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	<title>Syrie médiévale | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<title>Syrie médiévale | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<item>
		<title>Un texte inédit sur la diffusion de la doctrine alaouite en Syrie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 10:39:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article sans catégorie]]></category>
		<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source : extraits du Kit&#xE2;b khayr al-san&#xEE;&#x2019;a f&#xEE; mukhtasar t&#xE2;r&#xEE;kh ghul&#xE2;t al-ch&#xEE;&#x2019;a du cheikh &#x1E24;usayn Mayh&#xFB;b Harf&#xFB;sh, manuscrit in&#xE9;dit dont une copie est conserv&#xE9;e dans la biblioth&#xE8;que de l&#x2019;Institut fran&#xE7;ais du Proche-Orient &#xE0; Damas, trad. B. Paoli. Connaissance des disciples (awl&#xE2;d) du Sayyid Ab&#xFB; Abd All&#xE2;h al-&#x1E24;usayn ibn Hamdan al-Khas&#xEE;b&#xEE; Le premier : R&#xE2;s B&#xE2;ch [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source : extraits du <em>Kitâb khayr al-sanî’a fî mukhtasar târîkh ghulât al-chî’a </em>du cheikh Ḥusayn Mayhûb Harfûsh, manuscrit inédit dont une copie est conservée dans la bibliothèque de l’Institut français du Proche-Orient à Damas, trad. B. Paoli.<br />
</strong></p>
<p>Connaissance des disciples (<em>awlâd</em>) du Sayyid Abû Abd Allâh al-Ḥusayn ibn Hamdan al-Khasîbî</p>
<p>Le premier : Râs Bâch al-Daylâmî. D’origine irakienne, il fut initié à Bagdad après avoir assisté à un miracle d’al-Khasîbî. Un jour, ce dernier monta un chameau et, au moment où celui-ci voulait pénétrer une ruelle dont la porte était étroite, celle-ci s’agrandit afin de laisser passer l’animal. Seul Râs Bâch fut témoin de ce miracle, car il lui avait été demandé de faire le tour des rues et des commerces de Bagdad avec lui. Lorsqu’il vit ce miracle de ses propres yeux, il le fit descendre de chameau, lui baisa la main et se mit à son service. Par la suite, al-Khasîbî lui transmit son enseignement et composa une épitre à son nom, la <em>Risala râstbâchiyya</em>. Par la suite, [Râs Bâch] mémorisa le Coran et effectua le pèlerinage à la Mecque et à Jérusalem.</p>
<p>Le deuxième : Abû al-Hasan al-Bishrî. D’origine syrienne, il initia [aux principes de la doctrine] le prince Ala al-Dîn, gouverneur de Takrit, ainsi qu’une dizaine de villages [des environs] d’Alep. Que Dieu le sanctifie.</p>
<p>Le troisième : Yunûs al-Badî’î. D’origine syrienne, il composa des commentaires ésotérique et exotérique du Coran. Il emporta deux livres en Égypte : le <em>Kitâb al-Kâfi bi-l-jawab al-shafi</em>, et le <em>Kitâb al-mithal wa-l-sûra</em>. Tous deux sont attribués au Sayyid Abû Shu’ayb [Ibn Nusayr]. Personne ne connaissait l’existence de ces deux ouvrages en Égypte, de sorte que les croyants ne pouvaient les emprunter sans laisser en gage l’équivalent de leurs poids en or. Il initia huit personnes dans la mosquée [Ibn] Tulûn et entreprit, à sa charge, le pèlerinage avec eux. Il décéda à Alep à l’âge de soixante ans. Que Dieu le sanctifie.</p>
<p>Le septième : Abû al-Layth al-Kattânî al-Halabî al-Shâmî. Il était établi à Sarmin où il filait le lin pour le vendre. Il mémorisa le Coran sous la direction de son père […] et initia huit [personnes]. Il partit avec eux à la Mecque où ils séjournèrent un an puis ils se mirent en route vers la montagne à l’ouest de Hamah où ils s’installèrent et où tous lui succédèrent, publiquement et secrètement. Que Dieu Le Très-Haut les sanctifie.</p>
<p>Le treizième : Abû Hamza al-Kattân, syrien nomade chiite. C’était un homme courageux, qui aimait à polémiquer avec les adeptes d’autres sectes. Il mémorisa le Coran et ses sept lectures, étudia la grammaire et effectua le pèlerinage. En outre, il initia six personnes à l’âge de cinquante-cinq ans. Il décéda à Homs. Que Dieu sanctifie son âme.</p>
<p>Le vingt-troisième : Yazîd ibn Shu’ba al-Harrânî. Il est l’auteur du <em>Kitâb haqa’iq asrâr al-dîn </em>(<em>Le livre des significations des mystères de la religion</em>) et d’autres encore. Il était suivi par plusieurs disciples car c’était une personne savante, bienveillante et bienfaisante. Lors de son voyage vers la Mecque, des pèlerins se joignirent à lui et l’accompagnèrent jusqu’à son île. Alors qu’ils étaient en pleine mer, ils se trouvèrent face à un poisson-lune de la taille d’un chameau. Alors que tous les passagers à bord étaient morts de peur, Abû Muhammad [Yazîd ibn Shu’ba] prit une feuille sur laquelle il écrivit trois lettres et qu’il déposa dans un creuset à cire avant de la jeter dans la direction du poisson qui fuit sur-le-champ. […] Dès leur arrivée sur l’île, Yazîd initia aux mystères de la Loi divine ses compagnons, ainsi qu’un groupe d’hommes originaires des montagnes du Yémen. Puis il se rendit en Syrie (<em>al-Shâm</em>) et mourut à Hama. Plusieurs livres qui lui sont attribués sont préservés dans les montagnes.</p>
<p>Le vingt-cinquième : Abû al-Qâsim al-Abbâs al-Shâmî. Il était apprécié parmi les Gens du Livre. Il incita dix moines à se convertir à l’islam, ainsi quatre savants juifs. Il entreprit un pèlerinage en leur compagnie à la Mecque. Ils visitèrent Jérusalem et Hébron et, en chemin, il les initia aux mystères de la divinité. Il décéda en Palestine à l’âge de soixante-dix-sept ans. Que Dieu le sanctifie.</p>
<p>Le trente-septième : Charbabak al-A’jamî. Il apprit le <a href="https://comprendrelislam.fr/islam-pluriel/une-synthese-de-la-doctrine-alaouite/"><em>Dastûr</em></a> mais l’oublia par la suite. Il eut peine à le supporter, de même que ses amis qui le réprimandèrent, de sorte qu’il se mit à boire d’une « boisson pure » jusqu’à en mourir. Il décéda à Hamadan à l’âge de trente ans.</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p>Al-Khasîbî, leader de la communauté nousayrie au milieu du Xe siècle eut, dit-on, cinquante-et-un disciples. Le <em>Kitâb khayr al-sanî’a</em> consacre à chacun une courte notice. Celles qui ont été sélectionnées ci-dessous contiennent un certain nombre d’informations importantes. Tout d’abord, elles témoignent de la diffusion de la doctrine, non seulement en Syrie, mais aussi en Irak (Bagdad, Takrit), en Palestine, en Égypte et en Iran (Hamadan). Elles illustrent ensuite le prosélytisme actif de ses adeptes, qui convertirent et initièrent des chrétiens et des juifs, mais aussi des hommes de pouvoir, comme l’émir bouyide Râs Bâch al-Daylâmî ou ce Ala al-Dîn, gouverneur de Takrit. Enfin, elles attestent de ce que, très tôt déjà, les nousayris avaient commencé à s’établir dans l’ouest de la Syrie actuelle et dans les montagnes qui, depuis le Moyen Âge, constituent leur sanctuaire contre l’oppression des gouvernants sunnites.</p>
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		<title>La répression de la révolte alaouite de 1316</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 09:52:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source : Ibn Batt&#xFB;ta (mort en 1368), Voyages et p&#xE9;riples, dans Charles-Dominique Paule, Voyageurs arabes, La Pl&#xE9;iade, 1995, p.&#xA0;439-440. La plupart des habitants de cette r&#xE9;gion, dit-il, appartiennent &#xE0; la secte des nu&#x1E63;ayr&#x12B;s, qui croient qu&#x2019;Al&#xEE; ibn Ab&#xEE; T&#xE2;lib est un dieu ; ils ne prient, ni ne sont circoncis, ni ne je&#xFB;nent. Le roi [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source : I</strong><strong>bn Battûta (mort en 1368), <em>Voyages et </em>périples, dans Charles-Dominique Paule, <em>Voyageurs arabes</em>, La Pléiade, 1995, p. 439-440.</strong></p>
<p>La plupart des habitants de cette région, dit-il, appartiennent à la secte des <em>nuṣayrīs</em>, qui croient qu&rsquo;Alî ibn Abî Tâlib est un dieu ; ils ne prient, ni ne sont circoncis, ni ne jeûnent. Le roi al-Zâhir [Baybars] les avait obligés à construire des mosquées dans leurs villages. Ils ont donc édifié une mosquée dans chaque village, mais loin des habitations ; cependant ils n&rsquo;y pénètrent pas, ni ne les fréquentent. Souvent leurs troupeaux et leurs bêtes de somme y logent. Parfois, lorsqu&rsquo;un étranger vient chez eux, il fait halte dans la mosquée et appelle à la prière. Ces gens lui disent : »Ne brais pas comme un âne, on va t&rsquo;apporter ton fourrage ! » Les nuṣayris sont nombreux. On m&rsquo;a raconté qu&rsquo;un inconnu arriva dans le pays des nuṣayris et dit être le Mahdî ; les gens accoururent et cet homme leur promit qu&rsquo;ils deviendraient maîtres du pays ; il partagea donc entre eux la Syrie et désigna la part qui revenait à chacun, puis leur ordonna de se rendre [chacun] dans son royaume. Il leur remettait des feuilles d&rsquo;olivier et leur disait : « Exhibez-les, car elles sont des sortes d&rsquo;ordres qui vous confèrent la propriété de ce pays. » Lorsque l&rsquo;un de ces nuṣayris allait dans la région qui lui avait été attribuée, l&rsquo;émir le faisait comparaître. Le Nusayri lui disait : « L&rsquo;imâm mahdî m&rsquo;a donné ce pays. &#8211; Où est ton ordre ? » Alors le Nusayri exhibait les feuilles d&rsquo;olivier. On le battait et on l&#8217;emprisonnait. Ensuite, cet individu leur ordonna de se préparer à combattre les musulmans, en commençant par attaquer la ville de Jabala. Il leur prescrivit de prendre, en guise de sabres, des baguettes de myrte et leur promit qu&rsquo;elles se muraient en sabres lorsqu&rsquo;ils combattraient. Ils arrivèrent par surprise dans la ville de Jabala tandis que les habitants célébraient la prière du vendredi. Alors ils entrèrent dans les maisons et violèrent les femmes. Les fidèles se ruèrent hors de la mosquée, prirent leurs armes et les massacrèrent comme ils le voulurent. La nouvelle parvint à Lattaquié et l&rsquo;émir Bahâdûr Abd Allâh arriva avec ses troupes. On lâcha des pigeons-voyageurs vers Tripoli et l&rsquo;émir des émirs survint aussi avec son armée. On poursuivit les nuṣayris et on en tua environ vingt mille. Les survivants se retranchèrent dans les montagnes et envoyèrent un message au prince des émirs pour l&rsquo;informer qu&rsquo;ils s&rsquo;engageaient à verser un dinar par tête si le prince voulait bien les épargner. Mais la nouvelle de ces incidents avait été communiquée par pigeons voyageurs à al-Malik al-Nâsir [sultan mamlouk de 1285 à 1341] qui répondit de les passer par le fil de l&rsquo;épée. Le prince des émirs tâcha de faire revenir le roi sur sa décision, en lui faisant valoir que les nuṣayris étaient ouvriers laboureurs au compte des musulmans et que, donc, si on les supprimait, les musulmans en seraient affaiblis. Alors le roi ordonna de les épargner.</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p>Le voyageur Ibn Battûta (1304-1377), que l&rsquo;on surnomme parfois le « Marco Polo arabe » en raison de l&rsquo;étendue exceptionnelle de son périple à travers le monde musulman médiéval et ses confins, visite la Syrie vers 1326 avant de se rendre en pèlerinage à La Mecque. A cette époque, la région est contrôlée par les Mamlouks d&rsquo;Egypte et leur sert de glacis défensif face à la menace des Ilkhanides, la dynastie mongole qui contrôle l&rsquo;Irak et le monde iranien. La révolte des paysans alaouites est donc perçue comme un danger intérieur par les gouverneurs au service des Mamlouks, qui partagent par ailleurs avec Ibn Battûta un fort sentiment anti-chiite. Ibn Battûṭa  est le seul voyageur arabe médiéval à faire mention des Nousayris, sans que l’on puisse savoir avec certitude s’il a réellement parcouru la montagne. En effet, les informations qu’il rapporte restent très générales et le seul événement précis qu’il évoque, la révolte de 1316, est par ailleurs bien documenté par les historiens arabes. Quoi qu’il en soit, Ibn Battûta décrit la région après qu&rsquo;elle eut été partiellement pacifiée par les sultans mamlouks. Ce passage contient un certain nombre d&rsquo;informations importantes. Les Nousayris apparaissent comme une population rurale, paysanne, soumise à un régime féodal. Les villes sont sunnites tandis que les campagnes sont alaouites. Mais la terre ne leur appartient pas, et s&rsquo;ils la travaillent, c&rsquo;est pour le compte de propriétaires terriens sunnites. Cet état de choses peut expliquer des révoltes sporadiques, qu&rsquo;elles soient ou non attisées par un prédicateur ou un prétendu prophète. Surtout, il atteste sans ambiguïté de la présence en nombre, majoritaire, des Nousayris dans la région au milieu du XIVe siècle, et même avant puisque l&rsquo;émir Baybars, qui régna de 1259 à 1278, y mena une campagne de pacification et y fit construire, dit-on, des mosquées. C’est donc bien entre la fin du Xe siècle et le milieu du XIIIe que s’est opéré l’essentiel du regroupement dans les montagnes côtières, dont le milieu naturel constituait une bonne protection contre la répression du pouvoir central.</p>
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		<title>Histoire et religion des Alaouites de Syrie.  Épisode 2</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 14:56:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Approfondir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La communaut&#xE9; alaouite de Syrie a &#xE9;t&#xE9; projet&#xE9;e sous les feux de l&#x2019;actualit&#xE9; &#xE0; l&#x2019;occasion des dramatiques &#xE9;v&#xE9;nements qui secouent le pays depuis 2011&#xA0;: stigmatis&#xE9;e par certains, en tant que communaut&#xE9; au pouvoir (car c&#x2019;est d&#x2019;elle que sont issus le pr&#xE9;sident de la R&#xE9;publique, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels),&#xA0;elle s&#x2019;est retrouv&#xE9;e victimis&#xE9;e par [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La communauté alaouite de Syrie a été projetée sous les feux de l&rsquo;actualité à l&rsquo;occasion des dramatiques événements qui secouent le pays depuis 2011 : stigmatisée par certains, en tant que communauté au pouvoir (car c&rsquo;est d&rsquo;elle que sont issus le président de la République, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels), elle s’est retrouvée victimisée par d’autres, parce que ses membres appartiennent à la communauté du pouvoir, dont ils seraient non pas tant les complices que les otages. La vérité doit se situer quelque part entre les deux. L&rsquo;expression trop souvent entendue ou lue dans les médias de « régime alaouite » témoigne d’un amalgame trompeur entre un groupe humain et un pouvoir qui en serait en quelque sorte l’émanation. Elle masque une réalité plus complexe, celle d’une communauté qui, comme toute autre, est riche d’une longue histoire et traversée par des clivages plus ou moins visibles et durables, par des hiérarchies mouvantes et par toutes sortes de rapports d&rsquo;influence, de clientèle ou de rivalité.</p>
<h5><strong>Ethnogenèse d&rsquo;une communauté religieuse</strong></h5>
<p>L’histoire des nousayris, aujourd&rsquo;hui appelés alaouites, reste mal connue. La question se pose notamment de savoir comment une doctrine somme toute marginale, réservée à un groupe d’initiés gravitant dans l’entourage des imams chiites, s’est progressivement incarnée dans la société au point de délimiter de manière exclusive une communauté particulière, aujourd’hui forte de plus de deux millions et demi d’âmes.</p>
<p>Au vu des rares informations disponibles, sa genèse peut être schématiquement décomposée en deux phases : à une première phase de prédication et de diffusion de la doctrine succéda une période de repli et de regroupement progressif dans une « montagne-refuge », la chaîne côtière qui borde le pourtour nord-est du bassin méditerranéen, du nord du Liban au sud de la Turquie, en passant par la Syrie. Ce double processus est à l’évidence lié aux circonstances politiques. La phase de diffusion (Xe siècle et début du XIe) est contemporaine de « l’âge d’or » du chiisme, l’époque où les dynasties chiites fatimides (au Caire), hamdanides (à Alep) et bouyides (à Bagdad) dominaient la région. Quant à la phase de repli (XIe-XIIIe siècles), elle coïncide avec la fin de cet âge d’or et à la reprise en main sunnite (Seldjoukides, Ayyoubides, Mamelouks), synonyme de persécutions et de marginalisation pour tous les groupes musulmans hétérodoxes.</p>
<h5><strong>La phase de diffusion (Xe-XIe siècles)</strong></h5>
<p>Au Xe siècle, dans un contexte politique favorable et au prix d’une activité missionnaire intense, la doctrine alaouite fut donc diffusée dans tout l’Orient musulman et nombre d&rsquo;hommes de pouvoir y furent initiés, y compris chez les Fatimides ismaéliens d&rsquo;Égypte : des disciples d’al-Khasibi, leader de la communauté à l’époque, dispensaient leur enseignement dans la mosquée Ibn Touloun du Caire, tandis qu’un prince fatimide, Ismat al-Dawla, transmettait et commentait, dans son<em> Épître égyptienne</em>, les enseignements de son maître alaouite, Abû al-Fath al-Baghdadi. Du Caire à Bagdad en passant par Alep, les alaouites étaient partout, dédiant leurs ouvrages au hamdanide Sayf al-Dawla ou au bouyide Bakhtiyar, mais aussi, déjà, bien implantés en Syrie centrale et côtière, entre Lattaquié, Tripoli et Hama, qui demeure jusqu’à nos jours leur foyer principal.</p>
<h5><strong>La phase de repli (XIe-XIIIe siècles)</strong></h5>
<p>Puis le vent tourna : des dynasties sunnites succédèrent aux dynasties chiites et c’est dans les montagnes côtières que se regroupèrent progressivement les alaouites. Au début du XIIe siècle, nombre de châteaux de la région étaient aux mains de potentats locaux qui auraient joué un rôle dans la préservation de la doctrine. Il paraît fort probable que ces derniers soient, pour partie au moins, à l’origine de certains des clans alaouites actuels. C’est le cas, par exemple, de ceux qu’on appelle aujourd’hui Mahariza, qui sont de toute évidence les descendants des Banû Muhriz des XIe et XIIe siècles, lesquels possédaient vraisemblablement la forteresse de Marqab, la Margat des Croisés. Un siècle plus tard, un certain Hasan Ibn al-Makzûn al-Sindjari, membre de la grande tribu arabe des Ghassanides, serait venu au secours des nousayris des montagnes côtières où il se serait finalement établi et aurait vécu jusqu&rsquo;à sa mort, en 1240. Trois des quatre groupes alaouites actuels, Kalbiyyé, Haddadin et Matawira, se réclament de sa descendance.</p>
<p>Le témoignage d&rsquo;Ibn Battûta (mort en 1377) est extrêmement précieux. Dans son récit de voyage, il nous informe que « la plupart des habitants de cette région appartiennent à la secte des nousayris, qui croient que Ali ibn Abi Taleb est un dieu ; ils ne prient, ni ne sont circoncis, ni ne jeûnent ». Il raconte ensuite comment, en 1316, une révolte de paysans nousayris de la région de Jablé fut matée dans le sang par les Mamelouks : « La nouvelle [de la révolte] parvint à Lattaquié et l’émir Bahâdûr Abd Allâh arriva avec ses troupes [&#8230;]. On poursuivit les nusayris et on en tua environ vingt mille. Les survivants se retranchèrent dans les montagnes et envoyèrent un message au prince des émirs [i.e. le gouverneur mamelouk de Damas] pour l’informer qu’ils s’engageaient à verser un dinar par tête si le prince voulait bien les épargner. Mais la nouvelle de ces incidents avait été communiquée par pigeons voyageurs à al-Malik al-Nâsir [sultan mamelouk de 1285 à 1341] qui ordonna de les passer par le fil de l’épée. Le prince des émirs tâcha de faire revenir le roi sur sa décision, en lui faisant valoir que les nusayris étaient ouvriers laboureurs au compte des musulmans et que, donc, si on les supprimait, les musulmans en seraient affaiblis. Alors le roi décida de les épargner ».</p>
<p>Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les puissances qui dominèrent la région, Mamelouks et Ottomans en particulier, n’eurent de cesse de « pacifier » et d’« islamiser » les montagnes alaouites, sans grand succès, mais en causant invariablement des dégâts considérables lorsqu’ils s’y aventuraient pour collecter les impôts ou pour mener des expéditions punitives. Si ces expéditions étaient le plus souvent motivées par des raisons qui n&rsquo;étaient pas tant religieuses (faire le djihad contre les hérétiques) que politiques (contrôler et administrer le territoire) et économiques (lever les impôts), il n&rsquo;en reste pas moins que la violence exercée en ces occasions était, d&rsquo;une certaine manière, légitimée par un discours religieux fondamentalement hostile.</p>
<h5><strong>Pour aller plus loin</strong></h5>
<p>Paoli, Bruno, « La diffusion de la doctrine nuṣayrie au IXe/Xe siècle d’après le Kitāb ḫayr al-ṣanī’a du cheikh Ḥusayn Mayhūb Ḥarfūš », <em>Arabica</em>, 2011, 58/1-2, p. 19-52.</p>
<p>Paoli, Bruno, « Note sur l’ethnogenèse de la communauté alaouite de Syrie », <em>Mélanges de l’Université Saint-Joseph, </em>2013, 64, p. 315-339.</p>
<p>Paoli, Bruno, « Des Alaouites de Syrie : 4. le rôle fédérateur de Ḥasan b. Yūsuf al-Makzūn al-Sinğārī », <em>Les Carnets de l’Ifpo</em>, 2013 (<a href="http://ifpo.hypotheses.org/4997">http://ifpo.hypotheses.org/4997</a>).</p>
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