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	<title>Syrie | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<description>Religions Débats Hsitoire</description>
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	<title>Syrie | Comprendre l&#039;Islam</title>
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	<item>
		<title>Une lettre des Alaouites à Léon Blum en 1936</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 May 2022 11:08:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Alaouites]]></category>
		<category><![CDATA[Chiisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mandat français en Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source : lettre adress&#xE9;e &#xE0; L&#xE9;on Blum par des notables alaouites en mai 1936 Cher M. L&#xE9;on Blum, Pr&#xE9;sident du Conseil de la France, &#xC0; la lumi&#xE8;re des n&#xE9;gociations en cours entre la France et la Syrie, nous &#x2014; les dirigeants alaouites de Syrie &#x2014; attirons respectueusement votre attention et celle de votre parti (les [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source : lettre adressée à Léon Blum par des notables alaouites en mai 1936</strong></p>
<p>Cher M. Léon Blum, Président du Conseil de la France,</p>
<p>À la lumière des négociations en cours entre la France et la Syrie, nous — les dirigeants alaouites de Syrie — attirons respectueusement votre attention et celle de votre parti (les Socialistes) sur les points suivants :</p>
<p>1. La nation Alaouite qui a maintenu son indépendance pendant des années avec beaucoup de zèle et au prix de beaucoup de victimes, est une nation qui diffère des nations musulmanes sunnites par ses croyances religieuses, par ses coutumes et par son histoire. La nation Alaouite n’a jamais été soumise aux lois de ceux qui gouvernent les villes à l’intérieur du territoire.</p>
<p>2. La nation Alaouite refuse d’être annexée à la Syrie musulmane, parce que la religion islamique y est déclarée comme la religion officielle du pays, et que la religion islamique considère la nation Alaouite comme hérétique. Par conséquent nous vous demandons de considérer le destin tragique et terrible qui attend les Alaouites s’ils sont annexés de force à la Syrie, quand elle sera libérée de la surveillance du mandat et qu’elle aura le pouvoir d’établir des lois qui découlent de sa religion.</p>
<p>3. Accorder l’indépendance à la Syrie et abandonner le mandat serait un bon exemple des principes socialistes en Syrie, mais l’indépendance complète signifie que quelques familles musulmanes auront le contrôle de la nation Alaouite en Cilicie, en Alexandrette et dans le massif d’Ansariyeh. Même le fait d’avoir un parlement et un gouvernement constitutionnel ne garantira pas les libertés individuelles. Ce contrôle parlementaire, manquant de valeurs réelles, n’est qu’une façade et en vérité il sera contrôlé par le fanatisme religieux qui ciblera les minorités. Les dirigeants de France veulent-ils que les musulmans contrôlent la nation alaouite et qu’ils la plongent dans les affres de la misère ?</p>
<p>4. Le fanatisme et l’étroitesse d’esprit, dont les racines sont profondément ancrées au cœur des Arabes musulmans à l’encontre de tous ceux qui ne sont pas musulmans, est la mentalité qui nourrit perpétuellement la religion islamique, aussi n’y a-t-il aucun espoir que la situation change. Si le mandat est abandonné, le danger de mort et la destruction menaceront les minorités en Syrie, même si l’abandon [du mandat] décrète la liberté de pensée et la liberté confessionnelle. Pourquoi, même aujourd’hui nous pouvons voir comment les habitants musulmans de Damas obligent les Juifs vivant sous leur égide à signer un document dans lequel il leur est interdit d’envoyer de la nourriture à leurs frères juifs qui subissent un désastre en Palestine, la situation des Juifs de Palestine étant la preuve la plus flagrante et la plus concrète de l’importance du problème religieux parmi les Arabes musulmans contre quiconque n’appartient pas à l’Islam. Ces bons Juifs ont apporté la civilisation et la paix aux Arabes musulmans et ont propagé la richesse et la prospérité en terre de Palestine, ils n’ont fait de mal à personne et ils n’ont rien pris de force. Pourtant, les musulmans leur ont déclaré une guerre sainte et n’ont pas hésité à massacrer leurs femmes et leurs enfants en dépit du fait que l’Angleterre est en Palestine et que la France est en Syrie. Un avenir noir attend donc les Juifs et les autres minorités si le mandat est abandonné et que la Syrie musulmane s’unit à la Palestine musulmane. Cette unification est le but ultime des Arabes musulmans.</p>
<p>5. Nous apprécions la bonté d’âme dont vous faites preuve en défendant la population syrienne et nous comprenons votre désir de la rendre indépendante, mais la Syrie est à l’heure actuelle loin du noble but que vous avez fixé pour elle, car elle est encore emprisonnée dans un esprit de féodalisme religieux. Nous ne pensons pas que le gouvernement français et le parti socialiste français seront d’accord pour l’indépendance des Syriens, car sa mise en œuvre causerait l’asservissement de la nation Alaouite et exposerait la minorité Alaouite au danger de mort et de destruction.</p>
<p>Nous ne pouvons pas imaginer que vous accéderez à la demande des Syriens (nationalistes) d’annexer la nation alaouite à la Syrie, parce que vos principes sacrés — s’ils soutiennent l’idée de liberté — ne pourront tolérer une situation dans laquelle une nation (les musulmans) entraverait la liberté d’une autre (les alaouites) en l’annexant de force.</p>
<p>6. Vous jugez peut-être bon de garantir les droits des Alaouites et des autres minorités par les termes du traité (le traité franco-syrien qui définit les relations entre les États), mais nous soulignons que les contrats n’ont aucune valeur dans la mentalité islamique syrienne. Nous avons vu cela par le passé, avec le pacte que l’Angleterre a signé avec l’Irak et qui interdisait aux Irakiens de massacrer les Assyriens et les Yazidis.</p>
<p>La nation Alaouite que nous, soussignés, représentons, implore le gouvernement français et le parti socialiste français et leur demande d’assurer la liberté et l’indépendance de notre nation à l’intérieur de ses petites frontières. La nation alaouite confie son bien-être aux mains des dirigeants socialistes français, elle est sûre qu’elle trouvera un soutien fort et indéfectible en tant que nation amie et loyale, ayant rendu de grands services à la France, et qui est aujourd’hui menacée de mort et de destruction.</p>
<p>(signé par) Aziz Agha al-Hawash, Mahmoud Agha Jadid, Mahmoud Bek Jadid, Souleiman Assad, Souleiman al-Mourshid, Mahmoud Souleiman al-Ahmad.</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p>Dans cette lettre, signée entre autres par Sulayman al-Ahmad, Sulayman Mourchid et Sulayman al-Assad, arrière-grand-père de Bachar al-Assad, l’actuel président de la Syrie, un groupe de notables alaouites demande à Léon Blum, alors président du Conseil, de préserver l’indépendance de l’État alaouite et de ne pas céder à la pression des nationalistes syriens en le rattachant au futur État syrien, avec pour principal argument le danger qui pèserait sur les alaouites s’ils étaient placés sous la domination de la majorité sunnite qui les a toujours considérés comme des hérétiques.</p>
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		<title>Une synthèse de la doctrine alaouite</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 15:36:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Alaouites]]></category>
		<category><![CDATA[Chiisme]]></category>
		<category><![CDATA[Initiation religieuse]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature alaouite]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source : premi&#xE8;re page du carnet dans lequel un jeune initi&#xE9; a recopi&#xE9; sous la dict&#xE9;e du cheikh le Kit&#xE2;b al-dast&#xFB;r, ouvrage dont la m&#xE9;morisation constitue la premi&#xE8;re &#xE9;tape de l&#x2019;initiation &#xE0; la doctrine alaouite. Commentaire &#xC9;galement appel&#xE9; Kit&#xE2;b al-majm&#xFB;, il est form&#xE9; de seize courts chapitres, appel&#xE9;s sourates, qui font la synth&#xE8;se de la [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source : première page du carnet dans lequel un jeune initié a recopié sous la dictée du cheikh le <em>Kitâb al-dastûr</em>, ouvrage dont la mémorisation constitue la première étape de l’initiation à la doctrine alaouite.</strong></p>
<div id="attachment_83524" style="width: 1034px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-83524" class="wp-image-83524 size-large" src="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/05/Kitab-al-Dastur-1024x694.jpg" alt="Le Kitab al-Dastûr constitue la base de l'apprentissage de la doctrine alaouite" width="1024" height="694" srcset="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/05/Kitab-al-Dastur-980x664.jpg 980w, https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/05/Kitab-al-Dastur-480x325.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /><p id="caption-attachment-83524" class="wp-caption-text">Première page du Kitab al-Dastûr (collection personnelle B. Paoli)</p></div>
<h5><strong>Commentaire<br />
</strong></h5>
<p>Également appelé <em>Kitâb al-majmû</em>, il est formé de seize courts chapitres, appelés sourates, qui font la synthèse de la doctrine alaouite. Cet ouvrage est transmis au fidèle lors de son initiation. Nous ne possédons aucun renseignement sur sa composition et sur son auteur. La tradition dit que les textes qu’il contient sont la parole et les commandements d’Ali que le Prophète Mahomet aurait remis aux douze <em>naqib</em>, cités dans la seizième sourate, et à vingt-quatre <em>najib</em> la nuit d&rsquo;al-Aqaba dans le Ouadi Mina, près de la Mecque. En réalité, le fait qu’y soient mentionnés al-Khasibi, leader de la communauté au Xe siècle, et deux de ses successeurs, al-Jilli et al-Tabarani, incite plutôt à croire qu’il s’agit d’un ouvrage plus tardif, composé au plus tôt au milieu du Xe siècle, sinon plus tard.</p>
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		<item>
		<title>La transmigration des âmes expliquée par l&#8217;imam Ja&#8217;far</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 14:07:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Alaouites]]></category>
		<category><![CDATA[Chiisme]]></category>
		<category><![CDATA[Esotérisme musulman]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Transmigration des âmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source : extrait du Kitab al-sir&#xE2;t attribu&#xE9; &#xE0; al-Mufaddal ibn &#x2018;Umar al-Ju&#x2019;fi, &#xE9;d. Al-Munsaf ibn &#x2018;Abd al-Jal&#xEE;l, Beyrouth, D&#xE2;r al-mad&#xE2;r al-isl&#xE2;mi, 2004, p. 157, trad. B. Paoli. [Ja&#x2019;far al-S&#xE2;diq dit&#xA0;:] &#xAB;&#xA0;Sache, Mufaddal, qu&#x2019;il existe des rangs et des degr&#xE9;s [de connaissance des myst&#xE8;res de la divinit&#xE9;] et que deux &#xEA;tres ne sont jamais &#xE9;gaux quant [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source : extrait du <em>Kitab al-sirât</em> attribué à al-Mufaddal ibn ‘Umar al-Ju’fi, éd. </strong><strong>Al-Munsaf ibn ‘Abd al-Jalîl, Beyrouth, Dâr al-madâr al-islâmi, 2004, p. 157, trad. B. Paoli.<br />
</strong></p>
<p>[Ja’far al-Sâdiq dit :] « Sache, Mufaddal, qu’il existe des rangs et des degrés [de connaissance des mystères de la divinité] et que deux êtres ne sont jamais égaux quant au degré de connaissance : à chaque être son degré, son rang et son statut en matière de connaissance. Les corps dans lesquels ils transmigrent (<em>yunqalûna</em>) sont donc eux aussi différents et les vêtements qu’ils revêtent sont autres que ceux dont ils se défont. Ainsi, Mufaddal, une personne ne cesse de demeurer dans ce nouveau rang qui est son vêtement et son corps. Et lorsqu&rsquo;il s’élève à un rang supérieur à celui dans lequel il est, il revêt un vêtement plus exquis, plus pur et meilleur que celui qu&rsquo;il a enlevé, selon le rang auquel il a accédé. Mais s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une personne qui a transgressé, péché, douté, soupçonné, erré et s&rsquo;est trouvée perplexe, il est impératif qu&rsquo;elle soit rétrogradée de ce rang et dépouillée de son vêtement pour revêtir un vêtement sombre et inférieur à celui qu&rsquo;il a enlevé. »</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p>Dans ce court extrait, l’imam Ja’far explique à al-Mufaddal le principe de la transmigration des âmes. Al-Mufaddal ibn Umar al-Ju’fi, mort vers 796, fut chargé par Ja‘far al-Sâdiq (sixième imam chiite, mort en 765) de guider la communauté des <em>ghulât</em>. Il devint plus tard un agent de confiance du septième imam, Musa ibn Ja‘far (148-182/765-799), du vivant duquel il mourut. Dans la tradition nousayrie, il est le huitième <em>bâb</em>. Il est accepté comme le transmetteur d’un certain nombre d’ouvrages dans lesquels il recueille les enseignements attribués à l’imam Ja‘far. Il est donc un auteur « proto-nousayri ». Son statut et son œuvre témoignent de ce que les nousayris-alaouites sont bien les derniers des <em>ghulât</em>, dont ils perpétuent l’héritage jusqu’à aujourd’hui.</p>
<p>L’ouvrage dont est tiré ce court extrait est une interprétation ésotérique du <em>sirât</em>, le pont qui sépare le paradis de l’enfer, dont les sept arches sont vues comme sept obstacles sur le chemin du croyant vers le paradis, un paradis gnostique conçu comme la connaissance vraie du mystère de la divinité. Le <em>sirât</em> est donc la voie droite qui conduit au septième ciel où l’on contemplera la divinité dans tout son éclat.</p>
<p><em> </em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Histoire et religion des Alaouites de Syrie. Episode 1</title>
		<link>https://comprendrelislam.fr/islam-pluriel/histoire-et-religion-des-alaouites-de-syrie-episode-1/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=histoire-et-religion-des-alaouites-de-syrie-episode-1</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bruno Paoli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 13:42:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Approfondir]]></category>
		<category><![CDATA[Islam pluriel]]></category>
		<category><![CDATA[Alaouites]]></category>
		<category><![CDATA[Chiisme]]></category>
		<category><![CDATA[Esotérisme musulman]]></category>
		<category><![CDATA[Minorités en Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Transmigration des âmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La communaut&#xE9; alaouite de Syrie a &#xE9;t&#xE9; projet&#xE9;e sous les feux de l&#x2019;actualit&#xE9; &#xE0; l&#x2019;occasion des dramatiques &#xE9;v&#xE9;nements qui secouent le pays depuis 2011&#xA0;: stigmatis&#xE9;e par certains, en tant que communaut&#xE9; au pouvoir (car c&#x2019;est d&#x2019;elle que sont issus le pr&#xE9;sident de la R&#xE9;publique, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels),&#xA0;elle s&#x2019;est retrouv&#xE9;e victimis&#xE9;e par [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La communauté alaouite de Syrie a été projetée sous les feux de l&rsquo;actualité à l&rsquo;occasion des dramatiques événements qui secouent le pays depuis 2011 : stigmatisée par certains, en tant que communauté au pouvoir (car c&rsquo;est d&rsquo;elle que sont issus le président de la République, Bachar al-Assad, et nombre de dirigeants actuels), elle s’est retrouvée victimisée par d’autres, parce que ses membres appartiennent à la communauté du pouvoir, dont ils seraient non pas tant les complices que les otages. La vérité doit se situer quelque part entre les deux. L&rsquo;expression trop souvent entendue ou lue dans les médias de « régime alaouite » témoigne d’un amalgame trompeur entre un groupe humain et un pouvoir qui en serait en quelque sorte l’émanation. Elle masque une réalité plus complexe, celle d’une communauté qui, comme toute autre, est riche d’une longue histoire et traversée par des clivages plus ou moins visibles et durables, par des hiérarchies mouvantes et par toutes sortes de rapports d&rsquo;influence, de clientèle ou de rivalité.</p>
<h5><strong>Une minorité compacte</strong></h5>
<p>Tout ce qui peut être dit de la répartition confessionnelle et ethnique de la population syrienne doit être pris avec une extrême prudence, compte tenu, d&rsquo;une part, de l&rsquo;absence de recensement récent la prenant en compte et, d&rsquo;autre part, des bouleversements provoqués par plus de dix ans d&rsquo;un conflit qui a fait des millions de réfugiés et de déplacés, des centaines de milliers de morts et des dizaines de milliers de disparus. Les alaouites représenteraient 10 à 12% de la population syrienne, soit entre deux millions et deux millions et demi de personnes, pour 70 à 75% de sunnites, selon qu’on y inclut ou non les kurdes, majoritairement sunnites, et 8 à 10% de chrétiens, le reste de la population se répartissant entre druzes, ismaéliens et chiites duodécimains. Il faut y ajouter l’importante communauté – peut-être un million de personnes – du Sandjak d’Alexandrette (Hatay) et du sud-ouest de la Turquie (Adana, Tarsus), souvent confondue à tort avec les alevis turcs et kurdes, ainsi que celle, moins nombreuse (environ 100 000 personnes), du Nord-Liban, à Tripoli et dans sa région.</p>
<p>En Syrie, les alaouites sont minoritaires à l’échelon national, mais localement majoritaires dans la chaîne de montagnes qui longe la côte orientale de la Méditerranée, ainsi que dans la plaine et les villes côtières de Lattaquié, Jablé, Banyas et Tartous, traditionnellement peuplées de sunnites et de chrétiens, mais majoritairement alaouites depuis environ trois décennies. On trouve aussi d’importantes communautés alaouites dans les grandes villes du pays (Damas, Alep, Homs), ainsi que dans la plaine du Ghab, où ils ont de longue date constitué l’essentiel de la main d’œuvre des grands propriétaires terriens de la région, sunnites ou chrétiens, tout comme ce fut le cas dans les plaines côtières.</p>
<div id="attachment_83493" style="width: 979px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-83493" class="wp-image-83493 size-full" src="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/05/Carte-1.jpg" alt="Carte de répartition des communautés en Syrie" width="969" height="927" srcset="https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/05/Carte-1.jpg 969w, https://comprendrelislam.fr/wp-content/uploads/2022/05/Carte-1-480x459.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 969px, 100vw" /><p id="caption-attachment-83493" class="wp-caption-text">La répartition des communautés en Syrie avant la guerre de 2011 (F. Balanche, 2016)</p></div>
<h5><strong>Héritiers du chiisme originel</strong></h5>
<p>La communauté alaouite de Syrie trouve son origine dans une gnose coranique élaborée en Irak entre le VIIIe et le Xe siècles dans l’entourage des imams chiites, dont elle est jusqu’à nos jours la dépositaire et qui est connue dans les sources musulmanes sous le nom de <em>nusayriyya</em>. Ce nom dérive d’Abû Shû’aib Muhammad ibn Nusayr al-Numayrî (mort vers 864), disciple des dixième et onzième imams (Ali al-Hadi, mort en 868, et al-Hasan al-Askari, mort en 874). Cette doctrine est la principale héritière de ce mouvement multiforme que les hérésiographes musulmans ont appelé <em>ghulât</em> (littéralement, « exagérateurs », improprement traduit par « chiites extrémistes » dans la tradition orientaliste) et qui constitue le « noyau originel » du chiisme.</p>
<p>C’est en effet à Koufa, dans l’entourage d’Ali ibn Abi Taleb (mort en 661), gendre du Prophète, quatrième calife de l’islam et premier imam chiite, que serait né le <em>ghulûw</em> (« exagération »). L’idée qu’Ali serait une hypostase divine, thème central des doctrines des <em>ghulât</em>, remonterait vraisemblablement au vivant même de celui-ci. Les notions d’occultation et de retour de l’imam caché (<em>al-mahdî</em>), avant d’être adoptées par l’orthodoxie chiite au Xe siècle, seraient apparues d’abord chez les <em>ghulât</em> qui, pour la plupart, semblent aussi avoir fait leur le principe de la métempsycose, voire de la transmigration des âmes dans des corps inférieurs. Ces éléments se retrouvent pour une bonne part dans la doctrine alaouite.</p>
<p>Si la religion alaouite a certainement subi des influences diverses, néoplatoniciennes, chrétiennes, persanes ou autres, elle n’en demeure pas moins fondamentalement musulmane et, plus précisément, chiite. Elle consiste en effet en une interprétation ésotérique du Coran basée sur l’enseignement secret des imams. Les alaouites font même, à leur manière, partie du courant majoritaire du chiisme, dans ce sens où ils reconnaissent douze imams : Ibn Nusayr, nous l&rsquo;avons mentionné, était le disciple des dixième et onzième imams des duodécimains ; et al-Husayn Ibn Hamdân al-Khasibi (mort en 969), qui donna à la doctrine nousayrie sa forme définitive, telle qu’exposée notamment dans l’épître dite <em>al-Risala al-rastbachiyya</em>, est aussi l’auteur d’un classique de la littérature chiite consacré à la vie et aux miracles des imams. Il avait donc, si l’on peut dire, deux casquettes, l’une ésotérique (<em>bâtin</em>) et l’autre exotérique (<em>zâhir</em>).</p>
<p>Dans la religion alaouite, Dieu est une entité abstraite, impossible à décrire sinon négativement – il n’a ni forme ni limites, n’a été ni créé ni incarné – et dont émanent toutes les créatures, ainsi que la lumière du soleil. Ces émanations sont présentées comme une série de régressions graduelles : plus elles sont éloignées de la source, et plus elles ont de défauts. Le cosmos est hiérarchisé et divisé en deux : le « grand monde lumineux » et le « petit monde obscur », chacun habité par un ensemble d’émanations divines.</p>
<h5><strong>Temps cyclique et transmigration des âmes</strong></h5>
<p>Cette cosmogonie repose sur la corrélation de deux principes : le caractère cyclique du temps et la transmigration des âmes, dans une conception très proche de celle des philosophes néoplatoniciens, mais interprétée dans un cadre islamique. Ainsi, le cycle des transmigrations n’est pas infini, mais limité par le Jour du Jugement, appelé « jour de la révélation et du dévoilement ». Il n’y a donc pas contradiction avec le concept apocalyptique musulman d’un salut messianique.</p>
<p>Dans ce cadre, Ali n’est pas Dieu, mais seulement, dans le septième cycle de prophétie, la première des émanations divines. Il est le <em>ma</em>‘<em>na </em>(« sens » ou « essence »), dont le Prophète Muhammad, qui est l’<em>ism</em> (« nom ») ou le <em>ḥijab</em> (« voile » cachant la divinité aux non-initiés), est à son tour l’émanation. Et Salman al-Farisi (« le Perse », compagnon du Prophète qui fut l&rsquo;un des premiers non arabes convertis) est le <em>bâb</em> (« porte » par laquelle l’initié peut contempler le mystère de la divinité), émanation du « nom ». Cette « trinité » est cyclique : le <em>ma</em>&lsquo;<em>na</em>, l’<em>ism</em> et le <em>bâb</em> du sixième cycle, par exemple, sont Simon-Pierre, Jésus et un certain Ruzbih ibn Marzuban. Après Ali, au terme des sept cycles prophétiques, où l&rsquo;on retrouve les prophètes bibliques, la divinité s’est également manifestée en la personne des imams, d’al-Hasan, fils d’Ali, à al-Hasan al-Askari, à chacun desquels est associé un <em>bâb</em>. À chaque triade prophétique sont également associées des émanations inférieures, parmi lesquelles figurent des personnalités grecques, persanes et musulmanes. Toutes ces émanations peuplent le grand monde lumineux, tandis que le petit monde obscur est habité par des cheikhs et leaders charismatiques de la communauté et, tout en bas de l’échelle, par les adeptes ordinaires, simples membres de la communauté, initiés en quête du Salut.</p>
<h5><strong>Une religion initiatique</strong></h5>
<p>Dans ce contexte, la voie du Salut passe par la connaissance (<em>ma</em>&lsquo;<em>rifa</em>). L’initiation progressive au mystère de l’unicité divine (<em>tawhîd</em>) est censée permettre à l’âme de gravir, cycle après cycle, de réincarnation en réincarnation, les degrés de ce monde hiérarchisé et de se rapprocher de la source (la lumière divine) tout en se débarrassant progressivement de son enveloppe matérielle.</p>
<p>Si la religion alaouite est encore aujourd&rsquo;hui très mal connue, c&rsquo;est d&rsquo;abord parce qu&rsquo;elle est une religion initiatique et secrète : seuls sont initiés les jeunes adultes de sexe masculin qui en sont jugés dignes, et ceux-ci sont alors tenus au secret et à la dissimulation (<em>taqiyya</em>). Le prosélytisme y est donc totalement étranger, même si, comme nous le verrons dans le billet suivant, cela n&rsquo;a pas toujours été le cas. De plus, la religion, chez les alaouites, relève essentiellement de la sphère privée. La société alaouite est de ce fait fortement sécularisée.</p>
<h5><strong>Un autre islam</strong></h5>
<p>Bien qu&rsquo;originale, cette doctrine est bien d&rsquo;essence islamique. On me rétorque souvent qu&rsquo;elle est « très éloignée de l&rsquo;islam » ; mais de quel islam parle-t-on ? Et comment, précisément, se mesure la distance invoquée ? Contrairement à ce que voudraient nous faire penser bien des sunnites prompts à vilipender et excommunier tout ce qui n&rsquo;est pas conforme à leur vision étriquée de ce que doit être l&rsquo;islam, celui-ci, pas plus que n&rsquo;importe quelle autre religion, n&rsquo;est un, indivisible et monolithique. Le temps est encore loin, malheureusement, où tous les courants de l’islam seront également acceptés par tous les fidèles et où l’islam tirera fierté de sa pluralité en la considérant comme une richesse.</p>
<h5><strong>Pour aller plus loin</strong></h5>
<p><em>The ‘Alaw</em><em>ī</em><em> Religion. </em><em>An anthology, </em>Translated from the Arabic with introduction and notes by Meir M. Bar-Asher and Aryeh Kofsky, Bruxelles, Brepols, 2021.</p>
<p>Bar-Asher, Meir M. &amp; Kofsky, Aryeh, 2002, <em>The Nuṣayrī-ʻAlawī Religion: An Enquiry into its Theology and Liturgy</em>, Leyde/Boston, Brill.</p>
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		<title>Le patriarche jacobite Denys de Tell Mahrê et les potentats de Syrie du Nord au début du IXe siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 10:15:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Islam et altérité]]></category>
		<category><![CDATA[Texte à l'appui]]></category>
		<category><![CDATA[Abbassides]]></category>
		<category><![CDATA[Chrétiens d'Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Dhimma]]></category>
		<category><![CDATA[Relations interconfessionnelles]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Source: Michel le Syrien, Chronique universelle (Passages de la chronique perdue de Denys), &#xE9;d. J.-B. Chabot, p. 490-1, 500 et 507, trad. J.-B. Chabot, partiellement r&#xE9;vis&#xE9;e par S. Pierre. 810&#xA0;: Des bandits locaux d&#xE9;truisent le monast&#xE8;re de Denys avec la complicit&#xE9; des moines ennemis de Denys Rab&#xEE;&#x2019;a le Nasrite, de &#xAB;&#xA0;Pont de l&#x2019;Euphrate&#xA0;&#xBB;, leva l&#x2019;&#xE9;tendard [&#x2026;]</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Source: Michel le Syrien, <em>Chronique universelle</em> (Passages de la chronique perdue de Denys), éd. J.-B. Chabot, p. 490-1, 500 et 507, trad. J.-B. Chabot, partiellement révisée par S. Pierre. </strong></p>
<p>810 : Des bandits locaux détruisent le monastère de Denys avec la complicité des moines ennemis de Denys</p>
<p>Rabî’a le Nasrite, de « Pont de l’Euphrate », leva l’étendard (de la révolte) et des compagnons se joignirent à lui. Il vint au monastère de Qen-Neshrîn. Comme il ne se trouva personne pour lui donner quelque chose pour sa rançon, il permit à ses compagnons de le piller et de l’incendier. […] Ensuite, les Gûbbiens de son voisinage se rassemblèrent, enlevèrent les bois et les portes et achevèrent de détruire complètement le monastère. Ce couvent fut le premier brûlé dans l’empire des Arabes.</p>
<p>816 : Le préfet de la Syrie du nord se fait lui-même bandit contre le gouvernement abbasside de Raqqa, Denys le défend</p>
<p>Alors Uthmân se rendit près de Tâhir pour le presser de faire la guerre aux rebelles ou de lui donner une armée avec laquelle il irait à leur rencontre. Mais Ṭahîr […] faisait connaître ses intentions [aux rebelles] Nasr et à Abbâs […] Uthmân écrivit (au calife) al-Mâʾmûn […] disant qu’il était devenu le complice des rebelles […]. Quand Uthmân sut que ses lettres avaient été saisies (par Tâhir), […] il rassembla lui-même des rebelles et se mit à voler et à piller. Comme Uthmân avait de l’affection pour moi et m’honorait, je le blâmai amicalement et je lui dis : « Comment toi, qui es âgé et intelligent, te mets-tu à piller et à dévaster ? ». Il me fit alors connaître toutes ces affaires !</p>
<p>820-821 : le préfet de la Syrie du nord ordonne la reconstruction du monastère de Denys</p>
<p>Or, Uthmân b. Thumâma qui avait assujetti la Syrie intérieure, Homs et la Phénicie, monta sur l’Euphrate, au couvent de Qen-Neshrîn. Il vit l’incendie du temple merveilleux qu&rsquo;il admira, bien qu’il fût en ruines. Nous allâmes le saluer et nous lui fîmes une demande pour le rebâtir. Il nous accueillit avec joie et nous donna un diplôme sigillaire (<em>sigillion</em>) pour sa reconstruction et des lettres pour les (sous-) gouverneurs (<em>shallîtê</em>), afin qu’ils nous aidassent en tout ce que nous ferions dans nos églises et nos monastères.</p>
<p>Idem : Il obtient un que le gouvernement abbasside de Raqqa discrimine l’anti-patriarcat des adversaires de Denys</p>
<p>Aussi, nous lui fîmes savoir que le monastère d’Eusébona, dans la région d&rsquo;Antioche, était la résidence du patriarche [… mais] que (ses moines) suivaient Abîram. Il écrivit à l’émir de l’Occident [du califat] d’en chasser les partisans d’Abîram et de nous le livrer. Et ainsi il fut remis entre nos mains […]. Abd Allâh b. Tâhir le punit plusieurs fois et le blâma de sa rébellion.</p>
<h5><strong>Commentaire</strong></h5>
<p>Denys de Tell Maḥrê (r. 818-845) est le patriarche de l’Église syriaque occidentale (jacobite) ; il siège à Raqqa, à côté de la capitale occidentale du califat, fondée par Hârûn al-Rashîd (r. 786-809) à l’époque de son prédécesseur. Il est l’auteur d’une chronique universelle perdue, mais dont certains éléments ont été copiés par deux historiens des XIIe-XIIIe siècles. La quatrième guerre civile entre les deux fils de Hârûn (al-Amîn, r. 809-813 et al-Ma’mūn, r. 813-833) bouleverse ses premières années de mandat. En effet, le gouverneur théorique de cet « Occiden » (Syrie-Egypte-Maghreb), Tâhir, ne contrôle guère que Raqqa (r. 814-819). Des potentats locaux, issus de factions tribales arabes rebelles et de familles de notables plus ou moins officialisées se partagent la Haute-Mésopotamie et la Syrie du nord en une dizaine de petites principautés rivales. Uthmân b. Thumâma est l’un d’eux : il est l’héritier d’une puissante famille (les Banû al-Qa’qâ’) apparentée par mariage aux califes omeyyades et son père était un général de premier plan avant la guerre civile. Or, profitant de cette anarchie survenue après 809, un certain nombre d’évêques de Syrie du Nord, organisés autour du puissant monastère de Gûbbâ Barrâyâ dans la steppe de Manbij, ont créé leur propre patriarcat dirigé par Abîram. Denys ne peut guère compter sur l’appui de Tâhir, qui a pourtant favorisé son élection, pour les combattre, car le gouverneur de Raqqa ne contrôle pas la Syrie du nord. Or, il a des contacts cordiaux avec Uthmân ibn Thumâma, sans doute tissés lorsqu’il était un moine de l’abbaye de Qen-neshrîn, le « nid d’aigle », sur l’Euphrate. C’est la raison pour laquelle il tente de justifier le fait que le notable local se soit fait rebelle à son tour. Denys est lui-même une victime de la guerre civile, ayant notamment dû fuir ce monastère lorsqu’un groupe de rebelles, venus de Jisr Manbij, non-loin de là, l’a pillé et détruit en 810. Il dénonce le fait que les partisans de l’anti-patriarcat s’en sont fait les complices, consciemment ou non. Finalement, lorsqu’Uthmân parvient à étendre sa domination à une bonne partie de la Syrie du Nord vers 819-821, il octroie à son ami le patriarche un diplôme scellé, nommé en arabe et en syriaque d’un terme latin : le sigillium, qui l’autorise à reconstruire son monastère. Finalement, Denys se félicite qu’Abd Allâh, le fils et héritier de Tâhir (r. 819-829) au gouvernement de l’Occident, a rétabli de bonnes relations avec Uthmân (un peu contraintes par le rapport de force). Grâce à cet équilibre astucieux entre tous ses appuis politiques, il peut profiter de la restauration abbasside pour mettre en difficulté<span style="text-decoration: line-through;">s</span> l’anti-patriarcat qui avait prospéré dans les zones rebelles au nord d’Alep, sous la protection des seigneurs de la guerre.</p>
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