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	<title>nom | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<description>Religions Débats Hsitoire</description>
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		<title>Le nom arabe médiéval</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jacqueline Sublet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Sep 2024 14:27:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Découvrir]]></category>
		<category><![CDATA[Droit et société]]></category>
		<category><![CDATA[généalogie]]></category>
		<category><![CDATA[kunya]]></category>
		<category><![CDATA[nom]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La transmission du savoir a longtemps &#xE9;t&#xE9; un programme majeur au sein de la section arabe de l&#x2019;Institut de recherche et d&#x2019;histoire des textes (IRHT). Afin de faciliter l&#x2019;acc&#xE8;s &#xE0; la riche litt&#xE9;rature biographique et narrative en terre d&#x2019;islam, consacr&#xE9;e non seulement aux transmetteurs de hadiths mais aussi &#xE0; toutes les personnes du monde musulman [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La transmission du savoir a longtemps été un programme majeur au sein de la section arabe de l’Institut de recherche et d’histoire des textes (IRHT). Afin de faciliter l’accès à la riche littérature biographique et narrative en terre d’islam, consacrée non seulement aux transmetteurs de hadiths mais aussi à toutes les personnes du monde musulman ayant fait autorité dans un domaine de savoir déterminé, l’IRHT a réuni des chercheurs du monde entier autour du projet « <em>Onomasticon arabicum </em>», initié par mes soins, alors que j’étais responsable de la section arabe. L’étude du nom arabe dans sa complexité et sa diversité était un préalable indispensable à cette entreprise.</p>
<p>Dans le Coran (2 : 31) il est dit : « Dieu a enseigné à Adam tous les noms », ce que l’on peut comprendre à la lumière du hadith attribué au prophète Muhammad, rapporté par al-Bukhârî (<em>Kitâb al-tafsîr</em>, chapitre 3, 4206), comme étant « le nom de toute chose ». C’est ainsi que le nom arabe médiéval en terre d’islam contient « cette exigence d’universalité : tout savoir, tout recenser, se remettre tout en mémoire à travers les noms des personnes »</p>
<p>À partir du IIIe/IXe siècle, et jusqu’à la fin de l’époque ottomane, historiens et biographes se sont attelés à réunir dans des répertoires, parfois encyclopédiques, l’ensemble des informations concernant tous les personnages identifiés par les sources depuis le début de l’islam avec un souci premier : éviter les homonymies (<span style="font-style: normal !msorm;"><em>mushtabi</em></span><span style="font-style: normal !msorm;"><em>h</em></span>). On estime que les notices biographiques de 100 000 personnages, ayant vécu au cours des dix premiers siècles de l’hégire, sont parvenus jusqu’à nous. Dans ces ouvrages qui constituent un pan important de l’historiographie musulmane, ils sont généralement classés en ordre alphabétique – plus ou moins strict – des <em>ism</em>, ou suivant leur date de mort.</p>
<p>Chaque individu reçoit à la naissance un premier nom, appelé <em>ism </em>ou <em>ism ‘alam</em>, auquel s’agrègent les maillons d’une chaîne plus ou moins longue, qui croît au long de leur vie. Réunis, ces maillons forment le récit de vie de chaque individu. Dans leurs ouvrages, les historiens médiévaux ajoutent un ensemble d’informations biographiques, et éventuellement la liste des maîtres et des disciples.</p>
<div id="attachment_84522" style="width: 210px" class="wp-caption alignright"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-84522" class="size-medium wp-image-84522" src="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2024/09/Ibn_al_Fuwati-Damas_Zahiriyya_267-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /><p id="caption-attachment-84522" class="wp-caption-text">Ibn al-Fuwâtî. Damas Zāhiriyya (Maktabat al-Asad)</p></div>
<p><span style="font-weight: normal !msorm;"><strong>Les</strong></span> <span style="font-weight: normal !msorm;"><strong>éléments</strong></span><span style="font-weight: normal !msorm;"><strong> du nom </strong></span><strong>se déclinent </strong><span style="font-weight: normal !msorm;"><strong>en</strong></span><span style="font-weight: normal !msorm;"><strong> trois grands ensembles : </strong></span></p>
<p>1- La généalogie (<em>nasab</em>)</p>
<p>En plus de son nom (<em>ism</em>), chaque individu reçoit celui de son père (<em>ism</em> <em>al-ab</em>) et de plusieurs de ses ancêtres : celui de son grand-père (<em>ism al-jadd</em>) et de son arrière-grand-père (<em>ism</em> <em>jadd al-jadd</em>), le plus souvent masculins. Par exemple, Ahmad b. Muhammad b. Ibrâhîm b. Ahmad. Ou encore, Fâtima bt. ‘Abd al-Wahhâb bt. Muhammad. Il n’est pas rare de remonter jusqu’à la 5e génération.</p>
<p>2- Les surnoms</p>
<p>Sont ici réunis quatre éléments du nom, rarement transmissibles, qui sont mis en évidence pour désigner un personnage à un moment de sa vie.</p>
<p>Il peut s’agir de :</p>
<p>une <em>shuhra</em>, à savoir un nom par lequel une personne a été le plus connue de son vivant, voire après sa mort. Ce peut-être des noms en lien avec une caractéristique physique, comme al-Jâhiz (aux yeux exorbités) ou al-A‘raj (le boiteux). Une <span style="font-style: normal !msorm;"><em>shuhra</em></span> est susceptible d’être un nom précédé de Ibn (fils de), comme Ibn Khaldûn, Ibn Rushd, et également une <em>kunya,</em> par exemple Abû Shâma ou une <em>nisba</em> al-Qastalânî, etc.;</p>
<p>un <em>laqab</em>, composé avec <em>al-dawla</em>, <em>al-dîn</em> et leurs équivalents (<em>mulk</em>), nom qui indique à l’origine une relation au pouvoir temporel, ou encore à la religion Par exemple, Sayf al-Dîn (l’épée de la religion), ‘Adud al-Dawla (le bras de l’Etat), Nizâm al-Mulk (l’ordre du Pouvoir) ;</p>
<p>un <em>talqîb</em>, élément du nom consacré à la titulature ou à un nom honorifique comme al-Malik al-Zâhir (Le roi manifeste), al-Âmir bi-Amr Allâh (Commandant ce que Dieu ordonne).</p>
<p>La définition par les auteurs médiévaux des <em>alqâb </em>est particulièrement étendue et fluctuante. Lorsqu’il figure dans une chaîne onomastique, le <em>laqab </em>ou <em>talqīb </em>n’a pas de place déterminée.</p>
<p>&#8211; une <em>kunya</em>, dont le premier terme est <em>Abû</em> (père) ou <em>Umm</em> (mère) au féminin. Par exemple : Abû ‘Alî, Umm Ahmad.</p>
<p>À l’époque médiévale, la présence d’une <em>kunya </em>est une quasi nécessité. La première utilisation rappelle la filiation : père ou mère. Mais il existe aussi une <em>kunya</em>-echo qui est déduite de l’<em>ism </em>comme ‘Alî Abû l-‘Alâ’, ou encore une <em>kunya</em> qui exprime une qualité morale ou implique une notion de bienfait, comme Abû l-Faraj, littéralement « qui exprime la joie, la consolation ». Enfin une <em>kunya</em>-surnom, comme Abû Turâb (le poussiéreux), qui fut la <em>kunya </em>du quatrième calife ‘Alî.</p>
<p>La <em>kunya</em> est l’élément du nom que les biographes mettent le plus souvent en avant lorsqu’ils rédigent les notices de leurs recueils biographiques.</p>
<p>3- Les noms de relation (<span style="font-style: normal !msorm;"><em>nisba</em></span>)</p>
<p>Toujours composé avec le suffixe <em>î</em> au masculin, et <em>iyya</em> au féminin, le nom de relation (<em>nisba</em>) exprime la relation verticale ou horizontale d’un individu avec son environnement. Verticalement, la <em>nisba </em>rattache un personnage à un ascendant, une tribu, ou encore un ancêtre, comme al-Kindî (tribu des Banû Kinda), al-Tamîmî (descendant des Banû Tamîm). Horizontalement, c’est le lien avec un lieu, une autorité, une situation personnelle qui s’exprime.</p>
<p>Les <em>nisba-</em>s sont en particulier :</p>
<p>&#8211; des noms rappelant les lieux qu’un personnage a visités ou dans lesquels il a séjourné. Par exemple, al-Misrî (Égyptien), al-Dimashqî (Damascain), al-Madanî (Médinois) ;</p>
<p>&#8211; des noms rappelant la relation à un maître, un ami, un personnage célèbre ;</p>
<p>&#8211; des noms faisant état d’une particularité physique. Par exemple, al-Ru’âsî (celui à la grosse tête), al-Ahwal (le louche) ;</p>
<p>&#8211; des noms rappelant l’adhésion d’un individu à une religion, une école juridique ou un courant théologique : al-Nasrânî (le Chrétien), al-Mâlikî (d’obédience malékite), al-Ash‘arî (d’école ash‘arite) ;</p>
<p>&#8211; des noms rappelant le métier d’un individu : al-Saydalānī (le pharmacien), al-Iskâfî (le cordonnier). La plupart des noms de métier n’ont pas la terminaison <em>&#8211;</em><em>î</em>, ils sont construits sur le schème <em>fa‘‘âl</em> comme al-‘Attâr (l’herboriste), al-Haddâd (le forgeron), al-Baqqâl (l’épicier).</p>
<p><span style="font-weight: normal !msorm;"><strong>Les </strong></span><span style="font-weight: normal !msorm;"><strong>ascendances : </strong></span></p>
<p>À ces trois grands ensembles, les historiens et biographes médiévaux ajoutent parfois des précisions afférentes à l’ascendance des personnages.</p>
<p>On le constate, le nom arabe médiéval est complexe et d’une grande richesse. Si les individus reçoivent dès la naissance un <em>ism </em>et une <em>kunya</em>, auxquels peut s’ajouter un <em>laqab, </em>essentiellement pour les hommes, ils héritent ou reçoivent tout au long de leur vie d’autres noms qui forgent leur identité. En fonction des sources, chaque personne est désignée par une forme longue (répertoires biographiques) ou une forme abrégée (documents juridiques, correspondances). La structure est précise : <em>ism</em>, <em>nasab</em>, <em>kunya</em>, <em>laqab</em>, <em>nisba </em>priment dans le premier cas ; <em>kunya</em>, <em>ism</em>, <em>ism al-ab </em>et une ou deux <em>nisba-</em>s, dans le second.</p>
<p>Si les personnages féminins sont bien moins nombreux dans les sources biographiques, leur chaîne onomastique est semblable, à cette différence près qu’elles ne reçoivent pas de <em>laqab, </em>mais des « surnoms » que j’appelle « noms de substitution » ou « noms de bon augure », par lesquels leurs contemporains les désignent, à la place de leur <em>ism</em>. Ainsi, Fâtima, <em>wa-tud‘â </em>(et on l’appelle) Mubâraka (la bénie), <em>wa-tusammâ </em>(et on la nomme) Sa‘îda (l’heureuse), bt. (fille de).</p>
<p>Depuis 2019, la base de données « <span style="font-style: normal !msorm;"><em>Onomasticon</em></span> <span style="font-style: normal !msorm;"><em>arabicum</em></span> », librement accessible sur internet, donne accès aux notices de plus de 28 000 personnages de l’islam médiéval, avec la possibilité de les repérer à partir de n’importe quel élément de leur nom, mais aussi à partir d’une date ou d’un événement marquant survenu au cours de leur vie (<a href="https://onomasticon.irht.cnrs.fr/">https://onomasticon.irht.cnrs.fr</a>). Cette base permet également de faire des recherches croisées plus complexes, qui donnent un éclairage sur la transmission du savoir en terre d’islam.</p>
<h1>Références bibliographiques</h1>
<p><em>&#8211; Cahiers d’onomastique arabe</em>, éd. du CNRS, 5 volumes, 1979-1992.</p>
<p>&#8211; J. Sublet, <em>Le voile du nom. Essai sur le nom propre arabe</em>, Paris, PUF, 1991 ; trad. arabe par Sélim M. Barakat, <em>Ḥisn al-ism. Qirāʾāt fī l-asmāʾ al-ʿarabiyya</em>, Damas, Ifead, 1999.</p>
<p><em>&#8211; </em>C. Müller, M. Roiland et J. Sublet, <em>Onomasticon</em><em> Arabicum. La base de données OA online (OA3-version 2018)</em> : <a href="https://onomasticon.irht.cnrs.fr/">https://onomasticon.irht.cnrs.fr</a></p>
<p><u> </u></p>
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