-Khasibi, leader de la communauté au Xe siècle, et deux de ses successeurs, al-Jilli et al-Tabarani, incite plutôt à croire qu’il s’agit d’un ouvrage plus tardif, composé au plus tôt au milieu du Xe siècle, sinon plus tard.</p>
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		<title>Histoire et religion des Alaouites de Syrie.  Épisode 2</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 14:56:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La communaut&#xE9; alaouite de Syrie a &#xE9;t&#xE9; projet&#xE9;e sous les feux de l&#x2019;actualit&#xE9; &#xE0; l&#x2019;occasion des dramatiques &#xE9;v&#xE9;nements qui secouent le pays depuis 2011&#xA0;: stigmatis&#xE9;e par certains, en tant que communaut&#xE9; au pouvoir (car c&#x2019;est d&#x2019;elle que sont issus le pr&#xE9;sident de la R&#xE9;publique, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels),&#xA0;elle s&#x2019;est retrouv&#xE9;e victimis&#xE9;e par [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La communauté alaouite de Syrie a été projetée sous les feux de l&rsquo;actualité à l&rsquo;occasion des dramatiques événements qui secouent le pays depuis 2011 : stigmatisée par certains, en tant que communauté au pouvoir (car c&rsquo;est d&rsquo;elle que sont issus le président de la République, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels), elle s’est retrouvée victimisée par d’autres, parce que ses membres appartiennent à la communauté du pouvoir, dont ils seraient non pas tant les complices que les otages. La vérité doit se situer quelque part entre les deux. L&rsquo;expression trop souvent entendue ou lue dans les médias de « régime alaouite » témoigne d’un amalgame trompeur entre un groupe humain et un pouvoir qui en serait en quelque sorte l’émanation. Elle masque une réalité plus complexe, celle d’une communauté qui, comme toute autre, est riche d’une longue histoire et traversée par des clivages plus ou moins visibles et durables, par des hiérarchies mouvantes et par toutes sortes de rapports d&rsquo;influence, de clientèle ou de rivalité.</p>
<h5><strong>Ethnogenèse d&rsquo;une communauté religieuse</strong></h5>
<p>L’histoire des nousayris, aujourd&rsquo;hui appelés alaouites, reste mal connue. La question se pose notamment de savoir comment une doctrine somme toute marginale, réservée à un groupe d’initiés gravitant dans l’entourage des imams chiites, s’est progressivement incarnée dans la société au point de délimiter de manière exclusive une communauté particulière, aujourd’hui forte de plus de deux millions et demi d’âmes.</p>
<p>Au vu des rares informations disponibles, sa genèse peut être schématiquement décomposée en deux phases : à une première phase de prédication et de diffusion de la doctrine succéda une période de repli et de regroupement progressif dans une « montagne-refuge », la chaîne côtière qui borde le pourtour nord-est du bassin méditerranéen, du nord du Liban au sud de la Turquie, en passant par la Syrie. Ce double processus est à l’évidence lié aux circonstances politiques. La phase de diffusion (Xe siècle et début du XIe) est contemporaine de « l’âge d’or » du chiisme, l’époque où les dynasties chiites fatimides (au Caire), hamdanides (à Alep) et bouyides (à Bagdad) dominaient la région. Quant à la phase de repli (XIe-XIIIe siècles), elle coïncide avec la fin de cet âge d’or et à la reprise en main sunnite (Seldjoukides, Ayyoubides, Mamelouks), synonyme de persécutions et de marginalisation pour tous les groupes musulmans hétérodoxes.</p>
<h5><strong>La phase de diffusion (Xe-XIe siècles)</strong></h5>
<p>Au Xe siècle, dans un contexte politique favorable et au prix d’une activité missionnaire intense, la doctrine alaouite fut donc diffusée dans tout l’Orient musulman et nombre d&rsquo;hommes de pouvoir y furent initiés, y compris chez les Fatimides ismaéliens d&rsquo;Égypte : des disciples d’al-Khasibi, leader de la communauté à l’époque, dispensaient leur enseignement dans la mosquée Ibn Touloun du Caire, tandis qu’un prince fatimide, Ismat al-Dawla, transmettait et commentait, dans son<em> Épître égyptienne</em>, les enseignements de son maître alaouite, Abû al-Fath al-Baghdadi. Du Caire à Bagdad en passant par Alep, les alaouites étaient partout, dédiant leurs ouvrages au hamdanide Sayf al-Dawla ou au bouyide Bakhtiyar, mais aussi, déjà, bien implantés en Syrie centrale et côtière, entre Lattaquié, Tripoli et Hama, qui demeure jusqu’à nos jours leur foyer principal.</p>
<h5><strong>La phase de repli (XIe-XIIIe siècles)</strong></h5>
<p>Puis le vent tourna : des dynasties sunnites succédèrent aux dynasties chiites et c’est dans les montagnes côtières que se regroupèrent progressivement les alaouites. Au début du XIIe siècle, nombre de châteaux de la région étaient aux mains de potentats locaux qui auraient joué un rôle dans la préservation de la doctrine. Il paraît fort probable que ces derniers soient, pour partie au moins, à l’origine de certains des clans alaouites actuels. C’est le cas, par exemple, de ceux qu’on appelle aujourd’hui Mahariza, qui sont de toute évidence les descendants des Banû Muhriz des XIe et XIIe siècles, lesquels possédaient vraisemblablement la forteresse de Marqab, la Margat des Croisés. Un siècle plus tard, un certain Hasan Ibn al-Makzûn al-Sindjari, membre de la grande tribu arabe des Ghassanides, serait venu au secours des nousayris des montagnes côtières où il se serait finalement établi et aurait vécu jusqu&rsquo;à sa mort, en 1240. Trois des quatre groupes alaouites actuels, Kalbiyyé, Haddadin et Matawira, se réclament de sa descendance.</p>
<p>Le témoignage d&rsquo;Ibn Battûta (mort en 1377) est extrêmement précieux. Dans son récit de voyage, il nous informe que « la plupart des habitants de cette région appartiennent à la secte des nousayris, qui croient que Ali ibn Abi Taleb est un dieu ; ils ne prient, ni ne sont circoncis, ni ne jeûnent ». Il raconte ensuite comment, en 1316, une révolte de paysans nousayris de la région de Jablé fut matée dans le sang par les Mamelouks : « La nouvelle [de la révolte] parvint à Lattaquié et l’émir Bahâdûr Abd Allâh arriva avec ses troupes [&#8230;]. On poursuivit les nusayris et on en tua environ vingt mille. Les survivants se retranchèrent dans les montagnes et envoyèrent un message au prince des émirs [i.e. le gouverneur mamelouk de Damas] pour l’informer qu’ils s’engageaient à verser un dinar par tête si le prince voulait bien les épargner. Mais la nouvelle de ces incidents avait été communiquée par pigeons voyageurs à al-Malik al-Nâsir [sultan mamelouk de 1285 à 1341] qui ordonna de les passer par le fil de l’épée. Le prince des émirs tâcha de faire revenir le roi sur sa décision, en lui faisant valoir que les nusayris étaient ouvriers laboureurs au compte des musulmans et que, donc, si on les supprimait, les musulmans en seraient affaiblis. Alors le roi décida de les épargner ».</p>
<p>Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les puissances qui dominèrent la région, Mamelouks et Ottomans en particulier, n’eurent de cesse de « pacifier » et d’« islamiser » les montagnes alaouites, sans grand succès, mais en causant invariablement des dégâts considérables lorsqu’ils s’y aventuraient pour collecter les impôts ou pour mener des expéditions punitives. Si ces expéditions étaient le plus souvent motivées par des raisons qui n&rsquo;étaient pas tant religieuses (faire le djihad contre les hérétiques) que politiques (contrôler et administrer le territoire) et économiques (lever les impôts), il n&rsquo;en reste pas moins que la violence exercée en ces occasions était, d&rsquo;une certaine manière, légitimée par un discours religieux fondamentalement hostile.</p>
<h5><strong>Pour aller plus loin</strong></h5>
<p>Paoli, Bruno, « La diffusion de la doctrine nuṣayrie au IXe/Xe siècle d’après le Kitāb ḫayr al-ṣanī’a du cheikh Ḥusayn Mayhūb Ḥarfūš », <em>Arabica</em>, 2011, 58/1-2, p. 19-52.</p>
<p>Paoli, Bruno, « Note sur l’ethnogenèse de la communauté alaouite de Syrie », <em>Mélanges de l’Université Saint-Joseph, </em>2013, 64, p. 315-339.</p>
<p>Paoli, Bruno, « Des Alaouites de Syrie : 4. le rôle fédérateur de Ḥasan b. Yūsuf al-Makzūn al-Sinğārī », <em>Les Carnets de l’Ifpo</em>, 2013 (<a href="http://ifpo.hypotheses.org/4997">http://ifpo.hypotheses.org/4997</a>).</p>
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