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	<title>Ottomans | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<description>Religions Débats Hsitoire</description>
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	<title>Ottomans | Comprendre l&#039;Islam</title>
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		<title>L&#8217;Empire ottoman : conquêtes et traités</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Bouquet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jan 2025 09:56:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam et altérité]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[conquête]]></category>
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		<category><![CDATA[diplomatie]]></category>
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		<category><![CDATA[traité de paix]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ci-apr&#xE8;s quelques extraits, r&#xE9;f&#xE9;renc&#xE9;s et s&#xE9;lectionn&#xE9;s par l&#x2019;auteur afin de mettre en exergue les diff&#xE9;rents aspects de l&#x2019;Empire ottoman, durant les diverses p&#xE9;riodes de son r&#xE8;gne et de son expansion. Ils refl&#xE8;tent aussi bien l&#x2019;aspect conqu&#xE9;rant de l&#x2019;Empire, &#xE0; travers les moments cruciaux de ses conqu&#xEA;tes de l&#x2019;Occident, et soulignent sa politique de gestion et [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ci-après quelques extraits, référencés et sélectionnés par l’auteur afin de mettre en exergue les différents aspects de l’Empire ottoman, durant les diverses périodes de son règne et de son expansion. Ils reflètent aussi bien l’aspect conquérant de l’Empire, à travers les moments cruciaux de ses conquêtes de l’Occident, et soulignent sa politique de gestion et de diplomatie.</p>
<p><em>Secrétaire du divan de l’ancien grand vizir Mahmud Pacha, Tursun Bey a été témoin de la plupart des événements du règne de Mehmed II qu’il expose dans un ouvrage rédigé v. 1488. Voici un extrait de la description qu’il donne du début du siège de la ville.</em></p>
<p>Tursun Bey, <em>Tarih-i Ebu-l-feth</em>, dans Vincent Déroche et Nicolas Vatin<em>, Constantinople 1453. Des Byzantins aux Ottomans</em>. Textes et documents, réunis, traduits et présentés sous la direction de, Toulouse, éd. Anacharsis, 2016, p. 209 :</p>
<p>« [&#8230;] le <em>padi</em><em>şah</em> victorieux enfourcha le cheval de la victoire. [&#8230;]. Il s’approcha de la forteresse, fit jouer les tambours qui ornent la victoire et ordonna : « Par la grâce de Dieu (qu’Il soit exalté), pillage ! » Dieu est le plus grand ! Ils poussèrent en avant les ambassadeurs du terme fatal et messagers du trépas, autrement dit les canons qu’ils avaient préparés auparavant. Avant que les mécréants étourdis se fussent remis du choc des boulets, le signal du combat fut donné de tous les côtés et les <em>gazi</em> montèrent à l’assaut par escouades aux cris de « Allah, Allah ! », pareils à des lions rugissants. Une pluie de flèches commença à tomber du nuage des arcs. »</p>
<p><em>Alphonse V d’Aragon et de Naples entendait disputer à Gênes et Venise leur suprématie sur la scène orientale. Dans la lettre suivante où il annonce la nouvelle du désastre oriental, il accable les Occidentaux. Il porte une lourde part de responsabilité dans l’entreprise de propagande qui se déchaîne contre Gênes à partir de l’été 1453.</em></p>
<div id="attachment_84591" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-84591" class="size-medium wp-image-84591" src="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2025/01/Empire-ottoman-en-1593-300x261.jpg" alt="Empire ottoman en 1002/1593" width="300" height="261" /><p id="caption-attachment-84591" class="wp-caption-text">Empire ottoman (en 1002/1593)</p></div>
<p>Alphonse V d’Aragon, lettre au pape Nicolas V, 6 juillet 1453, cité in V. Déroche et N. Vatin<em>, Constantinople 1453, Des Byzantins aux Ottomans</em>, op.cit., p. 577-578 :</p>
<p>« Très saint père, etc. Ces tout derniers jours, il nous a été rapporté que les Turcs ont pris d’assaut la ville de Constantinople. [&#8230;] S’il en est comme il est rapporté par la rumeur, à moins assurément que le Dieu suprême ne se préoccupe promptement des affaires de ses fidèles, il n’est point douteux que toute la partie orientale sera soumise sous peu à la très cruelle tyrannie du Grand Turc, dévastée par lui de fond en comble et jetée dans la destruction ultime, ce qu’à Dieu ne plaise ! »</p>
<p>G. Veinstein, « Les fondements juridiques de la diplomatie ottomane », <em>Orient Moderne</em>, 88 (2008), p. 516 :</p>
<p>« La durée de validité des traités avec les Habsbourg, adversaires principaux des Ottomans jusqu&rsquo;au XVIIIe siècle, reflète la situation propre de l&rsquo;Empire ottoman et révolution des rapports de force. On relève dix traites au cours du XVIe siècle. Le premier rut conclu en 1547 pour cinq ans. Les autres seront conclus pour huit ans, mais n&rsquo;iront généralement pas à leur terme. Le traite de Zsitvatorok en 1606, marque un tournant, sur ce point comme sur d&rsquo;autres, dans les rapports entre les deux États : il est conclu pour vingt ans.25 Les traites suivants auront la même durée, jusqu&rsquo;au traite de Karlowitz conclu en 1699 pour 25 ans, et celui de Passarowitz, conclu en 1718 pour 24 ans. Le traite de Belgrade, en1739, aura encore une durée de validité limitée, bien que portée à 27 ans. En revanche, entre temps, en 1747, un nouveau traité ottomano-habsbourgeois verra le jour, qui, pour la première fois, sera conçu comme un traité perpétuel. Le dernier lien avec le principe islamique du <em>ṣul</em><em>ḥ</em> est alors rompu, sous l&rsquo;effet de l&rsquo;occidentalisation forcée de la diplomatie ottomane. »</p>
<p>O. Bouquet,<em> Vie et mort du grand vizir. Halil Hamid Pacha (1736-1785). Biographie de l’Empire ottoman, </em>Paris<em>, </em>Les Belles lettres, 2022, p. 13-14:</p>
<p>« C’est le symbole de l’insigne fonction : « qui porte le sceau » devient grand vizir ; qui est « révoqué de son sceau » ne l’est plus. Des deux cent dix-huit grands vizirs que compte l’histoire ottomane, le seul qui l’eût jamais conservé fut le dernier de la liste, Ahmed Tevfik Pacha (m. 1936). À la suite de l’abolition du sultanat votée par la Grande Assemblée nationale de Turquie le 1er novembre 1922, la fonction de grand vizir fut supprimée. Le « maître du sceau » (<em>sahib-i mühr)</em> n’existait plus. Le « maître de l’État » (<em>sahib-i devlet</em>) non plus : Mehmed VI, le dernier des trente-six sultans ottomans, prenait le chemin de l’exil. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L&#8217;Empire ottoman : naissance et expansion</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Olivier Bouquet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Dec 2024 17:12:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Découvrir]]></category>
		<category><![CDATA[Islam et altérité]]></category>
		<category><![CDATA[Califat]]></category>
		<category><![CDATA[conquête]]></category>
		<category><![CDATA[Ottomans]]></category>
		<category><![CDATA[Sutlan]]></category>
		<category><![CDATA[Turcs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le sultan r&#xE9;ussit &#xE0; tenir en un seul bloc les territoires plac&#xE9;s sous son sceptre. Souvent, il sut nouer des alliances pragmatiques avec ses rivaux. Les pouvoirs centraux et locaux parvenaient &#xE0; leurs fins, par le jeu de la contrainte et de la persuasion, par une articulation entre r&#xE8;gles communes et adaptation au contexte local.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Fondé vers 1299 et disparu en 1922, l’État ottoman est l’une des plus vastes constructions politiques de l’époque moderne et contemporaine. À la fin du XVIe siècle, il s’étend sur trois continents (Afrique, Asie, Europe), du Yémen à la Bosnie, de la Crimée au Soudan, de l’Algérie à l’Irak. Il occupe jusqu’au tiers, ou au quart, selon les limites géographiques qu’on prête à celle-ci, de la superficie de l’Europe. Il est la dernière formation impériale du Proche-Orient et l’ultime expression de l’universalité du monde islamique. L’idéologie officielle, sunnite, d’école juridique (madhhab) hanéfite, gouverne des populations qui relèvent de tribunaux chaféites, malékites ou hanbalites, mais aussi des groupes rattachés au chiisme (duodécimain, ismaïlien ou hétérodoxe, comme les formations anatoliennes kızılbaş, désignées à partir de la fin du XIXe siècle sous le nom d’Alevis).</p>
<p>À ses débuts, le futur Empire ottoman est une chefferie semi-nomade, un beylik comme il en existe plusieurs en Anatolie depuis l’effondrement de l’Empire seldjoukide. Située en Bithynie, au sud-est de la Propontide (mer de Marmara), la petite principauté absorbe en moins de deux siècles les États qui l’entourent. Elle développe des technologies militaires performantes et met en œuvre des systèmes centralisés de prélèvement fiscal. Elle conserve la plupart des usages et traditions des pays dominés et s’accommode des pouvoirs locaux placés sous sa tutelle. Son chef se pose en semblable du Grand Seldjoukide dont il récupère le titre et la mission qui lui était jadis confiée : en 1395, le calife du Caire fait du bey Bayezid Ier le « sultan des terres byzantines » (<em>sultan al-Rum</em>), le chargeant ainsi de repousser les frontières du monde musulman en Europe.</p>
<p><strong>Les Ottomans en Occident</strong></p>
<p>L’histoire ottomane est étroitement liée à celle du continent européen. Les Turcs s’établissent dans les Balkans dès la seconde moitié du XIVe siècle. Après les Omeyyades de Cordoue, ils sont les seconds (les derniers) à fonder un empire islamique en Occident. En 1475, la partie européenne de l’Empire fournit 81 % des recettes du Trésor impérial. En 1512, 55 % environ de la population ottomane vit à l’ouest de Constantinople. Peuplée de 40 à 50 000 habitants, « la ville dont le monde rêve » (Ph. Mansel) est encore prospère. C’est un centre culturel de premier plan. Elle est sainte : un compagnon du Prophète, Ayyûb al-Ansârî, y a trouvé la mort en 672. À quatre reprises entre 1394 et 1422, les armées ottomanes échouent à la prendre. Le 29 mai 1453, le nouveau sultan Mehmed II perce les murailles de l’imprenable cité au terme de 54 jours d’un siège éreintant. Constantinople demeure Kostantiniyye durant toute l’époque ottomane. Mais elle est surtout « Islambol », c’est-à-dire « pleine d’Islam », et Istanbul, capitale omnivore de l’Empire.</p>
<p style="text-align: left;">1453 marque l’accomplissement d’une nouvelle <em>translatio imperii</em> : le <em>sultan al-Rum</em> revendique l’héritage de Rome. Mehmed II, le conquérant, se voyait en César et se rêvait en Alexandre. De fait, ses descendants ont reconstitué les territoires de Justinien. Et si, à l’ouest, Mehmed est chassé de la péninsule italienne au lendemain du sac d’Otrante (1480), à l’est, ses successeurs portent la nouvelle Rome dans des contrées où l’ancienne ne parvint jamais : au Hedjaz et au Yémen. Sa titulature intègre tout à la fois des traditions romaine (il se pense imperator, même s’il concède le titre aux Habsbourg en 1606), turque (il se dit fils de khan), persane (shah) et islamique (il est tout à la fois sultan et ghazi). Aux yeux des musulmans de son temps, il tire son prestige d’avoir réunifié la communauté musulmane et repris la conquête des terres infidèles. Il est le padishah (« seigneur de caractère royal ») de l’Islam, un souverain supérieur aux autres.</p>
<div id="attachment_84577" style="width: 211px" class="wp-caption alignright"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-84577" class="size-medium wp-image-84577" src="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2024/12/Sans-titre-201x300.jpg" alt="Siege of Constantinople BnF MS Fr 9087" width="201" height="300" srcset="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2024/12/Sans-titre-201x300.jpg 201w, https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2024/12/Sans-titre.jpg 326w" sizes="(max-width: 201px) 100vw, 201px" /><p id="caption-attachment-84577" class="wp-caption-text">Siège de Constantinople</p></div>
<p><strong>Dans le monde arabo-musulman</strong></p>
<p>Par sa victoire sur les Mamelouks d’Égypte en 1517, le sultan devient le principal héritier des empires islamiques du haut Moyen Âge. Il recueille la dignité de « serviteur des deux saints sanctuaires » ; il devient le protecteur du pèlerinage de la caravane annuelle et des routes qu’elle emprunte ; il installe au palais de Topkapı les reliques du Prophète rapportées du Caire. Il réunit sous son sceptre les villes saintes de l’islam (La Mecque, Médine, Jérusalem). À la suite de la campagne d’Irak de 1534, il y place aussi des tombeaux vénérés de l’islam sunnite et les principaux hauts sanctuaires du chiisme (Kerbela, Najaf et Samarra). Il domine la quasi-totalité des brillantes métropoles de l’Islam classique (Le Caire, Damas et Bagdad). Il dynamise des foyers de spiritualité soufie (Konya, l’ancienne capitale seldjoukide). Il édifie des complexes islamiques autour de ses mosquées impériales (Bursa, Edirne et Istanbul).</p>
<p>Jusqu’à la fin de l’Empire, le sultan se veut le champion de l’islam sunnite. Pendant plus de deux siècles, il combat régulièrement l’empereur safavide chiite. De cette assimilation du souverain à sa mission islamique, la titulature de Soliman (1520-1566) rend pleinement compte : « sultan des sultans du monde » et « sultan de l’Est et de l’Ouest », il est l’« l’ombre de Dieu sur les terres » et « le dispensateur de couronnes aux monarques de la terre et de l’époque ». Son fils Selim II entreprend des travaux à La Mecque et mobilise le butin de Chypre pour financer la construction d’une imposante mosquée qui domine Edirne, la Selimiye, œuvre inégalée du plus grand architecte de l’époque ottomane, Mimar Sinan (m. 1588). Cependant, ni lui ni ses successeurs n’ambitionnent de se rattacher au « califat suprême ». Le titre n’est mis en avant qu’à la fin du XVIIIe siècle pour des raisons avant tout stratégiques (afin de faire barrage à la politique d’expansion orientale de la Russie). D’une part, depuis la prise de Bagdad par les Mongols (1258), le califat n’est plus considéré comme un principe d’unité politique universelle. D’autre part, de nombreux hadiths réservent le califat à la descendance du Prophète. Or le sultan ne peut établir aucun rattachement à la généalogie qurayshite.</p>
<p>Ce qui était vrai pour les Omeyyades ou les Abbassides vaut aussi pour les Ottomans : dans les villes et les bourgs qui jalonnent un gigantesque territoire, il est possible de « discuter théologie et droit selon un vocabulaire et un code partout admis », « reconnaître, à tel rite observé, l’appartenance à telle école juridique », « s’émouvoir au tombeau d’un saint personnage » et « partager le même temps, scandé par les cinq prières quotidiennes » : autant de pratiques empreintes d’« une histoire, une culture, une quotidienneté et une sensibilité communes ». Pour autant, l’empire des Turcs n’est pas celui des Arabes : largement parlé en Asie Mineure, durablement introduit dans les Balkans, très peu pratiqué au Proche-Orient et en Afrique du Nord, le turc n’a jamais rayonné autant que l’arabe à l’âge classique, ni dans le culte, ni dans les échanges quotidiens, ni dans la pratique de l’écrit. Il a été la langue de l’administration, la langue que les vizirs employaient entre eux, fussent-ils d’origine albanaise, croate ou abkhaze, la langue d’une littérature lettrée et populaire, et la langue parlée par la majorité des musulmans d’Anatolie et des Balkans.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>L’expansion territoriale fut exceptionnelle parce que l’armée des sultans était puissante, le commandement centralisé, et le prélèvement des ressources adapté aux exigences de la conquête. Très tôt, l’État parvint à mobiliser des hommes pour la guerre au moyen d’un régime de dotations fiscales (timar) et d’un système inédit de recensement centralisé des revenus (<em>tahrir</em>). Syncrétique plus qu’orthodoxe, l’idéologie de la conquête associait sens de l’honneur et attrait pour le butin, s’imprégnait d’idéalisme et d’aventurisme, fédérait les combattants contre les émirs voisins. Le sultan réussit à tenir en un seul bloc les territoires placés sous son sceptre. Souvent, il sut nouer des alliances pragmatiques avec ses rivaux. Les pouvoirs centraux et locaux parvenaient à leurs fins, par le jeu de la contrainte et de la persuasion, par une articulation entre règles communes et adaptation au contexte local. Propriétaire des droits éminents sur la terre, l’autorité publique intervenait pour fixer le niveau de productions et le prix de denrées. Elle s’assurait constamment un accès privilégié aux matières premières stratégiques, tout en laissant aux entrepreneurs privés, aux familles et aux marchands le soin de produire et de vendre de quoi assurer la prospérité du pays.</p>
<p><strong>Pour aller plus loin : </strong></p>
<p><em>O. Bouquet, </em><em>Les Ottomans. Questions d’Orient, </em>Paris, CNRS Éditions, 2018.</p>
<p><em>O. Bouquet, Pourquoi l&rsquo;Empire Ottoman ? Six siècles d&rsquo;histoire</em>, Paris, Folio, 2022.</p>
<p>G. <span class="familyName">Veinstein</span>, <em>Les Ottomans</em><em>. Variations sur une société d&rsquo;Empire</em>, Paris, EHESS, col. « En temps et lieux », 2017.</p>
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		<title>Histoire et religion des alaouites de Syrie.  Épisode 3</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 10:53:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Approfondir]]></category>
		<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[Alaouites]]></category>
		<category><![CDATA[Chiisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mandat français en Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Ottomans]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Baath]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La communaut&#xE9; alaouite de Syrie a &#xE9;t&#xE9; projet&#xE9;e sous les feux de l&#x2019;actualit&#xE9; &#xE0; l&#x2019;occasion des dramatiques &#xE9;v&#xE9;nements qui secouent le pays depuis 2011&#xA0;: stigmatis&#xE9;e par certains, en tant que communaut&#xE9; au pouvoir (car c&#x2019;est d&#x2019;elle que sont issus le pr&#xE9;sident de la R&#xE9;publique, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels),&#xA0;elle s&#x2019;est retrouv&#xE9;e victimis&#xE9;e par [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://comprendrelislam.fr/islam-pluriel/histoire-et-religion-des-alaouites-de-syrie-episode-1/">La communauté alaouite de Syrie</a> a été projetée sous les feux de l&rsquo;actualité à l&rsquo;occasion des dramatiques événements qui secouent le pays depuis 2011 : stigmatisée par certains, en tant que communauté au pouvoir (car c&rsquo;est d&rsquo;elle que sont issus le président de la République, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels), elle s’est retrouvée victimisée par d’autres, parce que ses membres appartiennent à la communauté du pouvoir, dont ils seraient non pas tant les complices que les otages. La vérité doit se situer quelque part entre les deux. L&rsquo;expression trop souvent entendue ou lue dans les médias de « régime alaouite » témoigne d’un amalgame trompeur entre un groupe humain et un pouvoir qui en serait en quelque sorte l’émanation. Elle masque une réalité plus complexe, celle d’une communauté qui, comme toute autre, est riche d’une <a href="https://comprendrelislam.fr/islam-pluriel/histoire-et-religion-des-alaouites-de-syrie-episode-2/">longue histoire</a> et traversée par des clivages plus ou moins visibles et durables, par des hiérarchies mouvantes et par toutes sortes de rapports d&rsquo;influence, de clientèle ou de rivalité.</p>
<h5><strong>De l’Empire ottoman au Mandat français : un début d’émancipation</strong></h5>
<p>Aux XVIIe et XVIIIe siècles, quelques notables alaouites, au gré d’une conjoncture politique et économique favorable, commencèrent à jouer un rôle dans la vie de la région, mais il n’en reste pas moins que dans leur immense majorité, les alaouites restaient des paysans soumis à un régime quasi-féodal. Au XIXe siècle, l’affaiblissement de l’Empire ottoman et l’occupation égyptienne (1831-1841) contribuèrent à plonger la région dans l’anarchie, en une succession de révoltes sévèrement réprimées. Ce n’est qu’à la fin du siècle et au début du suivant que l’Empire ottoman, sous le règne du sultan Abdülhamid II (1876-1909), dans le but de contrecarrer l’influence grandissante de la France et, dans une moindre mesure, de la Grande-Bretagne et de la Russie, consentit de réels efforts pour intégrer les alaouites au tissu social, économique et politique de la région, permettant l’émergence de personnalités de premier plan comme Husayn Mayhoub Harfouch (1892-1959) et Sulayman al-Ahmad (1869-1942), qui s’illustrèrent par la création de nombreuses écoles et la promotion d’une éducation moderne.</p>
<p>Si le début du Mandat français (1920-1946) fut marqué par la révolte du cheikh Saleh al-Ali (1884-1950), finalement vaincu en 1922, c’est néanmoins à celui-ci que les alaouites doivent leur première véritable occasion de s’émanciper. En effet, la politique française visait à favoriser les minorités, chrétienne bien sûr, mais aussi druze et alaouite, pour contrecarrer et affaiblir la majorité sunnite et, ce faisant, les nationalistes arabes. Les Français s’essayèrent d’abord à la création d’une fédération d’États indépendants : un État alaouite fut créé en 1920 en même temps que l’État du Grand-Liban (Liban actuel), l’État de Damas et l’État d’Alep. Deux ans plus tard, en 1922, fut créé l’État druze, tandis qu’était décrétée l’autonomie du Sandjak d’Alexandrette, actuel Hatay turc. Cependant, ils durent finalement, sous la pression des nationalistes, accepter, en 1936, l’idée de l’unité de la Syrie. Parmi les alaouites, le débat fit rage à l’époque entre les partisans du rattachement à la Syrie et ceux qui prônaient la création d’un État indépendant, sans qu’il soit possible d’évaluer avec précision l’équilibre des forces en présence. Nombreux furent à l’époque les alaouites qui intégrèrent l’Armée française du Levant. En 1945, ils en constituaient près du tiers.</p>
<div id="attachment_83565" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-83565" class="wp-image-83565 size-medium" src="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/05/Image-billet-3-300x200.jpg" alt="Le drapeau alaouite de 1920" width="300" height="200" /><p id="caption-attachment-83565" class="wp-caption-text">Le drapeau de l’Etat alaouite, créé en 1920 par les Français</p></div>
<h5><strong>Les alaouites dans la Syrie indépendante : une intégration inachevée</strong></h5>
<p>Après l&rsquo;indépendance (1946), le début d&rsquo;intégration des alaouites (et des druzes) fut classé sans suite. Sous prétexte d&rsquo;abolir le système de représentation confessionnelle au Parlement, ce qui fut formellement fait en 1953, l&rsquo;État ne fit qu&rsquo;entériner la domination de la confession majoritaire et l&#8217;emprise sur la vie politique d&rsquo;une cinquantaine de grandes familles, essentiellement sunnites, dans un système où la concurrence se limitait à l&rsquo;ancestrale rivalité entre les Damascènes du Bloc national et les Alépins du Parti du peuple. Rien ne fut fait pour laïciser la vie sociale et politique. C’est d&rsquo;ailleurs seulement sous la pression des chrétiens que le projet de stipuler dans la constitution que l&rsquo;islam était religion d&rsquo;État fut abandonné au profit d&rsquo;un article, toujours en vigueur aujourd&rsquo;hui, précisant que l&rsquo;islam est la religion du chef de l&rsquo;État, ce qui, de fait, exclue l&rsquo;accession d&rsquo;un chrétien à cette fonction&#8230; Rien ne fut fait non plus pour redistribuer les terres. Au contraire, les grands propriétaires terriens continuèrent de mater avec la plus grande violence des révoltes paysannes sporadiques. Enfin, les mouvements de revendication druze et alaouite connurent le même sort, les deux communautés étant jugées coupables de collaboration avec les autorités mandataires.</p>
<p>Le destin de Sulayman Mourchid en fournit une bonne illustration. Né en 1907 dans une famille très modeste du village de Jawbat Bourghal, il eut, dès l&rsquo;âge de seize ans, des visions messianiques qui lui valurent très vite une grande popularité dans la montagne, à tel point que se constitua autour de lui un groupe indépendant au sein de la communauté alaouite, sous le nom tout sauf anodin de Ghasâsina (Ghassanides), groupe qui existe toujours et est aujourd&rsquo;hui connu sous le nom de <em>mourchidiyya</em>. Bénéficiant de la bienveillance des autorités mandataires, il devint vite l&rsquo;un des hommes les plus puissants de la région. Membre du Conseil représentatif de l&rsquo;État alaouite en 1936, il devint l&rsquo;année suivante député du Parlement syrien. On lui reprocha plus tard d&rsquo;avoir créé un véritable État dans l&rsquo;État, mais il s&rsquo;avère qu&rsquo;il ne menaçait pas tant l&rsquo;unité du jeune État syrien que les privilèges des grands propriétaires terriens de la région. Peu de temps après l&rsquo;indépendance, il fut arrêté avec une centaine de ses partisans et pendu sur la place publique en décembre 1946.</p>
<h5><strong>Les chemins du pouvoir</strong></h5>
<p>La suite est bien connue : ces deux leviers que sont l&rsquo;armée et les partis politiques de gauche permirent aux minoritaires de conquérir le pouvoir, puis aux alaouites de le monopoliser. Contrairement aux minoritaires pour qui l&rsquo;armée constituait un vrai « ascenseur social », les riches sunnites arabes, en général de grands propriétaires terriens, commirent l’erreur historique de négliger la hiérarchie militaire. Dès 1955, 65% des sous-officiers étaient alaouites et le Comité militaire chargé du recrutement dans les Académies militaires était dominé par les alaouites. Quant au parti Baath, son pouvoir d’attraction était grand : sa doctrine nationaliste arabe, laïque et socialiste était à même de mobiliser les minoritaires. Le 8 mars 1963, un coup d’État porta au pouvoir un groupe d’officiers baathistes ismaéliens, druzes et alaouites. Ces derniers éliminèrent progressivement les ismaéliens et les druzes. Salah Jadid dirigea ensuite le pays de 1966 à 1970, puis fut renversé par Hafez al-Assad, qui devint en 1971 le premier président alaouite de la République arabe syrienne. Il le resta jusqu’à sa mort en 2000, cédant alors la place à son fils, Bachar, qui gouverne depuis aux destinées du pays.</p>
<h5><strong>Pour en savoir plus</strong></h5>
<p>Paoli, Bruno, « Les alaouites du Proche-Orient dans l’histoire du Proche-Orient moderne : une intégration inachevée », <em>Confluences Méditerranée</em>, n°105 (été 2018), p. 65-77.</p>
<p>Winter, Stephan, <em>A History of the ‘Alawis. From Medieval Aleppo to the Turkish Republic</em>, Princeton/Oxford, Princeton University Press, 2016.</p>
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