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	<title>Muhammad | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<description>Religions Débats Hsitoire</description>
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	<title>Muhammad | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<item>
		<title>Dévotion et recours à Muhammad dans la littérature populaire d’Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Constant Hamès]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Jan 2022 16:46:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Découvrir]]></category>
		<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[Dalā'il]]></category>
		<category><![CDATA[Islam en Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Mawlid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l&#x2019;attestation de sa croyance, le musulman, qu&#x2019;il soit d&#x2019;Afrique ou d&#x2019;ailleurs, nomme d&#x2019;abord All&#xE2;h, la divinit&#xE9; unique, puis Muhammad son proph&#xE8;te et envoy&#xE9;. Dans la formule, les deux entit&#xE9;s sont intimement li&#xE9;es par la conjonction &#xAB;&#xA0;et&#xA0;&#xBB;&#xA0;: &#xAB;&#xA0;J&#x2019;atteste qu&#x2019;il n&#x2019;y a de dieu qu&#x2019;All&#xE2;h et que Muhammad est son proph&#xE8;te&#xA0;&#xBB;. Qu&#x2019;en est-il dans la pratique [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans l’attestation de sa croyance, le musulman, qu’il soit d’Afrique ou d’ailleurs, nomme d’abord Allâh, la divinité unique, puis Muhammad son prophète et envoyé. Dans la formule, les deux entités sont intimement liées par la conjonction « et » : « J’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allâh et que Muhammad est son prophète ». Qu’en est-il dans la pratique de cette double croyance ? Nous n’examinerons que quelques écrits historiques liés aux manifestations de dévotion vis-à-vis du Prophète en Afrique.</p>
<p>Sa proximité avec les gens, à travers les représentations qu’ils peuvent en avoir, est facilitée par sa nature humaine. « Dis : je suis assurément un être humain comme vous » (Coran, XVIII, 110). Le même verset prévient cependant qu’on ne peut associer personne d’autre à l’adoration de son Seigneur, mise en garde qui renvoie allusivement à Jésus et au christianisme.</p>
<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-82963 alignleft" src="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/01/imagehames1-300x225.jpg" alt="Muhammad,Afrique,littérature populaire,Allâh,Prophète,Coran,Maghreb" width="300" height="225" /></p>
<p>On peut suivre quelques jalons historiques de cette dévotion à partir du Maghreb puisque c’est de là que l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest et du Centre-Ouest est partie. Et c’est là qu’apparaissent les premières manifestations écrites de défense et d’hommage au Prophète.</p>
<p>Au XIe siècle, à Ceuta, un maître musulman, Qâdî ‘Iyâd, enseigne à ses étudiants un grand traité de sa composition, portant sur l’apologie du Prophète et les bienfaits qu’on peut retirer de sa vénération. Ses cours sont recopiés et assemblés en un ouvrage qui a été lu et commenté durant les siècles suivants, jusqu’à aujourd’hui. « La guérison(<em>al-shifâ’</em>) par la connaissance des vérités de l’élu » s’évertue à mettre en garde contre les critiques qui pourraient être émises à l’encontre du Prophète, de ses vertus et de ses qualités qu’il expose longuement tout en présentant les prières qu’il faut lui adresser pour en obtenir les bienfaits désirés. L’auteur n’hésite pas à qualifier de <em>kâfir</em> (incroyant) toute personne qui s’engagerait dans le dénigrement du Prophète.</p>
<p>À partir de sa diffusion et de son enseignement, ce livre va soutenir un courant populaire de piété envers le Prophète et générer ainsi toute une filière d’ouvrages dédiés à la glorification de Muhammad.</p>
<p>Le mouvement de piété prophétique, surtout constitué de rituels de récitation collective ou individuelle, a été porté par l’essor, à partir des XIIIe-XIVe siècles, des idées et pratiques soufies dans l’islam. C’est ainsi que l’ouvrage sur le Prophète le plus célèbre et le plus répandu, le <em>Dalâ’il al-khayrât</em> (« Le guide des bienfaits (…) par la prière sur le Prophète élu »), est sorti des mains de l’imâm al-Jazûlî (m. 1465), disciple du grand maître soufi du XIIIe siècle, Abû al-Hassan al-Shâdhilî (m. 1258). L’ouvrage est constitué d’un recueil de prières sur le Prophète, à réciter selon différentes modalités, en une, trois voire quatre fois, ou en partie chaque jour de la semaine. On y retrouve des litanies et invocations reprises de la tradition dévotionnelle initiée par Qâdî ‘Iyâd, comme la récitation des 201 noms attribués au Prophète, déjà présents chez ce dernier. « Ce livre, écrit al-Jazûlî, a pour propos la remémoration de la prière sur le Prophète ainsi que de ses vertus. J’ai rassemblé ces prières sans faire mention de leurs transmetteurs, pour faciliter leur approche par le récitant. Ces prières sont des plus importantes pour qui veut se rapprocher du seigneur des seigneurs ».</p>
<p>L’ouvrage, copié de génération en génération par les populations du Maghreb, où il est né, du Sahara, de l’Afrique de l’Ouest et de l’Est, et finalement de l’ensemble du monde musulman jusqu’en Malaisie, est d’un petit format, d’une centaine de feuillets, ce qui permet de le porter en bandoulière à l’intérieur d’une boîte en métal et laiton ou en tissu ou cuir brodés.</p>
<p>On serait en droit de faire du <em>Dalâ’il </em>le best-seller des ouvrages populaires musulmans manuscrits. Des congrégations d’adeptes, notamment dans les milieux soufis, se sont formées autour de sa récitation qui se fait de façon psalmodiée et n’est pas sans rappeler la récitation coranique. Signe qu’un phénomène socio-religieux de grande ampleur se manifeste à travers lui, des ouvrages similaires se sont mis à fleurir un peu partout. Parmi les plus connus, le <em>Tanbîh al-anâm </em>(« Avertissement à l’humanité) est tunisien, du XVIe siècle ; un autre est éthiopien, <em>al-fath al-rahmâni</em> (« L’éveil miséricordieux »), du XVIIIe siècle. La concurrence fut rude, comme peut en témoigner cette note préliminaire d’une prière sur le Prophète, provenant d’un manuscrit de Sokoto (Nord-Nigeria) : « Celui qui récite une fois cette prière le vendredi, recevra une grâce équivalente à la récitation de 10 000 fois le <em>Dal</em><em>â</em><em>’</em><em>il al-khayr</em><em>â</em><em>t</em> » ! Durant tous ces siècles, tout bon lettré en Afrique musulmane se devait de composer, lui aussi, des prières, des poèmes, des invocations en l’honneur de Muhammad. Ce fut le cas au XVIIe siècle, au Sahara de l’Ouest, d’al-Yadalî, auteur mystique, qui composa à son tour une <em>qasîda</em> (poème) de 71 vers en éloge au Prophète. L’orientaliste Louis Massignon (1883-1962) en a fait un commentaire assez réservé, pointant « le resserrement de l’idée religieuse islamique en Occident autour de la personne unique du Prophète », (…) « de l’homme parfait que fut le Prophète », et il s’interroge : « Qu’y devient Allah ? » Il rappelle à cette occasion le passage de Qâdî ‘Iyâd qui « qualifie de <em>kâfir</em> tout musulman qui apporterait quelque restriction aux qualités, vertus et attributs du Prophète ». <a href="#_ftn2" name="_ftnref2"></a>Reprenant cette critique, les Wahhabites saoudiens ont mis l’ouvrage en tête de leur liste de livres interdits.</p>
<p>Ainsi, si la récitation du <em>Dal</em><em>â</em><em>’</em><em>il</em>, selon des modalités et avec des objectifs divers, demeure la manifestation rituelle paradigmatique de la dévotion envers le Prophète, il s’en est développée une autre qui se situe à l’intérieur du calendrier festif musulman et célèbre le Prophète à travers l’anniversaire de sa naissance. La cérémonie qui se déroule à cette occasion est célébrée dans toute l’Afrique musulmane mais elle est particulièrement développée en Afrique de l’Est sous le nom de <em>Maulidi an-nabi</em>. Son rituel central comporte une longue récitation d’un texte écrit pour glorifier le Prophète et le jour de sa naissance. On ajoute à ce texte, appelé également <em>maulidi</em>, le nom de ses auteurs, par exemple <em>maulidi Barzanji</em>, pour l’un des plus connus. Organisés le plus souvent sous l’égide des confréries soufies, les récitations de <em>maulidi</em> sont accompagnés de danses, de musique, de rythmes et de choix de poèmes où la langue <em>swahili</em> de l’Afrique de l’Est est souvent mise en valeur.</p>
<p>On constate que les deux instruments de la pratique dévotionnelle envers Muhammad sont constitués de récitations, souvent collectives, basées sur des écrits qui leur servent de guide, de support de lecture, sur le même modèle donc que le Coran, dont la récitation, avant tout orale, s’est basée sur un écrit perfectionné progressivement.</p>
<p>Ainsi, dans le domaine dévotionnel, l’Afrique (Maghreb y compris) se montre intimement et profondément attachée à la figure du Prophète, et c’est cette dévotion qui a fait éclore une littérature considérable de prières qui lui sont adressées, littérature insuffisamment étudiée, notamment dans ses formes et son expansion et dans son impact social et religieux.</p>
<p><strong>Pour aller plus loin :<br />
</strong></p>
<p>Geert Mommersteeg, <span style="font-style: normal !msorm;"><em>In the City of the Marabouts: Islamic Culture in West Africa</em></span>, tanslated by Diane Webb, Waveland Press, 2012.</p>
<p>Louis Massignon, « Un poète saharien. La <em>qasîdah</em> d’Al-Yadali », <em>Revue du monde musulman</em>, 8, 1909, 200-205.</p>
<p>Alexandre Popovic, Gilles Veinstein, <span style="font-style: normal !msorm;"><em>Les </em></span><em>V<span style="font-style: normal !msorm;">oies d&rsquo;</span></em><em>A<span style="font-style: normal !msorm;">llah &#8211; les ordres mystiques dans le monde musulman des origines a aujourd&rsquo;hui</span></em><em>, </em>Paris, Fayard, 1996.</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"></a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;image guerrière du Prophète dans sa biographie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Adrien de Jarmy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Oct 2021 10:37:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam et violence]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Jihad]]></category>
		<category><![CDATA[Muhammad]]></category>
		<category><![CDATA[Sira du Prophète]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hass&#xE2;n ibn al-Th&#xE2;bit prononce des vers &#xE9;piques &#xE0; la bataille de Badr dans la S&#xEE;ra d&#x2019;Ibn Hish&#xE2;m (trad. Adrien de Jarmy) &#xAB; Le jour o&#xF9; leur multitude [les Quraysh] atteignait le mont Hira / dont les pieds apparaissent au lever du soleil. Nous les avons rencontr&#xE9;s avec notre arm&#xE9;e / Tels des lions de la [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Hassân ibn al-Thâbit prononce des vers épiques à la bataille de Badr dans la <em>Sîra</em> d&rsquo;Ibn Hishâm (trad. Adrien de Jarmy)</strong></p>
<p>« Le jour où leur multitude [les Quraysh] atteignait le mont Hira / dont les pieds apparaissent au lever du soleil. Nous les avons rencontrés avec notre armée / Tels des lions de la forêt vigoureux et rompus [au combat] / Défendant Muhammad au coeur de la bataille / Et l&rsquo;épaulant contre l&rsquo;ennemi. / Dans leurs mains des épées tranchantes / et des hampes de flèches attachées à l&rsquo;aide de noeuds épais. / Les fils de Aws les chefs, appuyés par / les fils de al-Najjâr fermes dans la religion. / Nous avons laissé Abû Jahl étendu et prosterné / et Utba nous l&rsquo;avons laissé sur le sol / Et Shayba aussi et les autres / De noble descendance. / Le Messager de Dieu les a appelés / Lorsque nous les avons jeté dans la fosse. / « Avez-vous constaté que j&rsquo;ai dit la vérité ? / Et que le commandement de Dieu saisit les coeurs « ? Ils ne dirent mot. Mais s&rsquo;ils avaient parlé, ils auraient dit / « Tu avais raison et ta sentence est bonne ».</p>
<p><strong>Commentaire</strong></p>
<p>Une fois la victoire obtenue contre les Quraysh à Badr, les musulmans jettent les morts ennemis dans une fosse commune. Le poète attitré de Muhammad Hassan ibn Thâbit prononce alors des vers qui résonnent comme une sentence contre ceux qui se sont dressés contre le Prophète. La <em>Sîra</em> est parsemée de vers dont on ne trouve aucune trace dans les textes plus anciens. Ce type de poésie participe activement à la tonalité épique de la narration et à l&rsquo;héroïsation du personnage de Muhammad. Le Prophète est aussi connu pour avoir invoqué le secours des anges durant la bataille de Badr (voir l&rsquo;illustration de la bataille de Badr dans le <em>Siyar al-nabi</em> ottoman, vers 1595). L&rsquo;événement continue d&rsquo;être perçu jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui comme un des grands moments de l&rsquo;histoire des débuts de l&rsquo;Islam.</p>
<p><strong>Muhammad prédit l&rsquo;expansion de l&rsquo;Islam lors de la préparation de la bataille d&rsquo;al-Khandaq (la Fosse) dans la Sîra d&rsquo;Ibn Hishâm (trad. Adrien de Jarmy)</strong></p>
<p>« Ibn Ishâq a dit : on a raconté que Salmân le Persan a dit : je creusais dans un coin de la fosse, quand m’est apparu un rocher ; et le Messager de Dieu était près de moi, et quand il me vit frapper avec force à cet endroit, alors il descendit vers moi et me prit la pioche de la main, puis il frappa un coup et un éclair brilla sous la pioche, puis il frappa un autre coup, et un autre éclair brilla sous celle-ci. Et il frappa un troisième coup, et un autre éclair brilla sous celle-ci. [Salmân] dit : Qu’est-ce que j’ai vu briller sous la pioche alors que tu frappais ? [Muhammad répondit] Tu as donc vu cela Salmân ? J’ai répondu oui. [Muhammad] dit : Lors du premier [coup de pioche], Dieu m’a ouvert la conquête du Yémen ; lors du deuxième, Dieu m’a ouvert la conquête du nord (<em>Shâm</em>) et de l’Occident (Maghreb) ; lors du troisième, Dieu m’a ouvert la conquête de l’Orient (<em>Mashreq</em>) ».</p>
<p><strong>Commentaire</strong></p>
<p>Dans cet extrait de la <em>Sîra</em> d&rsquo;Ibn Hishâm largement repris par les traditionnistes musulmans postérieurs, Muhammad participe au creusement d&rsquo;une fosse qui doit protéger Médine de l&rsquo;attaque imminente des Quraysh. Alors que son compagnon Salmân le Persan tombe sur un rocher trop résistant pour être brisé, le Prophète le brise sans difficulté en trois coups de pioche. À chaque coup, Muhammad reçoit une prédiction qui anticipe l&rsquo;expansion de l&rsquo;Islam au Proche-Orient et tout autour de la Méditerranée. L&rsquo;anecdote attribue à Muhammad une force surnaturelle et des pouvoirs de prémonition. Surtout, elle vient légitimer les conquêtes a posteriori et la politique impériale des califes abbassides du IXe siècle. L&rsquo;expansion de l&rsquo;Islam et la formation de l&rsquo;Empire abbasside ont été décidées par Dieu. La figure guerrière de Muhammad est mise au service d&rsquo;un discours politique contre les revendications territoriales du grand rival, l&rsquo;Empire byzantin, et sert à légitimer le pouvoir aux yeux des dhimmis, les populations chrétiennes et juives qui forment encore la majorité de l&rsquo;espace contrôlé par le califat.</p>
<p>&nbsp;</p>
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