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	<title>Fatimides | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<description>Religions Débats Hsitoire</description>
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	<title>Fatimides | Comprendre l&#039;Islam</title>
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		<title>Histoire et religion des Alaouites de Syrie.  Épisode 2</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 14:56:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Approfondir]]></category>
		<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[Alaouites]]></category>
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		<category><![CDATA[Syrie médiévale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La communaut&#xE9; alaouite de Syrie a &#xE9;t&#xE9; projet&#xE9;e sous les feux de l&#x2019;actualit&#xE9; &#xE0; l&#x2019;occasion des dramatiques &#xE9;v&#xE9;nements qui secouent le pays depuis 2011&#xA0;: stigmatis&#xE9;e par certains, en tant que communaut&#xE9; au pouvoir (car c&#x2019;est d&#x2019;elle que sont issus le pr&#xE9;sident de la R&#xE9;publique, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels),&#xA0;elle s&#x2019;est retrouv&#xE9;e victimis&#xE9;e par [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La communauté alaouite de Syrie a été projetée sous les feux de l&rsquo;actualité à l&rsquo;occasion des dramatiques événements qui secouent le pays depuis 2011 : stigmatisée par certains, en tant que communauté au pouvoir (car c&rsquo;est d&rsquo;elle que sont issus le président de la République, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels), elle s’est retrouvée victimisée par d’autres, parce que ses membres appartiennent à la communauté du pouvoir, dont ils seraient non pas tant les complices que les otages. La vérité doit se situer quelque part entre les deux. L&rsquo;expression trop souvent entendue ou lue dans les médias de « régime alaouite » témoigne d’un amalgame trompeur entre un groupe humain et un pouvoir qui en serait en quelque sorte l’émanation. Elle masque une réalité plus complexe, celle d’une communauté qui, comme toute autre, est riche d’une longue histoire et traversée par des clivages plus ou moins visibles et durables, par des hiérarchies mouvantes et par toutes sortes de rapports d&rsquo;influence, de clientèle ou de rivalité.</p>
<h5><strong>Ethnogenèse d&rsquo;une communauté religieuse</strong></h5>
<p>L’histoire des nousayris, aujourd&rsquo;hui appelés alaouites, reste mal connue. La question se pose notamment de savoir comment une doctrine somme toute marginale, réservée à un groupe d’initiés gravitant dans l’entourage des imams chiites, s’est progressivement incarnée dans la société au point de délimiter de manière exclusive une communauté particulière, aujourd’hui forte de plus de deux millions et demi d’âmes.</p>
<p>Au vu des rares informations disponibles, sa genèse peut être schématiquement décomposée en deux phases : à une première phase de prédication et de diffusion de la doctrine succéda une période de repli et de regroupement progressif dans une « montagne-refuge », la chaîne côtière qui borde le pourtour nord-est du bassin méditerranéen, du nord du Liban au sud de la Turquie, en passant par la Syrie. Ce double processus est à l’évidence lié aux circonstances politiques. La phase de diffusion (Xe siècle et début du XIe) est contemporaine de « l’âge d’or » du chiisme, l’époque où les dynasties chiites fatimides (au Caire), hamdanides (à Alep) et bouyides (à Bagdad) dominaient la région. Quant à la phase de repli (XIe-XIIIe siècles), elle coïncide avec la fin de cet âge d’or et à la reprise en main sunnite (Seldjoukides, Ayyoubides, Mamelouks), synonyme de persécutions et de marginalisation pour tous les groupes musulmans hétérodoxes.</p>
<h5><strong>La phase de diffusion (Xe-XIe siècles)</strong></h5>
<p>Au Xe siècle, dans un contexte politique favorable et au prix d’une activité missionnaire intense, la doctrine alaouite fut donc diffusée dans tout l’Orient musulman et nombre d&rsquo;hommes de pouvoir y furent initiés, y compris chez les Fatimides ismaéliens d&rsquo;Égypte : des disciples d’al-Khasibi, leader de la communauté à l’époque, dispensaient leur enseignement dans la mosquée Ibn Touloun du Caire, tandis qu’un prince fatimide, Ismat al-Dawla, transmettait et commentait, dans son<em> Épître égyptienne</em>, les enseignements de son maître alaouite, Abû al-Fath al-Baghdadi. Du Caire à Bagdad en passant par Alep, les alaouites étaient partout, dédiant leurs ouvrages au hamdanide Sayf al-Dawla ou au bouyide Bakhtiyar, mais aussi, déjà, bien implantés en Syrie centrale et côtière, entre Lattaquié, Tripoli et Hama, qui demeure jusqu’à nos jours leur foyer principal.</p>
<h5><strong>La phase de repli (XIe-XIIIe siècles)</strong></h5>
<p>Puis le vent tourna : des dynasties sunnites succédèrent aux dynasties chiites et c’est dans les montagnes côtières que se regroupèrent progressivement les alaouites. Au début du XIIe siècle, nombre de châteaux de la région étaient aux mains de potentats locaux qui auraient joué un rôle dans la préservation de la doctrine. Il paraît fort probable que ces derniers soient, pour partie au moins, à l’origine de certains des clans alaouites actuels. C’est le cas, par exemple, de ceux qu’on appelle aujourd’hui Mahariza, qui sont de toute évidence les descendants des Banû Muhriz des XIe et XIIe siècles, lesquels possédaient vraisemblablement la forteresse de Marqab, la Margat des Croisés. Un siècle plus tard, un certain Hasan Ibn al-Makzûn al-Sindjari, membre de la grande tribu arabe des Ghassanides, serait venu au secours des nousayris des montagnes côtières où il se serait finalement établi et aurait vécu jusqu&rsquo;à sa mort, en 1240. Trois des quatre groupes alaouites actuels, Kalbiyyé, Haddadin et Matawira, se réclament de sa descendance.</p>
<p>Le témoignage d&rsquo;Ibn Battûta (mort en 1377) est extrêmement précieux. Dans son récit de voyage, il nous informe que « la plupart des habitants de cette région appartiennent à la secte des nousayris, qui croient que Ali ibn Abi Taleb est un dieu ; ils ne prient, ni ne sont circoncis, ni ne jeûnent ». Il raconte ensuite comment, en 1316, une révolte de paysans nousayris de la région de Jablé fut matée dans le sang par les Mamelouks : « La nouvelle [de la révolte] parvint à Lattaquié et l’émir Bahâdûr Abd Allâh arriva avec ses troupes [&#8230;]. On poursuivit les nusayris et on en tua environ vingt mille. Les survivants se retranchèrent dans les montagnes et envoyèrent un message au prince des émirs [i.e. le gouverneur mamelouk de Damas] pour l’informer qu’ils s’engageaient à verser un dinar par tête si le prince voulait bien les épargner. Mais la nouvelle de ces incidents avait été communiquée par pigeons voyageurs à al-Malik al-Nâsir [sultan mamelouk de 1285 à 1341] qui ordonna de les passer par le fil de l’épée. Le prince des émirs tâcha de faire revenir le roi sur sa décision, en lui faisant valoir que les nusayris étaient ouvriers laboureurs au compte des musulmans et que, donc, si on les supprimait, les musulmans en seraient affaiblis. Alors le roi décida de les épargner ».</p>
<p>Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les puissances qui dominèrent la région, Mamelouks et Ottomans en particulier, n’eurent de cesse de « pacifier » et d’« islamiser » les montagnes alaouites, sans grand succès, mais en causant invariablement des dégâts considérables lorsqu’ils s’y aventuraient pour collecter les impôts ou pour mener des expéditions punitives. Si ces expéditions étaient le plus souvent motivées par des raisons qui n&rsquo;étaient pas tant religieuses (faire le djihad contre les hérétiques) que politiques (contrôler et administrer le territoire) et économiques (lever les impôts), il n&rsquo;en reste pas moins que la violence exercée en ces occasions était, d&rsquo;une certaine manière, légitimée par un discours religieux fondamentalement hostile.</p>
<h5><strong>Pour aller plus loin</strong></h5>
<p>Paoli, Bruno, « La diffusion de la doctrine nuṣayrie au IXe/Xe siècle d’après le Kitāb ḫayr al-ṣanī’a du cheikh Ḥusayn Mayhūb Ḥarfūš », <em>Arabica</em>, 2011, 58/1-2, p. 19-52.</p>
<p>Paoli, Bruno, « Note sur l’ethnogenèse de la communauté alaouite de Syrie », <em>Mélanges de l’Université Saint-Joseph, </em>2013, 64, p. 315-339.</p>
<p>Paoli, Bruno, « Des Alaouites de Syrie : 4. le rôle fédérateur de Ḥasan b. Yūsuf al-Makzūn al-Sinğārī », <em>Les Carnets de l’Ifpo</em>, 2013 (<a href="http://ifpo.hypotheses.org/4997">http://ifpo.hypotheses.org/4997</a>).</p>
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		<title>Les fêtes chrétiennes à Jérusalem et au Caire selon l’historien melkite Yahyâ ibn Sa‘îd d’Antioche (XIe siècle)</title>
		<link>https://comprendrelislam.fr/islam-et-alterite/les-fetes-chretiennes-a-jerusalem-et-au-caire-selon-lhistorien-melkite-yahya-ibn-said-dantioche-xie-siecle/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=les-fetes-chretiennes-a-jerusalem-et-au-caire-selon-lhistorien-melkite-yahya-ibn-said-dantioche-xie-siecle</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Boudier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Oct 2021 08:40:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam et altérité]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[chrétiens]]></category>
		<category><![CDATA[Dhimma]]></category>
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		<category><![CDATA[Fêtes religieuses]]></category>
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		<category><![CDATA[Le Caire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source : Yahy&#xE2; ibn Sa&#x2018;&#xEE;d al-Ant&#xE2;k&#xEE;, Histoire, &#xE9;d. arabe et trad. I. Kratchkovsky et A. Vasiliev, Histoire de Yahy&#xE2; Ibn Sa&#x2018;&#xEE;d d&#x2019;Antioche, Patrologia Orientalis t. 23 fasc. III, 1932 (n&#xB0;114), p. 487-488. &#xC0; J&#xE9;rusalem, c&#x2019;&#xE9;tait la coutume des chr&#xE9;tiens, coutume observ&#xE9;e tous les ans, le dimanche des Rameaux, de porter un grand olivier de l&#x2019;&#xE9;glise [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Source : Yahyâ ibn Sa‘îd al-Antâkî, <em>Histoire</em>, éd. arabe et trad. I. Kratchkovsky et A. Vasiliev, <em>Histoire de Yahyâ Ibn Sa‘îd d’Antioche</em>, <em>Patrologia Orientalis</em> t. 23 fasc. III, 1932 (n°114), p. 487-488.</p>
<p>À Jérusalem, c’était la coutume des chrétiens, coutume observée tous les ans, le dimanche des Rameaux, de porter un grand olivier de l’église appelée de Lazare jusqu’à celle de la Résurrection ; entre ces églises séparées par une grande distance, l’arbre était porté à travers les rues de la ville au milieu des lectures et des prières. La croix était portée publiquement. Le gouverneur (<em>wâlî</em>) de la ville montait à cheval avec toute sa suite accompagnant les chrétiens et faisant écarter la foule.</p>
<p>À Misr (Fustât) ainsi que dans le reste du pays existait également l’usage en cette fête d’orner les églises avec des rameaux d’olivier et des touffes de feuilles de palmier, et puis d’en distribuer en ce même jour au peuple, en vue de la bénédiction.</p>
<p>Cette année [398/1008] al-Hâkim défendit aux habitants de Jérusalem d’observer cet usage et interdit de le suivre dans aucune des provinces de son empire, il défendit de porter des rameaux de feuilles d’olivier ou des rameaux de palmier dans n’importe quelle église, rien de pareil ne devait se trouver entre les mains d’un musulman ou d’un chrétien ni des autres personnes ; la prohibition était extrêmement rigoureuse. (…)</p>
<p>Au Caire c’était l’habitude des chrétiens la nuit de la fête du Baptême qu’au début de la nuit le chef de police de la partie inférieure de la ville, suivi d’un grand cortège et monté à cheval, suivît un palanquin devant lequel on portait des cierges allumés, dont on se sert en procession, ainsi qu’un grand nombre de torches ; il parcourait les rues, en proclamant parmi le peuple que cette nuit-là les musulmans ne se mêlassent pas aux chrétiens pour ne pas déranger leur fête. En effet les chrétiens, à l’aube après cette nuit, se rendaient au bord du Nil, et beaucoup d’entre eux s’y baignaient.</p>
<p>C’était en particulier l’usage des melkites en cette nuit de sortir de l’église cathédrale, qui se trouvait à Qasr al-Shâm‘, connue sous le nom de l’église de Michel, en grande troupe, en exécutant des chants agréables et mélodieux, en portant ostensiblement des croix et un grand nombre de cierges allumés, pour se rendre en procession sur le bord du Nil, avec prières, en priant à haute voix pendant tout le trajet. L’évêque, leur chef, prononçait un sermon en arabe, faisant des vœux pour le sultan et ses proches selon son désir ; puis ils s’en retournaient dans le même ordre à leur église pour y achever leurs prières.</p>
<p>Al-Hâkim lui-même avait durant de nombreuses années assisté à cette fête. Tous les habitants de Misr, ainsi que tous les représentants de différentes communions religieuses à Misr goûtaient en cette fête tant de plaisir et de joie, qu’ils n’en éprouvaient en d’autres jours de l’année et en d’autres fêtes. Mais en l’an 400/1010, al-Hâkim défendit toutes ces pratiques à tous ; il ne permit à personne, quel qu’il fût, sans exception, de faire rien dans ce genre pendant cette nuit et ce jour. Il ordonna de s’abstenir de cette fête, ni d’en parler, que son jour fût comme tous les autres, qu’on ne s’y préparât plus et qu’on n’en fît plus mention.</p>
<p><strong>Commentaire</strong></p>
<p>Yahyâ ibn Sa‘îd est un chroniqueur melkite écrivant en arabe, exemple de l’arabisation littéraire de cette communauté chrétienne au Moyen Âge. Natif d’Égypte, il se réfugie à Antioche (alors sous domination byzantine) vers 1014 : il fait partie des exilés chrétiens qui fuient les mesures religieuses radicales – quoiqu’éphémères – du calife fatimide du Caire al-Hâkim, dont l’extrait évoque un aspect : l’interdiction de la célébration de deux fêtes chrétiennes dans l’empire fatimide en 1008-1010. Cette mesure est l’occasion pour le chroniqueur melkite de décrire les usages jusqu’alors associés à ces fêtes.</p>
<p>L’interdiction porte en premier lieu sur la célébration publique de la fête des Rameaux ou des Palmes (qui commémore l’accueil triomphal du Christ par les foules de Jérusalem munies de palmes et de branchages, quelques jours avant sa Passion). Cette fête prend un éclat particulier à Jérusalem : une procession part de l’église de Lazare (située hors de la ville, à l’est) et se dirige vers l’église de la Résurrection ou Saint-Sépulcre, principal lieu saint chrétien de Jérusalem construit autour des vestiges associés par la tradition à la Passion (Calvaire) et à la Résurrection (tombeau vide). La présence du gouverneur atteste la participation et le contrôle du représentant local du pouvoir musulman – en l’occurrence fatimide, puisque la Palestine fait partie du territoire gouverné depuis Le Caire par cette dynastie. Les Rameaux sont également célébrés dans la métropole égyptienne de Fustât (actuel Vieux-Caire), située juste au sud de la capitale califale al-Qâhira, mais c’est surtout la fête du Baptême de Jésus (dans le Jourdain, auquel le Nil sert ici de substitut) qui est décrite par le chroniqueur comme une occasion privilégiée de reconnaissance mutuelle entre le pouvoir califal et les autorités ecclésiastiques de la capitale, ainsi que comme une occasion de réjouissances populaires y compris pour les musulmans. Ce texte témoigne, avec d’autres, du fait que les prescriptions des juristes interdisant les croix et les manifestations publiques du christianisme n’étaient pas nécessairement reprises ni exécutées par les gouvernants.</p>
<p>L’interdiction de ces festivités chrétiennes s’inscrit dans une série de mesures restrictives exceptionnelles prises par al-Hâkim envers les chrétiens (ainsi qu’à l’encontre des juifs et des musulmans sunnites), qui s’accumulent à l’approche de l’an 400 de l’Hégire (1010) et culminent avec l’ordre de détruire le Saint-Sépulcre en 1009 – épisode dont l’écho parvint jusqu’en Occident.</p>
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